‹ Histoire de Mme Duchesne [microforme]Chapitre 206 sur 270 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

MM DUCHESNE SUR LA CROIX RAVAGES DU CHOLÉRA AU GRAND=-COTEAU MORT MAGNANIME DE MM® OCTAVIE BERTHOLD SUPPRESSION DU COUVENT DE SAINTE-MARIE DE GRENOBLE MM DUCHESNE QUITTE SAINT-LOUIS

Dieu, qui aime les âr cs, n’a rien de plus à cœur que de les rendre conformes à sa divine image. Et comme l'histoire de la vie de ce grand Dieu en ce monde n’embrasse qu'une courte période d’évangélisation, placée entre deux phases d’obscurité d’une part et de souffrances de l’autre, de même arrive-t-il souvent qu'après les premiers débuts de ses plus braves ouvriers dans leur apostolat, il se hâte de les retirer de la scène active, en les replongeant dans l'ombre, pour des desseins finalement miséricordieux. Le premier de ces desseins est de perfectionner la vertu par l'épreuve; et, en lui retirant l'éclat de la gloire terrestre, de lui réserver son mérite tout entier pour le jour de l'éternité. Le second est de l'employer plus efficacement à la rédemption de son peuple, s'il est vrai qu’il y a, pour le rachat des âmes, quelque chose de plus salutaire que

de leur parler de Dieu, qui est de souffrir pour elles en s’immolant comme Lui. |

Ce mystère d'immolation commença pour M"° Duchesne par le dépouillement extérieur et le détachement intérieur de ce qui pouvait encore lui être un lien en ce monde.

Elle-même courait au-devant. A la suite de sa visile dans la basse Louisiane, elle se reprit à demander à la mère générale sa déposition, avec l'humble insistance que nous lui avons vue, mais cette fois justifiée par l'insuccès apparent de sa dernière mission. Apprenant qu'une religieuse d’un solide mérite devait incessamment être envoyée de France : « Nommez-la supérieure ici, s'empressa d'écrire M"° Duchesne ; je me tiendrai si bien dans mon coin que je ne la contrarierai point. J’ajouterais que je suis prête à aller partout, si je ne sentais que parlout je gênerai à cause de "on âge et de mon anciennelé, et parce que je ne puis correspondre avec les parents. Les Anglais ne m’entendent pas, les créoles veulent de l'extérieur. Le mieux est que je me perde ou à faire une classe ou à soigner les malades. Je vous dis ceci en toute sincérité, comme je le ferai !.»

Tant d'instances commençaient à faire impression sur M°° Barat. Elle inclinait à croire aux leltres d’Amérique qui prélendaient que l’humble mère laissait le Sacré-Cœur de Saint-Louis dans un élat d’abjection . qui en éloignait les meilleures familles. On disait que les yeux fixés invariablement sur les premières maisons qu’elle avait connues en France, et s’y attachant comme à un type immuable, M" Duchesne se faisait une loi d'en reproduire la forme toute rudimentaire, sans tenir

‘1 Saint-Louis, 28 août,

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