‹ Histoire de Mme Duchesne [microforme]Chapitre 250 sur 270 · SA VIE DE PRIÈRE CONTINUELLE · texte numérisé non relu

SA VIE DE PRIÈRE CONTINUELLE

Comme naguère chez les sauvages, comme partout et toujours , sa place de prédilection était aux pieds de Jésus-Christ.” Nous lisons dans une de ses lettres à M°° Barat : « Dieu m'a favorisée ici d’une chambre qui touche à la chapelle. Je passe de l'une à l’autre. Mon bonheur est de prier pour les missions, pour la Société et pour vous, ma bien-aimée et vénérée mère, qui me tenez la place de Dieu ‘. » Elle servait quelquefois jusqu'à trois messes consécutives, sans vouloir s'asseoir. Les jours d'exposition du saint Sacrement , on avait de la peine à l’arracher des pieds de Notre-Seigneur, pour lui faire prendre un léger rèépas. Elle ne voyait rien, elle n’entendait rien, elle ne savait rien, sinon que Jésus élait là. Une jeune religieuse étant venue l’avertir de se retirer : « Ma mère, venez un moment vous reposer dans votre chambre , vous êtes fatiguée, » M"° Duchesne, la regardant en souriant, lui dit : « Comment se fatiguer auprès de Jésus-Christ? » La communion était sa consolalion. Si quelqu'un la plaignait des privations que son état d’infirmité lui imposait : « Peut-on se plaindre, répondait-elle, quand on a Jésus dans le Tabernacle? » « Ma vieillesse se passe tristement, écrivait-elle à la mère Barat; ma vue décline beaucoup; mais Dieu est toujours bon. J'ai la consolation de m'occuper en silence tout près de la chapelle. J'y ai tous les jours deux ou trois messes, les Pères qui desservent la paroisse faisant ici leur résidence, avec trois frères’. » Et dans une autre autre lettre : « Je ne sais, ma chère et vénérée mère, si vous pourrez me lire : je suis si vieille !

1 Saint-Charles, 10 septembre 1847.

: Saint-Charles, 30 janvier 1850,

mais je suis encore debout par la grâce de Dieu, qui m'admet presque tous les jours à sa Table ‘, »

La communion la transfigurait, même extérieurement. Les élèves s'aperçurent plusieurs fois d'une sorte de rayonnement de gloire sur sa physionomie, durant son action de grâces. A sa sortie de l’église, les enfants l’attendaient pour lui faire la révérence religieusement et silencieusement, puis elles se disaient entre elles : « La mère Duchesne prie! » Un vieillard de quatre-vingts ans, employé dans la maison, ayant assisté à une communion de l'épouse de Dieu, fut si frappé de l'éclat de son visage, que, ne pouvant se contenir, il allait, venait, parlait, gesticulait tout seul. Une religieuse lui demandant la cause de ce transport : « J'ai vu, dit-il, quelque chose que je n'avais jamais vu : M"° Duchesne est une sainte! » Il expliqua ensuite qu’au moment où elle avait reçu Notre-Seigneur, le visage de cette mère s'était illuminé, comme si on eût tenu tout à côté d'elle un flambeau éclatant.

De ces hauteurs de la prière, M"° Duchesne, comme placée entre la terre et le ciel, faisait descendre sur tout ce qui lui était cher, sa colonie, ses enfants, sa mission et l'Église, la lumière, la grâce et la bénédiction. ;

Elle était la lumière de sa Société dans la mission d'Amérique ; et ses lettres de direction, malheureusement trop rares, adressées à ses filles, respirent le plus solide esprit de l'Évangile. Elle répondait à une de ses anciennes novices, M"° Boilvin, qui s’affligeait de se voir nommée supérieure dans une fondation nou-

t Saint-Charles, 13 octobre 1849, :

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