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Histoire de mon temps

xjLp&ëb àtoir rsiconté les àfiaires d'Ecosse pea-» dant les années i66S, 16649 1665^ et presque jusqu'à la fia de 1666 , je reyieus à celles d'Angleterre y dont je parlerai avec moins de certi^ tude 9 parce que j'étais loin de la scène.

Dans l'hiver de 1664 » 1^ Roi manifesta la ti^ solution oii il ëtait de déclarer la guerre à la Hollaudç. Lés motifs qu'on en donnait étaient si frivoles qu'il était peirmis de conclure que les véritables n'étaient pas bous à être avoués. Une grande comète qui parut dans ce même hiver augmenta les frayeurs de tous ceut qui ne se fai» saientpas une juste idée de la nature de ces phénomènes* La chambi^ des communes était si éloignée de vouloir* approfondir les motifs de la guerre^ qu'elle accorda sans hésiter les deux millions et demi demandés par le Roi pour en payer les frais4 On équipa une grande flotte^ que le duc d'York commanda en personne p pendant rx* I

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qu'Opdam avait le commandement de la flotte

hollandaise.

La guerre ne fut que le prélude d'un fléau plus funeste encore , celui de la peste , qui dé* sola la Cité et en chassa tous les habitans qui eurent les moyens de se transporter ailleurs. Elle interrompit le commerce de tout le royaume^ et enleva près de cent mille âmes. Jamais aucune autre peste n'avait eu en Angleterre des suites aussi terribles* Cet événement, coïncidant avec le commencement d'une guerre injuste, jeta les esprits dans une grande consternation , et découragea les plus résolus. Tous les ennemis du Roi et de la monarchie publièrent que c'était là des indices manifestes de la colère de Dieu contre la nation , et. l'on ne peut nier que les déréglemens du Roi et la corruption de sa cour ne fussent propres à justifier ce langage sinistre. Cependant les voies de Dieu n'ont rien de commun avec les nôtres. Ce qui s'était passé en 1660 aurait dû du moins fermer la bouche à ceux qui prétendaient ftiaintenant s'appuyer sur la Providence. Mais ri y aura toujours beaucoup de sottises dites sur les choses qui sont à la fois et très- patentes et très-extraordinaires .

Lorsque les deux flottes se rencontrèrent^ on sait ce qui mit la hollandaise en désordre , et l'avantage que remportèrent les Anglais. Si on avait poursuivi ce premier succès avec chaleur, comme

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l'avis en fut donne ^ la défaite eût pu devenir très-funeste aux Hollandais ^ qui prirent le parti de se retirer. Le duc ordonna que Ton fit force de voiles pour les rejoindre^ Cependant un conseil fut assemblé pour concerter le plan de l'action quand une fois on les aurait atteints. Penn , qui commandait sous le duc, s'avisa de dire en opinant qu'il fallait se préparer à une résistance plus vive que la précédente ; il savait, disait-il, que le courage des Hollandais s'excite surtout par le désespoir. Le comte de Mbntague , qui était alors volontaire^ et de la cour du duc, m'a dit que ces paroles avaient visiblement fait impression sur ce prince/ Tous ses domestiques corn-» mencèrent à dire qu'il avait acquis assez d'hon-» neur, et que rien ne l'obligeait à s'exposer une seconde fois. La duchesse leur avait en effet ex-'^ pressément recommandé d'empêcher que leiir maître ne risquât trop imprudemment ses jours^ Quand tout fiit réglé ^ on se retira pour dormir , et le duc donna ordre qu'on le réveillât aussitôt qu'on serait à portée de la flotte hollandaise^ On ne sait ce qui se passa entre le duc etBrounker, un des gentilshommes de sa chambre, alors de service ; mais enfin ce Brounker vint , comme de sa part, enjoindre à ï^enn de faire lâcher les voiles. Penn fut surpris, mais n'alla point, comme il l'aurait dû , raisonner de cet ordre avec-le duc luimême , et se contenta d'obéirw Le duc, à son ré-

