‹ Histoire de mon tempsChapitre 9 sur 42 · fr · texte numérisé non relu

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trième chambre, composée de cinq conseillers maîtres, était temporairement instituée dans le but d'expédier les affaires arriérées.

Le 6 janvier, le pouvoir nouveau décrétait l'établissement d'un réseau complet de télégraphie électrique, récente et remarquable application de la science. Le 11 , il reconstituait les gardes nationales en se réservant, pour la ville de Paris, le droit de nommer les officiers de tous grades sur la présentation du ministre de l'intérieur chargé de s'entendre à cet effet avec le commandant supérieur des gardes nationales de la Seine, et avec les préfets pour celles des départements, le choix des sous -officiers demeurant aux chefs de bataillon de cette milice citoyenne, sur la présentation des capitaines. Partout, en effet, les légions étaient remplacées par des bataillons et le grade de colonel se trouvait supprimé, excepté dans l'état-major de la garde nationale parisienne, où son influence était parfaitement nulle d'ailleurs, au point de vue politique.

Le 17 février, la presse périodique fut réglementée d'une façon sévère. Les écarts et les violences de son passé avaient rendu le public presque indifférent à son sort. La hberté de la presse comme la liberté de la tribune ne préoccupait réellement plus à cette époque le pays fatigué de leurs excès, et les intéressés seuls sentirent tout d'abord le

poids des entraves dont les chargeait le pouvoir. Sous ce régime nouveau^ non-seulement les droits de cautionnement et de timbre étaient considérablement augmentés ; mais, pour paraître, il fallait que chaque journal obtînt une autorisation spéciale du ministre ; de plus un système d'avertissements administratifs lui était applicable de telle sorte qu'après le troisième il était et demeurait supprimé. On rapporte à ce sujet que, lors de la discussion relative au décret et quand, chacun donnant son avis, on entrait de préférence dans la voie ancienne et battue des poursuites et procès judiciaires dont le dernier règne et la seconde république avaient fourni tant, nous allions dire trop, d'exemples, M. de Persigny\ qui assistait au débat, se levant impatiemment, demanda avec cette parole irrégulière^ mais pittoresque dans sa vivacité, qui quelquefois lui était propre^ pourquoi on tenait tant à se créer des difficultés en ayant recours à de vieux moyens tandis qu'un mode tout nouveau de répression pouvait être appliqué en pareil cas, sans présenter, comme autrefois, les inconvénients de la lenteur, de 1 éclat et souvent de l'insuccès. Alors il exposa en quelques mots son idée de trois avertissements administratifs après lesquels la suppression pourrait avoir lieu, et ce mode de procéder,

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