‹ Histoire de mon tempsChapitre 188 sur 223 · FAUSSE POSITION DE M. DE TALLETRAND · texte numérisé non relu

FAUSSE POSITION DE M. DE TALLETRAND

avions tous dit que le retour aux princes légitimes était la seule solution possible dans la crise où nous étions jetés. Or, cette vérité excellente à établir pour opérer la Restauration, ne valait plus rien quand il s'agissait de la rendre sage et reconnaissante. On ne pouvait» dans le palais du souverain, trouver qu'il y eût beaucoup de gré à nous savoir d'avoir embrassé le seul parti qui pût nous sauver. Bien plus, quand M. de Talleyrand, un des principaux auteurs du changement politique en faveur des princes de la maison de Bourbon, se présentait devant eux, malgré les services rendus, il apportait avec lui des souvenirs qui leur causaient la plus pénible impression. L'un des plus ardents novateurs de l'Assemblée constituante, dès cette époque, l'un des premiers déserteurs de l'autel, le ministre du Directoire et de Napoléon, le confldent ou l'artisan sous ces deux régimes de tous les actes hostiles aux droits de la maison de Bourbon, l'évêque marié enfin, venant à la rencontre de cette maison si religieusement pénétrée de ses droits, pouvait^il être l'objet des premières faveurs, devenir le conseiller nécessaire et comme le tuteur indispensable? On doit regarder comme une des principales causes des difficultés et des malheurs de l'époque, que le rôle de M. de Talleyrand ne soit pas échu à un homme que ses antécédents auraient rendu moins désagréable, qui eût été le lien naturel entre les deux partis, qui après avoir puissamment concouru à la Restauration eût été le défenseur inébranlable des légitimes intérêts de la France nouvelle. Il était impossible que la confiance et l'autorité indispensables pour remplir ce rôle existassent entre la famille royale et M. de Talleyrand,

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