yeil, monta sur le tillac^ et voyant les voiles lâchées et l'occasion d^atteindre les HoUandais perdue , il demanda tout étonné ce q^e cela si^ifiàit. Penû s'iexcttsa stir Brotinker^ qui garda le silence. Le duc nia qu'il tût donné un tel ordre ^ mais il ne punit toi Broubkér pour l'avoii* porté , ni Penh pour l'atoir suivi. Il est vrai pourtant qu'il éloigna Broûiiker de sa personne ; et on dit alors qu'il ne l'avait pas traité plus sévèrement parce que le Rot et sa maîtresse le proté^ieht beaucoup. Penn fttt plus que jamais dans là faveur du duc , qui la conserva à son fils , tout quaker qu'il était ; et l'on pensa qu'une faveur si constante était le prix d'un secret fid'èlemeut gardé. Lord Montagne croyait que le duc avait été fhippé de voir le comté de ^alinoulh, favori dn Roi, tué à ses côtés , et que ïie se soufrant point d'iiii second engagement, Penn avait agi de conceH avec lui. Si Brounker avait été aussi coupable qu'il le paraissait, il est vraisemblable que le duc, dans les premiers mouvemens die sa colère , l'aurait châtié plus durement qu'il ne le fit , et se serait conduit avec moins de phlegme. Cet incident , quelle qjtie fût son origine , ruina les desseins du Roi ^our le i^stè de son règne. Les Hollandais convenaient eni-miemes.que , si notre flotte les eût poursuivis à pleibe^ ^irbiles, ùoiis ièi a'àrioh's joints il là prochaine hiaWè, et qû'alô^ ibikï leurs navii^es étaient pt*rs ou côûlés à fetod. De Wltt,

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frappe 4e cette déf%i^ > et Tioiputant à de« fautes decoodiUte^ résajat de $e resdre lui-même à bord au^it^ quf U flotte «er^it eq étatderepa-^ raltre en mer,

A cette occasion je cfu-ai quelque c|;iia«e de de Witt et de$ affaires de H^^Uaude. Sou père i député de la yiUe de Dort au^ Étais , lorsque le défunt priuoe d'Orange fut ^\ couiri*ouçé contre eux de ce qu'Us aTaieut Uceucié un^ grande part^ç de Terin^e» ae trouva un de ceui^irue le stathou^ der fit conduire d^iDS, le château de liOij^eaitein- Bientôt ^près^r^ntrepifise sur Amstf rd^pi n'ayant pas réussi , le prince $e vit da^a la nécessité de se raccommoder avec les États; mais il mourut de la petite yérole aviiut d^Toir pu çi^iiçliffv 6e« négociations p^cifîqufs. ^ mort ^n^fiW le disgrâce de tout son p^rti , et lf:s prispnifiers de lowfsteL^ reprirent Le haut du pavé. De WiU obtint la charge de piu^ipuiviire 4®.9ort pour «on fils Jeen , alors à^ de vingt«cînq an^. L'année suiTf Dteji le penalpnnaii^ de Uoll^df él^an^ \€^u à m^rir j le jeune de Wift fol désigné pour lui $J9i:c44^ • U «^^it été élevé pour le drpit çiTi^, qu^U ^tend^it fort bien^ U çt^t de plus^ grand nwthenw^icienf et » outre, qne ses eUmentç^ çur^ u^mm mputrent ce qu'il eAt été s^il s'éuit ex* du9ÎTem«(nt adonné au* sciene^s, jfiY^ieiis pfersoipnfS piQUt-être n'a appliqué l'u^fièbrc; à toutes les affaires de c;qiinin(e;rjc^ avec ^«^nt, de succès

