‹ Histoire de mon temps 2e série, présidence décennale, Second EmpireChapitre 7 sur 28 · II* SÉRIE. — U · texte numérisé non relu

II* SÉRIE. — U

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les façons orientales des sultans (jui, jadis, ordonnaient la victoire du fond de leurs sérails et en* voyaient également à leurs visirs des plans tout faits de sièges et de batailles.

On comprend avec quelle stupéfaction irritée l'empereur Nicolas accueillit la nouvelle de la débite de 1 Aima. Six semaines après, un coup plus sensible encore venait le frapper : la bataille d lakermann qu'il avait, très-habilement d'ailleurs, ordonnée et réglée de loin, à laquelle deux de ses fils avaient assisté, était également perdue. Chaque courrier venant de Crimée ne lui apportait que des déceptions. Enfin un nouveau message, le dernier quHl devait recevoir , l'inlormait de la mauvaise issue du combat d'Eupatoria.

On sait que ce point du 1 ttoral avait, après le débarquement des armées alliées, été confié à la garde des troupes turques renforcées d'une faible garnison française. Le siège de Sébastopol se prolongeantetla place d*Eupatoria prenant au point de vue stratégique une importance plus grande, les généraux alliés avaient demandé que la majeure partie de l'armée d'Orner Pacha, inutile maintenant sur le Danube, y tut transportée, ce qui avait eu lieu, et Topportunité de cette mesure n*avait pas tardé à être démontrée. Le 17 février 1855, un corps d'armée russe d'environ quarante mille hommes, sous le commandement du général

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Khroiileff, avait attaqué £upatoria dont les travaux de défense inacfaeYés ne paraissaient pas devoir ottVir une l)ien grande résistance; mais les Turcs au nombre de vingt^huit mille appuyés par la faible garnison française et grandement secondés par l'équipage du vaisseau le Henri IV naufragé sur cette côte, non-seulement soutinrent très-briliamment le choc, mais pit liant avecles Français une énergique initiative^ culbutèrent les troupes de Khrouleff, et les forcèrent à la retraite V

L'eilel produit sur la constitution de Tempereur Nicolas par les premières défaites de ses armées avait été déplurable. Ce dernier échec d Eupatoria lui donna pour ainsi dire le coup de grâce. Menacé depuis le commencement de Thiver d une congestion puloionaire, on ne s aperçut de l'altération de sa santé que quatre jours avant sa mort et au son de sa voix de commandement pendant une revue qu'il passait de troupes qui allaient partir pour la Crimée. Aussi à la nouvelle de cette mort soudaine 1 etonnement fut-il aussi grand à Saint-Pétersbourg qu'il pouvait Têtre à Paris, mais la fin de l'empereur Nicolas n'en fut pas moins naturelle quoique presque foudroyante.

Napoléon IH faisait une rapide visite au camp de Boulogne lorsque parvinrent à Paris les diverses

1. Sclim-Paclia, .^ïMiéral de division égyptien, Rusten-Bey Ali-Bey périrent daus cette brillante alTaire.

dépêches qui annonçaient ce grave événement, le ministre de Tintérieur, M. Billault , qui avait les télégraphes dans ses attributions en fut le premier informé^ à cinq^heures du soir, et courut immédiatement aux Tuileries pour en instruire llmpératrice après avoir expédié une dépêche à l'Empereur. L'Impératrice se préparant à recevoir à dîner quelques personnes de distinction était en ce moment à sa toilette^ et ne pouvait admettre M. Billault, qui insistait en déclarant qii il s'agissait d'une nouvelle de la plus haute importance. Alors se passa une petite scène intime : étonnée de rinsistance du ministre de l'intérieur, l'Impératrice Eugénie finit par s'en ef&ayer. — Mon Dieu ! disait-elle, serait-il arrivé quelque malheur à Louis?» et ce fut au milieu d*une légère crise nerveuse, qu^elle put enfin connaître la vérité et savoir que ce n était pas eiie que ce malheur atteignait.

Au même moment le ministre de Prusse, M. de Hatzfeld, accourait de son côté porteur de la grave nouvelle qu'il avait voulu de suite transmettre aux Tuileries.

C'était^ en effet, un événement gros de conséquences et de faits possibles que la mort de l'empereur Nicolas; seulement dans le premier moment on s'exagéra importance des modifications qu'il élail de nature à apporter dans l'ensemble de la politique russe, principalement en ce qui touchait

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la paix. Assurément par son caractère, par Tatti-

iudu qu'il avait prise, par ses antécédents d'actes et de paroles, le tzar Nicolas pesait personnellement beaucoup sur la situation, fl était sous cer* tains rapports engagé pour ainsi dire avec luimême et de telle sorte que des transactions possibles pour un autre lui étaient réellement interdites. Dans cette {praye question Télément personnel se trouvait donc soudainement et singulièrement modiûé ; mais Tintérêt politique et les exigences de Tbonneur national restaient les mêmes. Le nouvel empereur, Alexandre 11*, présentait du reste, un type très-différent de celui de son père. Nature plus allemande que moscovite, il n'avait ni les emportements, ni la volonté impétueuse de l'empereur Nicolas. La modération et la douceur paraissaient les qualités dominantes de son caractère, et quiconque l'avait vu ou entretenu pouvait concevoir l'idée la plus favorable de ses dispositions pacifiques et conciiiatrices.

Ce ne fut donc pas sans un certain étonnement que l'on apprit les termes dans lesquels Alexandre H annonçait à ses peuples son avènement au trône.

Dans ses voies impénétrables, disait le manifeste impérial, il a plu à Dieu de nous frapper tous

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