‹ Histoire de Mme Duchesne [microforme]Chapitre 5 sur 270 · VII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VII INTRODUCTION

leur patrie. La messe fut célébrée sur un autel rustique; une grande croix, portée sur les épaules des chefs, au chant des litanies, fut plantée sur un point proéminent du rivage, où tous vinrent la baiser, en priant et pleurant. Cette croix était leur arbre de la Liberté. « En ce jour-là, écrit le protestant Bancroft, la liberté religieuse eut enfin son asile quelque part dans le monde. » Cet asile ne fut d'abord qu’un village que les pèlerins appelèrent Sainte-Marie, en souvenir du jour de leur débarquement ; il devint plus tard une ville qui prit le nom de Baltimore. La nouvelle colonie reçut celui de Maryland. C'était Charles I lui-même qui l'avait appelée ainsi, du nom de son épouse Henriette - Marie de France, l’infortunée reine d'Angleterre que devait immortaliser la parole de Bossuet.

Sous de douces institutions inspirées par la foi, cette côte déserte fleurit ; et, selon le témoignage du même historien, « le Maryland catholique fit plus de progrès en six mois que la Virginie protestante en plusieurs années. » Deux jésuites missionnaires, les PP. White et Altham, faisaient partie de l’expédition : « Nous ne sommes pas venus pour vous faire la guerre, disaient-ils aux Indiens, mais pour vous apprendre la loi de grâce et d'amour et vivre avec vous comme des frères. » — Paix à tous ! telle était la devise de Baltimore. Les protestants de

1 Bancroft, History of the Uniled Slales, vol. I, p. 247.

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