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que lui. Il était parveuxi à une connaissance si complète de Tëtat de la Hollande , qu'il savait exactement et la nature de tous les revenus^ et quelles sommes on y pouvait lever dans un besoin pressant ^ et de quelles méthodes il fallait user; Tout cela était consigné dans un petit livre de poche 9 où^ à l'aide de quelques tables, il trouvait d'un coup d'œil tout l'argent que pouvait fournir la république. Franc et sincère , il ne connaissait ^'autre ruse , d'autre finesse que le silence auquel il avait si bien accoutumé le public qu'il n'était pas facile de deviner s'il était silencieui à dessein ou par habitudet II avait une intelligence prompte et nette; et, lorsqu'on lui proposait quelque affaire , si nouvelle qu'elle tài pour lui , après l'avoir écoutée attentivement et avoir fait quelques questions incidentes, il la possédait aussi bien que la personne qui la lui avait soumise. Les événemens de l'histoire moderne et l'état des cours étrangères lui étaient inconnus; aussi était-il très-mal instruit du cérémonial diplomatique. Il posait pourmaxrmè que les princes et tous les gouvernemens en général se règlent sur leurs intérêts , et qu'atnsi en observant en quoi leurs véritables intérêts consistent, on devait être à tliême, sans espions ni ambassadeurs, de savoir ce qu'ils étaient. Il ne songeait pas assez à la grande part d'influence qu'ont dans le monde , et surtout chez les pi4nces,

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les passions^ Tamour, le caprice, Uppinion. Il avait puise ses idées sur le, gouvernement républicain chez les Grecs et chez les Romains ; et il en était venu à s'imaginer qu'une armée commandée par des officiers du pays aurait à la fois et plus de soumission et plqs.de zèle, puisque ses chefs auraient un intérêt direct de patriotisme au succès de ses armes. En cousé-^ quence il désapprouvait la méthode d'avoir à sa solde des étrangers , à moins que ce ne fussent de simples soldats et pour épargner la population nationale* Mais il oubliait trop dans ce calcul le phlegme et l'avarice de ses concitoyens , dont il éprouva plus tard les funestes résultats. Ce fut là sa plus grande erreur , et elle lui fut fatale. Quant à l'administration de la jpstice intérieure et au maniement des intérêts commerciaux et des forces maritimes , jamais la république n'eut un plus habile ministre. Jl portait à la maison: d'Orange une haine héréditaire. Il lui paraissait impossible de maintenir la liberté de la Hollande^ tant que les stathouders seraient des princes de cette famille^ Aussi essaya-t-il de les exclure à jamais de cette dignité par l'édit perpétuel. Mais en même temps il prit un grand soin de conserver intacte la fortune du jeune Guillaume , veilla à son éducation et lui donna , comme me l'a dit le prince d'Orange lui-même^ de très* justes no^ tipns sur tout ce qui concernait Ja république ;

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ear ne sachant pas gi un jour on l'autre, malgré ses précauf Tevis , ee primée ne serait pas appelé à la gouverner, il votrlait du moins Ten rendre capable.

La ville d'Amsterdam était alors fort dîflRcîle à mener. On attribua à son inftuence l'abandon de la compagnie des Indes occidentales, dont lèsi profits balançaient de si près celle des Indefs orientales , que souvent les actions de l'une et de l'autre se troquaient sans différence. Ce fut elle encore qui s'opposa k ce que les États acceptassent les offres de la ville de Munster ; et d'une partie notable de la Westphalie , qui deman-r daient à se mettre sous la protection de ta répur blique pour repousser les prétentions de Tévé^ que de Munster. Ce n'est pas cependant qu'elle semblât encore vouloir s'arroger la supériorité dur le reste de la Hollande, ou ruiner le crédit de la cour qui se tenait à La Haye. Seulement ell^ se tifontrait difficile toutes les fois qu'il s\igiasait de nouvelles levées d'argent. De Witt perdait sen^ siblement de sa faveur , il s*en aperçut ; et atir tribuant cette baisse de son crédit à la dernière défaite navSfle , car il nHgnorait pas que les mal« heurs publics sont toujours iii^putés aux erreurs de ceux quif gouvernent , il prit le parti d'aller lui-même à bord. Rnyter m'a dit souvent qu^fl fut surpris du peu de temps qu'il fallut tài pensionnaire pour connaître à fond toutes ïes

