‹ Histoire de Mme Duchesne [microforme]Chapitre 187 sur 270 · APPROBATION DE L'INSTITUT A ROME · texte numérisé non relu

APPROBATION DE L'INSTITUT A ROME

Il en était ainsi, et témoin de l'élan de la mère et des filles, le vicaire général de la Nouvelle-Orléans, M. l'abbé Jeanjean, était en droit d'écrire à M"° Barat : « La nouvelle maison de Saint-Michel promet beaucoup. Il est vrai que l'esprit de Dieu en anime tous les membres, et surtout la supérieure, qui est d’une grande ferveur !. » |

Cependant toutes les lettres de la mère générale à M"° Audé et à M"° Duchesne recommandaient à leurs prières le succès d’une affaire d’un ordre supérieur, dont elle leur confiait le secret. Il s'agissait d'obtenir que Rome donnât sa sanction aux Règles du Sacré- Cœur. En effet, la fin de l’année 1826 apporta en Amérique l'annonce de l'approbation canonique de l'Institut par le pape Léon XII. Dans la joie qu’elle en ressentit pour toute sa Société, une consolation personnelle fut réservée à M"° Duchesne : ce fut celle d'apprendre que son œuvre des missions n'était pas étrangère aux motifs déterminants de cet immense bienfait. La digne mère Bigeu, celle-là même qui avait assisté et servi à ces négociations, voulut lui en donner personnellement l’assurance; et, dès son retour de Pome, elle lui écrivit : « L'œuvre que vous faites n’a pas peu contribué à nous | obtenir la grâce de l'approbation qui en a élé le fruit. Leurs Éminences, le pape lui-même, se sont montrés louchés et extrêmement consolés d'apprendre que le sacré Cœur avait inspiré lant de courage à des femmes ?,» — Déjà précédemment des missionnaires d'Amérique. élant venus à Rome, avaient entendu le pape leur donner ce mot d'ordre pour M"° Duchesne et ses religieuses :

1 Nouvelle-Orléans, 29 novembre 1826,

? Paris, 5 nov. 1826, Rec, v, p. 67, lettre p. 45.

« Dites-leur bien surtout de travailler à propager le culte du sacré Cœur dans le nouveau monde ! »

Mr° Duchesnesentit tout ce que cet acte du Saint-Siége lui apportait de force, en faisant de sa colonie une milice régulière de l'Église romaine : « Quel heureux événement, répondit-elle à la supérieure générale, quel heureux événement que cette approbation presque inespérée! Combien elle nous engage! et combien elle me fait rougir personnellement de me voir ce que je suis, après tant de faveurs qui eussent dû me rendre moins indigne du corps privilégié auquel j'ai l'honneur d'appartenir ! » Elle ajoutait que le père Recleur des Jésuites avait voulu, dans sa joie, apprendre lui-même cette grande nouvelle aux sœurs et aux enfants; qu'il avait fait chanter, le dimanche, une messe solennelle d'actions de grâces, avec diacre et sous-diacre, et qu'il avait demandé à ses prêtres trois messes à la même intention. Tout plein de ce bonheur, il aurait accordé autant de communions qu'on aurait voulu. « C’est ainsi, disait-elle, que, dans les grandes circonstances, les intérêts de la gloire de Dieu se montrent chez les saints !. »

Ainsi se fortifiait le tronc de la société, ainsi se nourrissait-il de la séve la plus pure et la plus généreuse, à mesure que ses branches se mullipliaient et s'élendaient au loin. À cette ancienne et chère colonie de la Louisiane, peuplée par ses enfants, façgonnée à sa langue, formée à son image, chantée par ses écrivains, la France, ne pouvant plus envoyer ses lieulenants et ses gouverneurs, envoyait ce qu'elle avait alors de plus

1 Fleurissant, 20 novembre 1826,

LE RÈGNE DU CŒUR DE JÉSUS 371 précieux : sa dévotion croissante au Cœur sacré de Jésus. C’est lui, en effet, c'est ce Cœur conquérant que nous venons de voir inaugurer son règne à Saint-Michel. C'est lui encore qui va l'élablir à Saint-Louis, et là

plus spécialement, par le ministère propre et l'action personnelle de M" Duchesne.

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