‹ Histoire de Mme Duchesne [microforme]Chapitre 56 sur 270 · LE PÈRE VARIN ACCEPTE SAINTE-MARIE · texte numérisé non relu

LE PÈRE VARIN ACCEPTE SAINTE-MARIE

ai point trompée lorsque je vous ai assurée que votre famille me serait aussi chère que la mienne... Soyons non à nous, mais à Jésus-Christ, » Toute à Jésus, en effet, M. Duchesne ne se contentait pas d'intéresser à son œuvre les puissances humaines, mais elle importunait le Ciel de ses vœux. « Me tournant, écritelle, vers la Mère de bonté, je fis commencer avec Me Rivel une neuvaine de jeûnes, de communions et de prières en l'honneur de Marie'., » En même lemps, elle et ses sœurs s'empressèrent d'écrire à M"° Barat.

M°° Barat, que Philippine ne connaissait encore que de nom, était depuis trois ans supérieure de la pelite communauté d'Amiens. Elle avait vingt-cinq ans, jusle dix ans de moins que M°° Duchesno. L'autorité ne lui venait ni de son âge, ni de sa naissance, qui élait petile, ni même de son éducation, si solide qu’elle fût; elle lui venait d’une sainteté humble, douce, charitable, qui faisait dès lors aimer et respecter en elle la fidèle représentalion de l'autorité de Dieu. M'° Duchesne put entrevoir quelques-uns de ces dons, quand elle et M"° Rivet reçurent de l'humble supérieure la réponse suivante : « J'ai reçu votre leitre, qui m'a comblée de joie en me montrant des âmes si bien disposées et conséquemment si propres à remplir les desseins de l’aimable Providence. Vos dispositions me font vivement regretter que le Seigneur ait daigné jeter les yeux sur moi pour les cultiver... Mais les plantes qu’on cullive dans un jardin fertile demandent moins d’art et de soin de la part du jardinier; voilà ce qui me console el m'’assure par avance que le

! Histoire aulographe de Sainte-Marie, p. 35.

Seigneur nous bénira. Heureuses èles - vous d’êlre appelées à la sublime vocation d'aimer notre bon Dieu et de le faire aimer! Plus heureuses encore d’être résolues à ne rien épargner pour vous en rendre dignes ! »

A cette lettre le Père Varin joignait, lui aussi, ses exhortations. « Espérons tout, disait-il, de la bonté de Notre-Seigneur; et soyons persuadés que plus nous espèrerons, plus nous obtiendrons. Dilatons donc nos cœurs, pour que le Seigneur dilate ses miséricordes. » Et dans une autre lettre : « Oui, je puis dire que votre âme et celles de vos compagnes me sont chères, parce que j'ai vu que rien ne les empêchera d’être à Dieu. Je conçois votre désir de ne plus tenir à la terre, même par un fil; fortifiez de plus en plus ce désir de votre cœur !. » Cette disposition de générosité était le fond même de l’Institut nouveau dont ce Père ouvrait les portes à M"° Duchesne.

Ce fut le 13 décembre de celte année 1804, que M Barat, accompagnée de trois religieuses, arriva à Sainte-Marie pour en prendre possession, au nom du Sacré-Cœur. Une nouvelle existence spirituelle commence dès lors pour M"° Duchesne. Jusqu'ici nous l'avons vue qui marche seule, presque en aveugle et par des chemins couverts, vers une destinée qui semble fuir devant elle. Elle ne sait où Dieu Ia mène, mais Dieu la mène néanmoins, et il n’y a pas une seule démarche de sa vie, éducation, instruction, noviciat, apostolat, persécution, contradiction, qui re soit dans l'avenue qui mène au Sacré-Cœur, Maintenant le jour

1 Histoire autographe de Suinte-Marie, p. 99 et 40,

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