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CHAPITRE II

Sang-froid de Napoléon après l'évacuation de Moscou. — Son arrivée à Paris le 18 décembre 1812. — Le lendemain, réception du Sénat et du Conseil d'État. — Harangues concertées des orateurs de ces deux corps. — Réponse de l'Empereur à ces discours et allusions i la conspiration Malet. — Appréciation de la conduite de M. Frochot déférée aux sections du Conseil d'État. — Décret destituant M. Frochot de ses fonctions. — Nouvelles désastreuses de l'armée en retraite. — Levée ordonnée de trois cent cinquante mille hommes. — Négociations engagées avec le Pape à Fontainebleau. — Arrangement provisoire arraché à Pie VII par Napoléon en personne. — Te Deum chanté à cette occasion, tandis que le Pape prépare une rétractation. — Lettre à ce propos de Pie VII à l'Empereur. — Décret de Napoléon, imposant l'arrangement provisoire comme loi d'État. — Renouvellement des rigueurs contre le Pape et ses conseillers. — Mort de l'évêque de Nantes et son adjuration suprême & l'Empereur.

Les événements les plus graves vinrent détourner les esprits de la folle entreprise du général Malet et des responsabilités encourues.

Napoléon avait commencé, le 15 octobre 1812, son mouvement de retraite. Il lui avait fallu, renonçant à la marche qu'il avait entreprise sur Kalouga, regagner la route suivie en allant à Moscou; puis, abandonnant à quelque distance de Wilna les débris de son armée, porté sur un misérable traîneau, accompagné de son seul grand écuyer, se diriger sur la France, qu'il avait quittée, sept mois auparavant, pour se mettre à la tête de plus de six cent mille hommes. C'est avant d'entrer à Smolcnsk qu'il apprit la conspiration Malet. Depuis dix jours, aucune estafette n'était parvenue jusqu'à lui. Il eut donc à lire à la fois les dépêches de plusieurs courriers : il apprit en même temps le crime et le

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