‹ Histoire de mon temps 2e série, présidence décennale, Second EmpireChapitre 5 sur 28 · AI · texte numérisé non relu

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I. L'«mpereur Nicolas. Son portmit. Sm déoeptiOM milittires daiif 1»

guerre d'Orient. Effet produit en France et en Europe par la nouvelle de sa mort. Alexandre II. Son manifeste à ses peuples — II. Napoléon TH renonce à aller en Crimée. Il se rend en Augleteirr avec l'impûrauicc. Recepliou a Windsor. Détails. Retour à Paris. Attentat de PianorI dans ravenue des Champs-Elysées. Son jugement. — III. Mort de H. Ducos, ministre de la marine. L'amiral Hamelin est appelé à le remplacer. Le général Nie! revient de Crimée. Sjn appréciation des difficultés du siège de Sébasiopol. Situation de Parmée française devant cette place. Le roi de Sardaigne se joint à l'acuon militaire de l'Angleterre et de la France en Orient. Expédition de Kertch. Contre-ordre. Froideur entre le général Canrobert et lord Raglan. Plan de campagne envoyé de Paris. Démission du général Canrobert. Elle est acceptée.^ IV. Oaverture de l'Exposition onivetselle à Paris. Cérémonie d'inauguration. Le lord maire et les aldermens de Londres à Paris. Session extraordinaire des Chambres. Nouvel emprunt. Impôts nouveaux. Le général Pélissier commandant en chef de l'armée d'Orient. Reprise de l'expédition de Kertch. Journée du 7 juin. Prise du Matnelon verL Tentative infiructueuse du 18 juin. Pertes des deux armées. Lord Raglan succombe à une attaque de choléra. — V. La reine d'Angleterre i Paris. Son eptrse. Aspect des boulevards. Séjour de la reine à Saint-CIoud. Ses visites à l'Exposi' tion. Fêtes à Paris et à Vecsailles. Départ de la reine.

C'était le 18 février (2 mars de notre calendrier) à nûdi vingt minutes que le tzar Nicolas avait rendu son âme à Dieu.

Grand, d'une taille remarquablemeot belle avant que Tâge lui eût donné cet embonpoint naturel que les homint s de sa foi*ce prennent d ordinaire en avançant dans la vie, Tempereur Nicolas présentait un superbe type militaire jet, personnellement^ nous ne pourrions jamais oublier la prolbnde impression que produisait cette tête d*un galbe trèspur, ces traits nobles et sévères qui s'assombrissaient ou s'adoucissaient avec une étonnante mobilité, ces yeux qui, par nnoments, lançaient des flammes^ ce geste sobre, mais superbe^ naturellement, sans effort.

Feubee impétueuse, esprit obstiné, cœur ardent et inflexible s exagérant avec complaisance et voulant qu on s'exagérât autour de lui une puissance militaire dont, par le fait, Tapparence dépassait singulièrement la réalité, quoique cette réalité fût déjà considérable ; paraissant avoir eu pour mission pendant les trente années d'un règne très-brillant de défendre partout les principes d autorité et d'ordre et, paladin de la monarcbie, de combattre en tous lieux la révolution ; s'attribuant des droits immenses et, jusqu'à i heure fatale de la guerre d'Orient, s*imposant aussi dlmmeuBes devoirs. Se croyant, pour ainsi dire, le maître et Tarbitre du monde, lorsqu il regardait sur la carte la place qu y occupait son empire sans tenir compte de la faiblesse de ce grand corps qui se nomme la Russie

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et dont le développement énorme, prématuré, paralysera longtemps encore Taction et les forces, rempereur Nicolas avait eu la singulière destinée de triompher de trois souievemenU militaires, celui de^S2by qui signala d'une façon si terrible les débuts de son rèunc, celui de la malheureuse Poîoirne en 1831> celui de l'ambitieuse Hongrie en 1849. Il croyait à la toute-puissance de son épée, et subit une inexprimable déception lorô(j[u'il vit cette épée se briser enire ses mains.

Mais comment cet homme d'une nature si énergique, d'une complexion si forte en apparence^ avait-il pu succomber assez rapidement pour que la nouvelle de sa mort eût dans certaines capitales devancé celle de sa maladie ?rËurope s en étonna et diverses conjectures sur les causes véritables de cette ûn prompte et prématui'ée cii'culèrent nonseulement dans les masses^ mais aussi dans les cercles politiques. De ces versions variées, une seule doit être bistoriquement mentionnée, parce qu elle fut extrêmement répandue :

On prétendit que, désespéré de Tinsuccès de ses armes^ comprenant à quel point la paix devenait nécessaire à la Russie, et ne pouvant convenablement la faire lui-même, l'empereur Nicolas aui^it demandé au médecin qui avait toute sa confiance de lui remettre une dose de poison combmée assez savamment pour lui laisser après qu'il Taurait

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prise quelques heures de force et de vie ; que le

docteur Mandt aurait obéi, puis se serait hâté de quitter Saiat-Petersboui^, emportant un écrit de l'empereur suffisant pour mettre à couvert sa responsabilité. Eiiiiu que Tempereur aurait pris le poison dans la matinée du 18 février: puis faisant appeler le grand duc héritier, lui aurait confié son secret en lui donnant ses instructions dernières, et comme le gi*and duc épouvanté et désolé voulait demander du secours, que son père le lui aurait sévèrement interdit.

Nous le répétons, cette version qui faisait mourir Nicolas l*' d'une façon, théâtrale peut-être, mais pleine d'une sombre grandeur, a été fort répandue à cette époque; ce qui put lui donner alors une certaine consistance, ce fut le départ précipité du médecin Mandt lequel, en effet, crut dans le premier moment devoir quitter Saint-Pétersbourg pour se soustraire à la colère aveuiile du peuple déscbpéré*. Maintenant voici la vérité : Mous venons de dii'e que l'empereur Nicolas nourrissait une confiance absolue dans la puissance de ses armées qui, en effet, depuis un quart de siècle avaient plus ou moins péniblement triomphé, mais enfin avaient toujours triomphé de leurs adversaires quels qu'ils lussent. Seulement pour n avoir pas été vaincues, étaient-

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