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affaires de nier. Les xents étaient 9i co^fara^res (fii'il doTenait très^^nalaisé de fair^ traverser le ZuiderEée aux gros Taissèauz. De Witt, monté sur un petit bateau , alla lai^mêine sonder cette, nier , et y découvrit beaucoup plus de routes praticables par tous T€Dts qu'on n'en avait connu jusqu'alors. Il en sortit eo uu luot Msm à temps» pour être maître de la mer avant la fia de U sair son , et il put ainsi effacer la honte du preo^icr désastre , en tenant la mer après que la {lûttq anglaise eût été forcée de la quitter.

Le comte de Sandvfieb fut envoyé vers le uord avec une bonne partie de notre flotte pour atten*dre au passage les batimens de la compagnie bollandaise des Indes orientera. Mais ils entrèrent dans le port de Bergbai en Norwège 9au3 qu'il s'en aperçut. On Paceusa de n^ligence^ Si mèmt il les eit^t poursuivis vivement , il eût forcé le port et les eût tous pris. Mais il voijilut observer les formes^ et il envoya demauder l'ontrée au vice^roi de Norwège^qut la refbsa» iP^dant ces allées et venues , les Hollandais fortifièrent M bien l'entrée du port que , malgré l'attaque vi-* gourense des Anglais^ Tiddiman et les autres capitaines qui composaimit celte escadre firent repoussés avec beaucoup de perte , et lercés de laisser échapper une riche proie- Le réputation de lord Sandwich eut beaucoup à aeifirir de cet échec , bien que peu,r adeucir sa tliagtftce on

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poseraient aucune rëmtance> àiu^ la ci^aiùte» prétexteraient-*ils , que les Anglais ne $e KWgeas^ sent en détruisant leur ville* U les engageiait à tenir un compte exact des prises qu'iU feraient , parce que le roi de Danemarck en devait avoir la moitié bien mesurée. Us ne devaient ppis s'étonner d'ailleurs si les Danois paraissaient d'abord prendre un langage menaçant; ils ne le feraient que pour la forme, et seraient plus traitables» q^and on en viendrait atu mains. Le comte de Sandwich envoya son secrétaire à Talbot , pour savoir de loi les articles de la convention avec le roi de Danemarck; mais par malheur le v^i^^^i^^ 4^ conduisit le secrétaire avait eu o^dre M reJQiii4^^ la flotte 5 dès qu'il l'aurait mis à tarr^» ^t il; nç s'en trouva point d'autre pour le renvoyer ftvçQ les dépêches demandées^ Ce con trente ^ip^ fut cause quelecomte.de Sandwich s0 mit en 4fiV9lir d'attaquer la flotte hollandaise^ sans avoir reçM< àe réponse de Talbot , sans savoir ménie si le goi^r verneur de Berghen avait reçu ses ordrçs. Us avaient bien été envoyés, mais comme il fallait dix ou doute jours pour les porter 9 ils n'arriver rentà leur destination qu'après l'attaque du pçrt par la flotte anglaise. Le vice-roi de NpTwège, qui résidait à Christiania » avait reçu \^ $\w» plus t6k et s'éiajt hâté de dépêcher deux gffllires poiir donamuniquer la cotiventiofi au comte de Sandwich; mais elles le manquèrent parce qu'il

