‹ Histoire de Mme Duchesne [microforme]Chapitre 6 sur 270 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

toute secte, anglicans , presbytériens, puritains, quakers , las de se déchirer entre eux, vinrent se réfugier dans les ports de Chesapeake, protégés par ce serment du lord gouverneur : « Moi, gouverneur du Maryland, je ne tourmenterai jamais, pour cause de religion , personne de la: province faisant profession de croire en Jésus-Christ. » Les quakers réfugiés appelaient le Maryland «la terre du sanctuaire »; et les quarante-trois ans de l'administration de lord Cecil Baltimore sont encore regardés par tous les historiens comme l’âge d’or de la religion, de la prospérité et de la liberté.

L'intolérance protestante changea la face des choses. Après la chute de Charles I°, les puritains du Maryland, forts de l’appui de Cromwell, puis de Guillaume d'Orange , s’armèrent contre leurs hôtes de toutes les lois oppressives de la mère patrie. Après la déposition de lord Charles de Baltimore, on vit une bande d'étrangers, devenus maîtres absolus du gouvernement, ravir aux catholiques leurs biens, leurs droits, leurs églises, leurs écoles, leurs enfants, portant le mépris pour eux jusqu’à imposer à l’admission d’un catholique dans la cité commune la même taxe que pour l'importation d’un nègre ! La persécution fut longue; elle devint intolérable. Beaucoup de Marylandais durent abandonner la colonie de leurs pères. Plusieurs se retirèrent en Pennsylvanie; d’autres descendirent en Louisiane ; un trop grand nombre apostasia. A l'époque de la guerre de l'indépendance, les catho-

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liques, dans le Marylanc, ne comptaient plus que pour le huitième de la population. Cette Église agonisait lentement sur son calvaire. Mais l’heure de la résurrection était près de sonner.

Maintenant montons vers le nord, pour de là, de proche en proche ,'’arriver sur le théâtre où s’exerça le zèle de M"° Duchesne.

Depuis le jour où Jacques Cartier, en 1534, avait planté au Canada la croix et les fleurs de lis, jusqu’à celui où le grand et saint M. Olier, en 1636, avait donné à cette mission sa capitale chrétienne par la fondation de la cité de Ville-Marie, un siècle s'était écoulé, durant lequel les missionnaires, descendant vers l’ouest, n’avaient cessé de se porter vers les peuplades indiennes. « Ce vaste continent, écrivait dernièrement un des membres du gouvernement américain, ce large continent qu'un voyageur ne traverse pas en moins d’une année de marche, malgré les moyens dont nous disposons, fut parcouru par ces apôtres de l’un à l’autre Océan, avant que Raleigh, Smith, et les pères pèlerins eussent touché nos rivages !. »—« Avant qu’un Virginien eut traversé le Blue-Bridge, écrit un autre protestant, à l’époque où le Connecticut était encore l'extrême frontière de la Nouvelle-Angleterre, plus d'un missionnaire français, dont la jeunesse s'était écoulée dans les tièdes vallées du Languedoc, avait exploré le désert du Wisconsin, et fait reten-

1 John Russel Barilett, Personal narrative of exploralions in Texas, New-Mexico, etc., vol, 1, ch. vnr, p. 183 (1854).

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