CHAPITRE XIX
Entrée du duc de Berry à Paris; son heureux début à Rouen. — Ignorance dans laquelle sont les princes de la société qui les entoure ; Mlle Montausier aux Tuileries. — M. Pasquier congédie Tagent Vejrat et menace de donner sa démission si cette mesure n'est pas maintenue. — Envoi dans les provinces des commissaires extraordinaires du Roi. — Carnot et Lecourbe sont réintégrés dans leurs grades. — Bienveillance de l'abbé de Montesquiou pour M. Pasquier. Celui-ci lui communique ses vues sur la réorganisation de la police. — Les anciens fonctionnaires de l'Empire viennent demander des conseils à M. Pasquier. — Démarches infructueuses du duc de Rovigo auprès de M. de Talleyrand. — Réception de Louis XVIII à Londres. — Départ de Napoléon pour l'île d'Elbe. — Le gouvernement provisoire est dans une profonde ignorance des idées et des dispositions du Roi; celles-ci sont manifestement différentes de celles de Monsieur. — Des détachements de troupes françaises sont réunis pour l'entrée du Roi à Paris; la population leur fait un accueil enthousiaste. — Licenciement de la gendarmerie d'élite. — Alexandre et M. de Talleyrand vont au-devant de Louis XVIII à Compiègne. — Le Czar trouve le Roi gagné à l'influence anglaise et se voit contraint de renoncer à son projet d'une union intime franco-russe. — M. de Talleyrand désespère de pouvoir jouer le rôle qu'il avait ambitionné.
Le duc de Berry fit son entrée le 21. Sa venue fut d'un cflfet d'autant meilleur, qu'il était jeune encore et qu'il passait pour avoir le goût, les habitudes militaires. Tous les officiers généraux se plurent à espérer que l'armée trouverait en lui son protecteur naturel. Il avait bien débuté et avait dû cet avantage aux bons conseils de M. de Girardin, préfet de Rouen. Débarqué en Normandie, c'était la première ville importante où il s'était montré; les troupes y étaient nombreuses, mal disposées, il lui était impossible de l'ignorer. Beaucoup de personnes auraient voulu qu'il passât sans les voir. Il était arrivé