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était déjà devant Berghen. Le gouverneur ne Voyant point venir ks irtstructlonà ultérieures , que lui avait abnoncëes le (>rem$er messttger> envoya un gentilhomme k la flotte anglaise , pour demander qu'on différât l'attaque deux ou troi» jours $ attendu que d'ici là il aurait sûrement dea nouvelles de sa cour. ClifTord fat s'aboucher avec lui , mais il le trouva ine'branlable dans la rëso* Itttion de défendre le port s'il n'était pas mieux instruit de la volonté de son maître ; et il ne pouvait manquer de l'être y ajouto-t-il , avant trèft- ^eu de temps. Sur cette réponse rapportée par Ciifford , on convoqua sur la flotte un conseil de guerre oii les officiers > animés par l'espoir d'un riche butin , résolurent de ne pas différer plus long-temps l'attaque du port^ soit qu'ils eussent des doutes sur là ^sincérité de la cour danoise ^ ù"^ seulenâent de la répugnance à partager avec elle ce qu'ils regardaient déjà comme leur p^oie.

Tiddiman commença donc l'attaqua, et le succès ne répondit point à Ift confiance générale* Diver^e^ frégates furent mises hors de service , et un assez grand nombre d'officiers et de matelots fuient tués. La totalité de Tescadré fut plus ou moins multraitéë , et Tiddimau ^ voyant lui^-même sur le point de coulera fond> se retira pour rèjoitïdre la flotte qui se tenait hors dès r<>cfaef*s% L'action fut engagée të 5 âoâty et le 4 le gouverneur reçut s^ ordres» Il le& envoya communiqUfer à

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Clifford f en ajoutant que^ comme la^ilotte. anglaise Favait forcé par sa précipitation à faire ce qu^il avait fait le jour précédent ^ il ne pouvait exécuter les ordres de sa cour ^ sans l'avoir in-* formée de ce qui s'était passé ^ et en avoir reçu de nouveaux ; mais que , si la flotte entière ne pouvait demeurer assez long-temps dans ces parages ^ il désirait au moins qu'on laissât six frégates devant le port , et qu'il se faisait fort d'empêcher que les Hollandais ne sortissent.

Mais les Anglais^ chagrins de l'échec qu'ils venaient d'éprouver 9 ne voulurent rien douter el se retirèrent* Le Roi vit s'échapper avec un mortel déplaisir l'occasion de s'emparer du trésor le plus considérable qui pût jamais tomber entre ses mains* Ce projet^ qui n'eût pas été moins funeste aux Hollandais que honteux au roi de Danemarck,. était bien concerté et n'échoua que par l'impatienta avidité des Anglais. On doit en regarder la nonréussite comme d'autant plus fâcheuse qu'elle fut irréparable ^ et que pendant tout le reste de la guerre y aucune entreprise vraiment utile ne \e^ fit oublier.

L'Angleterre était à cette' époque dans une si>» tuation déplorable. La peste qui avait continué de ravager Londres et ses environs pendant la plus grande partie de l'été ^ commençait à se répandre dans les provinces. Le camte de Glaren-" don conseilla au Roi d'aller à Salisbury ; mais la

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contagion y pénétra bientôt et décida la cour à s'établir à Oxford , où fut convoquée la^ session annuelle du parlement. Malgré les amers reproches dont la conduite de la flotte fut le sujet , tous les fonds nécessaires pour continuer là guerre une autre année furent accordés. La chambre des communes ne se relâcha point de son ayersion contre les non-conformistes. La peste avait chassé les pasteurs de Londres, sauf un petit nombre qui restèrent à leur poste. Quantité d'églises se trouvant fermées par suite de cette désertion, dans un moment où les habitans étaient mieux disposés que jamais à |)rofîter des bons sermons , quelques ministres non-conformistes montèrent dans les chaires vides, y prêchèrent, et, suivant ce qu'on a publié alors , avec autant de fruit que de succès. Ils reparurent également dans beaucoup d'autres endroits , non sans invectives dans leurs sermons contre les péchés de la cour, et les mauvais traitemens dont ils avaient été euxmêmes les victimes. Cette liberté fut présentée à Oxford sous les plus odieuses couleurs. En con* séquence fut présenté un bill rigoureux , par lequel tous les ministres précédemment dépossédés étaient requis de déclarer sous serment qu'il n'est pas permis , pour quelque raison que ce soit , de prendre les armes contre le Roi ou quiconque agit en vertu d'une commission royale, et qu'ils promettaient de ne point tenter, en d'autres temps^

