CHAPITRE PREMIER
FORMATION DE MM DUCHESNE A L'ESPRIT DU SACRÉ - CŒUR SON NOVICIAT SOUS LA DIRECTION DE MM BARAT LE PENSIONNAT DE SAINTE -MARIE : EUPHROSINE JOUVE PROFESSION RELIGIEUSE DE MM DUCHESNE
L'union de Sainte-Marie avec le Sacré-Cœur avait donné l'essor aux espérances de M"° Duchesne. Ame tout apostolique, uniquement préoccupée des intérêts de l'Église, il lui semblait dès lors qu'une diffusion de la foi, extraordinaire, non-seulement dans la maison, mais au delà, mais au loin, allait sortir de ce cénacle; et déjà la reconnaissance, devançant le bienfait, lui inspire ces lignes : « Que la Providence soit bénie mille fois de m'avoir destinée à préparer la demeure où tant d’autres viendront recueillir la parole de Dieu et en porter les fruits au loin dans le monde. » À ce souhait prophélique se joint celte prière de la servante de
Dieu : « Plus heureuse encore si, indigne d'entrer dans la cohorte sainte qui combat sous Jésus-Christ, j'y suis néanmoins admise par pure miséricorde, afin que je m'efforce d'arracher aussi des âmes à leur commun ennemi, pour les donner à notre augusle Maître. »
Lorsque M Barat se présenta à la porte de Sainte- Marie-d'en-Haut, conduite par le Père Roger, elle
vit une religieuse descendre à sa rencontre, et se
prosterner devant elle. C'était M"° Duchesne. Celle-ci.
lui baisa les pieds, selon le rit antique, en la saluant par ces paroles du prophète Isaïe : Qu'ils sont beaux sur la montagne, les pieds de ceux qui nous apportent l'évangile de la paix, l'évangile des vrais biens! Ce texte est celui qu'on chante ordinairement, durant la cérémonie du baisement des pieds, au départ des missionnaires pour les contrées lointaines.
Me Duchesne ne fut pas longtemps en face de sa jeune et douce supérieure sans lui donner toute son âme. De celle confiance naquirent la joie et l'espérance; et M Duchesne comprit que dorénavant une ère nouvelle s'ouvrait pour son cher monastère. « L'arrivée de M" Barat, témoigne son journal, fut pour nous le commencement d’un état meilleur. Nous pûmes marcher en aveugles sous sa conduite ; et au pur contentement de vivre sous sa dépendance, nous joignîmes le bonheur de voir se former l'édifice enfanté par nos désirs, et que nous espérons voir subsister à la gloire de Dieu. »
Nous n'avons pas à revenir, dans ce livre, sur les faits
1 Journal aulograyhe de la maison de Grenoble, par Me Duchesne, p. 1.
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