ATTAQUES DE LA COUR CONTRE LA POLICE
Le duc de Rovigo avait beaucoup d'ennemis, parmi lesquels se trouvait le ministre de la guerre. Le duc de Feltre, désireux de détourner les reproches que méritait peut-être son administration, imagina l'existence d'un complot ourdi depuis longtemps, qui, selon lui, aurait dû être connu de la police. Il n'hésita pas à soutenir que Malet avait de nombreuses intelligences dans le Sénat. J'eus bientôt la certitude qu'il avait écrit dans ce sens à l'Empereur. Les gens de cour n'étaient guère plus favorables que lui à l'administration de la police. Il fut aisé de juger par le langage et l'attitude des personnes qui entouraient l'Impératrice et le Roi de Rome, que leurs récits seraient peu bienveillants. Croyant avoir trouvé une bonne occasion de signaler leur zèle, ils affectaient une vive indignation contre l'inhabileté de cette police qui n'avait pas su prévenir un complot, où le principe sacré de la légitime succession au trône avait été si audacieusement contesté.