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la rëlbrtne du gouvernement eccléûastique et cml du royaume. Défenses étaient Seiites à tous ceux qui refuseraient de signer cette déclaration d'approcher de plus de cinq milles de la ville, ou du bourgs ou de l'églbe ok ils avà^ient exercé leur ministère. Ce bill fut combattu dans les deux chambres; mais moins vivement dans celle des communes que dans celle des lords , oii le comte de Southampton dit énergiquemerit qu'il ne voudrait point lui-même prêter un pareil serment ; * car , quelque attaché qu'il eût toujours été à l'Église , cependant , a voir le cours que prenaient les choses , il ne pouvait répondre qu'il ne lui parût J>tentôt nécessaire de désirer et de fênier lui-même des réformes. Durant les débats mourut le docteur Earl , évéque de Salisbury. Mais avant de mourir , il se déclara contre le projet de bill. C'était l'homme de tout le clergé pour lequel le Roi avait la plus grande estime» Il avait été sous-gouverneur de Charles , l'avait suivi dans son exil , et pendant tout ce temps rbonnétélé de son caractère s'était si peu démentie que jamais le Roi ne vit ni n'apprit rien qui fût capable de la ternir. Aussi , je le répète, ce prince, qui trouvait un secret plaisir dans tout ce qui rabaissait tout homme estimé pour l'émioence de sa piété, faisait-il du docteur Earl un tas partixulier. Sheldon et Ward étaient les évéques qui soutenaient cet acte avec le plus d'ardeur. Qii

l'appela Tacie des cinq milles. Tout ce que le papisme avait de secrets partisans l'appuyèrent aussi. Leur maxime constante était de rendre la condition des sectaires si insoutenable qu'ils \

fussent forces de demander une tolérance uni ver- I

selle y telle seulement que le Roi prétendait Tac- j

corder. \

Clifford^ un d'entre eux, commençait alors à faire une grande figure dans la chambre des communes. Fils d'un ecclésiastique, il était né peu favorisé de la fortune, mais doué d'une grande capacité. Il s'était rangé à la communion romaine dès avant la restauration. Le comte de Clarendon , qui entretenait plusieurs espions parmi les prêtres, ayait été informé de ce fait comme de bien d'autres. Lorsque GlifTord parut pour la première fois à la chambre , il rechercha par un intermédiaire la faveur du chancelier; mais celui-ci se rappelant qu'un homme de ce noms'ë-. tait fait catholique, et s'étant assuré qu'il y avait identité de personne, s'excusa le mieux qu'il put et ne répondit point aux avances de Clifford. Celui-ci alors fut offrir ses services aux ennemis de Clarendon , et se lia particulièrement avec Bennet, nommé lord et ensuite comte d'Arlington.

Pendant que l'acte se discutait encore devant la chambre des communes , Vaughan , plus tard grand juge des plaids communs, proposa d'intercaler le mot légalement dans le dernier

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membre de phrase du serment ainsi cobcu : où quiconque agit w t^eriu d^une commission royale, MaU Jpinch» ators attorney-^fiébeFal , s'opposa à cette addition sous préleste qu'elle était inutile , puisque si la commission n'était pas légale , ce n'était fdua une commission 9 et que potir être telle ^ il fallait que le sujet en fût juste 9 que les dépositaires en fussent capables , et qu'elle eût été expédiée dans les formes Voulues par les lois. Vaughan eut beau répliquer que cette explication lèverait tous les scrupules et ne laisserait aucun prétexte k la désobéissance ^ il ne fut point écoaté> et ne pouvait l'être , puisque les auteurs de l'acte ne vQulaient rien moins que de mettre à l'aise ceux contre qui ils se dirigeaient. Lorsqu'il fut porté à la chambre des lords, le comte de Squthampton demanda la même addition , mais le comte d'Angtesey la combattit par les argumens déjà employés par l'attorney-général. Cependant on ne laissa pas d'apprendre avec satisfaction quelles explications avaient été {provoquées y car du moins on connaissait le sens que les législa-r teurs avaient entendu donnera leurs paroles. Ge fut conformément à ces explications en effet que la chose fut axpeaée par Bridgman, lorsque Bâtes avec un gi*and nombre d'autres ministres se présenta devant la cour dea communs plaids pour prêter serment. L'acte passa et le& non-confor'* mîstes se trouvèi^nt très-embarraasés. Lctir ré^

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pugnance à prêter le serment qu'on leurclemandait était extrême , car ils né sayaient comment en concilier l^s termes avec leur conscience. Quelques esprits mode'rës se mirent en devoir de leur persuader qu'ils poutaient s^j soumettre sans scrupule. On leur disait que les tentatives de réformes défendues par l'acte ne devaient s'entendre que des tentatives contraires auoffdois ^ suivant la déclaration qui en avait été faite dans les deux chambÉ*es. Quelques juges du banc du Roi se prononcèrent pour cet avis. Cependant il se trouva peu de dissidens disposés au serment. Le plus grand nombre s'y refusaient, et par là se trouvaient réduits à de grandes extrémités, et pHvés de la liberté de s'approcher des lieux d'où i^s tenaient leurs principales ressources. Néanmoins tant de sévérité, dans un temps de guerre et de calamité publique, en rendit les auteurs si odieux, et les victimes si intéressantes, que j'ai ouï dire que les ministres non-conformisfes ne s'étaient jamais vus dans une telle abondance. Peut-être du reste, si les craintes qu'avaient inspirées ces derniers étaient peu fondées , le gouvernement eâ.l-il pu plus légitimement soupçonner ailleurs des menées conspiratrices.

Algernon Sidney et quelques autres du parti . républicain vinrent trouver de Wîtt, et le pressèrent de faire une descente en Angleterre et en Ecosse. Ils lui promettaient dans les deux royau-

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mes des partisans nombreux et puissans. Ils s'engageaient de plus à attirer en Hollande quantité d'officiers qui devaient se joindre à l'entreprise. Ils traitèrnet en même temps avec divers riches hâbitans d'Amsterdam , qui étaient particulièrement aigris contre le Roi , et désiraient le réta- ))lissement d'une république en Angleterre. Il y eut à ce suj^ plusieurs pourparlers à La Haye, ensuite desi|uels de Witt se déclara contre ce projet 9 et le fit abandonner. Il pensait qu'une telle tentative de la part des Etats tournerait cointre eux les armes de la France , qu'ils seraient ainsi engagés dans une guerre dont on ne pouvait prévoir toutes les conséquences : et fût-il aussi vrai^ qu'il était douteux ^ ajoutait-il, que dans an temps oii le parlement était si fermement attaché au Roi> on pût, de quelques mécontentemens partiels , faire sortir un soulèvement général y comme Algernon et ses amis se faisaient fort d'y parvenir, quel résultat devait-on attendre de l'érection de l'Angleterre en république? la ruine de la Hollande. Cette révolution serait , pour beaucoup de Hollandais , un motif de quitter leur patrie, qui ne pouvait être entretenue et défendue qu'à grands frais , et qu'ils échangeraient alors sans peine pour l'abondance et la sécurité de leurs voisins. En conséquence, il, fallait se borner , suivant lui , à affaiblir le commerce de l'Angleterre, et à détruire sa flotte : à

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quoi il réussit au-delà de toute attente , l'aniiëe diaprés.

Encourages par les exiles de Rotterdam , tout ce qu'il y avait d^hommes remuans en Ecosse se mirent à parcourir les provinces^ pour voir si quelques personnages d'importance ne consentiraient pas à se mettre à la tête du soulèvement qu'ils projetaient. Ce fut au comte de Cassilis et à Lockhart qu'ils résolurent de s'adresser , mais indirectement , et de manière à ce que les propositions qui leur seraient faites ne leur fissent point craindre d'être accusés de haute trahison non révélée. Le comte de Cassilis avait donné sa parole au Roi de ne jamais entrer dans aucune conspiration , et il en avait obtena^ en retour, la promesse que lui et sa famille ne seraient point troublés dans l'exercice de tel culte qu'il leur plairait de choisir. Une^ souffrit donc pas que l'on en vint jusqu'à lui fiiire même des ouvertures. Lockhart montra la même réserve. Ne voyant point d'autre personne qui eût assez de crédit dans le pays pour devenir le centre d'une révolte, les mécontens abandonnèrent leurs projets pour cette année ; mais , sur les avis secrets que reçut le Roi de leurs intelligences à Rotterdam , il leva ce surcroît de troupes dont j'ai fait mention précédemment.

Il lurriva, dans cet hiver de i665, un accident à Oxford, trop peu considérable pour être

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rapporte^ si on ne lui avait généralement atlri^ bue des suites très-importantes, Le duc. nfc'tait jamais sans quelque galanterie secrète, bien qu'il y apportât, il est vrai, des apparences de réserve qui témoignaient pour sa femme plus d égards que l'inégalité originaire de leur rang ne semblait le promettre; Talbot était regardé comme l'agent principal de toutes ces intrigues, La conduite de la duchesse avait toujours été irréprochable j ce qui rendait son autorité plus grande. Il y avait alors à Oxford un jeune homme de qualité rempli d'agrémens, qui faisait partie de la maison de cette princesse, et dont elle accueillait les services avec une faveur si marquée qu'on crut remarquer dans ses regards unebienr veillance particulière pour ce seigneur. On en avertit le duc , qui , résolu de donner à ses goûts une plus libre carrière ^ fit le jaloux^ et chassa ce prétendu rival av«c tant de précipitation que la chose en devint tout-à-fa tt publique. La duchesse perdit dès ce moment tout pouvoir sur lui, et il ne lui resta plus qu'un moyeu de le recouvrer en partie. Commençant à pénétrer le secret de la religion de son époux, quoiqu'il n'eût point cessé non-seulement de paraître à l'église » mais de célébrer la cène ^ elle se mit , pour regagner sa confiance, à entretenir des liaisons avec ses prêtres, mais si secrètement qu'il se passa plusieurs années avant qu'on en eût le moindre

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soupçon. On k yîI se relâcher peu ii peu de son •iieieiuie«ssiduité aux: divers exercices de la rdigi(Mi protestante, qu'elle avait suivis jusqu'alors avec une exactitude qui était presque de U superstition. Elle s^en excusa sur sa santé. Elle était tombée en effet, depuis peu , dans un état habituel de maladie, que plusieurs personnes attribuaient à quelque mal que lui aurait communiqué son mari. 11 courut à ce sujet des bruits qui furent généralement adoptés, On disait que le aomte de Southesk , qui avait épousé une fiUe du duc de Hamiltoa, venant à soupçonner quelques &miliarités entre le duc et sa femme, prit ses mesures pour gagner une maladie bien conditionnée et la donner k son infidèle , de qui elle passa à la duchesse , laquelle en fiit si horriblement atteinte que ce fut la cause de la mort de tous ses enfans , excepté .les deux reines. Telle fut , dans cette supposition , la véritable origine des longues souffrances qui tourmentèrent les dernières années de sa vie, et dé la suite desquelles elle mourut dans un état de corruption dont les détails font frémir. Pendant quelques années^ lord Southesk ne fut pas fâché de laisser croire la chose. Il paraissait se complaire dansre raffinement de vengeance qui lui était attribué. Je sais néanmoins qu'il a nié formellement à plusieurs de ses amis la vérité de cette anecdote. Un autre homme , qui s'aperçut également d'un com^

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