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pariemeAt'y'avBit subi un long emprisonnement pour avoir refuse de payer l^emprunt de la cour; ainsi , le fils appartenait à deux familles > qui avaient fait preuve de leur dévouement au bien public. Dans le comm^cement du long par— lement, sir Harbottle se mbutra zélé défepaenr des lois , et éleva courageusement la voix contre les ministres de l'oppression. Il avait pour maxime que la fidélité du sujet et la pro-' tection du prince sont des devoirs réciproques ; que Tune suppose nécessairement l'autre ; que ce contrat est la loi, et qu'une protection légale reiusée à une fidélité légale fait d^ la résistance un droit. Il ne pouvait supporter que certains prédicateurs parlassent de la royauté comme d'un droit divin; à son avis, l'ambition seule pouvait leur faire soutenir cette absurde doctrine^ et tout ce qui sortait de telles bouches lui deve* nait suspect : c'était sacrifier à leur intérêt l'in-^ térêt de la patrie , et encourager le prince à la tyrannie. Quelque ami de la liberté que fût ee digne citoyen > dès que le parlement d'Angle^ terre se ligua avec celui d'Ecosse » il refusa de prendre part au coveoant, s'abstînt de siéger à la chambre 9 et n'y rentra que pour se joindre à HoUis et aux presbytérieps qu'on a vus^ dans le premier livre ^ lutter avec tant d'énergie contre les indépendans et CromwelK Du nombre des membres qui furent forcés de sortir de la chaoi--
bre, il repi^it $6s travaux de jurî$prudence, et ne cacha jamais son attachement pour l'ancien gouYernement ; aussi fut-il choisi pour orateurde la chambre qui rappela le Roi ^ et son më**^ rite le fit nommer ^ sans qu'il Feût demande ^ à la maîtrise des rôles. Ce iut dans ces fonctions qu'il mourut avec la réputation de les avoir très-* bien remplies. Juge intègre , consciencieux y lent à prononcer^ mais toujours prêt à entendre sans» passion 5 sans partialité » tout ce que les parties, avaient à lui dire, je ne lui ai connu d'autre dë-^ faut que d'être trop riche ; cependant il dépensait beaucoup en charités , et à libérer des prisonniers pour dettes. Fort religieux , il consacrait une heure le jour et autant la nuit à U prière et à la méditation : même l'hiver, lors-^ qu'il était obligé d'être de trèsr-bon matin à soa tribunal , il se levait assez tôt pour trouver le tenips de ses exercices de piété. Très-animé con^ tre le papisme » il eut toujours du faible pour les presbytériens, quoiqu'il fût resté fidèle à la communion anglicane. Lorsque je le connus ^ il était marié en secondes noces à la nièce du grand Bacon , la seule personne qui restât de cette famille. Elle avait été élevée dans des idées d'une entièrç soumission à l'Église et à la couronne; mais je n'ai jamais vu une personne plus» modeste, ni d'une dévotion plus douce. Jamai& on n'a parlé de la religion avec plus de fojrce
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et d'ëlévation ; elle allait dans les prisons soulager, délivrer les prisonniers ; et, à la simplicité de ses yétemens , on l'aurait prise pour une personneehargëe des aumônes des autres. Lorsqu'elle Toyageait , elle faisait arrêter sa voiture à Feutrée des villages, les traversait à pied , donnant des ordres pour l'instruction des enfans , et y fournissant par ses libéralités. Telles étaient les deux personnes avec lesquelles j'ai eu le bonheur de passer quelques années de ma vie. Je reviens aux débats du parlement.
La chambre des communes reprit trois fois Faccusation contre le duc de Lauderdale , et. trois adresses furent envoyées au Roi , qui répondit toujours qu'il était loin de vouloir protéger les coupables contre la justice et les lois, mais qu'il ne voulait non plus condamner personne sans une culpabilité bien prouvée. Enfin , comme on n'offrait pas d'argent, toutes les adresses restèrent sans effet. Cependant on voulut essayer d'une attaque contre Danby; la proposition n'eut pas la majorité. Il ne fallait qu'attendre; le nuage grossit et devint plus fort que ce ministre , qui sentit alors tous les torts qu'il avait eu de changer les anciens usages de l'échiquier.
Autrefois on ne s'attachait qu'à gagner les membres habiles et influens du parlement , le reste, sans eux , étant incapable de nuire ni de servir. Danby au contraire voyant que c'était le
nombre qui décidait , que les hommes de talent se mettaient à un prix trop ëlèvé , et qu'un d'eux coûtait plus que dii achetés dans la foule , visa à la quantités Cette nouvelle méthode aurait pii être bonne si ces nouveaux amis eussent eu à leur tête quelques hommes habiles; mais les hommes habiles^ Danby craignit qu'ils ne prissent trop d'influence sur le Roi : il employait donc dés gens si médiocres que dans totis les débats ils avaient le dessous^ et que les membres les plus disposés à voter pour le ministère avaient honte de joindre leur voix à celle d'un parti toujours battu.
Le seul homme de talent qti'il y eût dans cefs nouvdlles recrues ministérielles était Seymour, le premier orateur de la chambre qui ne sortit pas du barreau. D'une naissance illustre puisqu'il était de la branche ainéedes Seymoùr^ il joignait à cet avantage ceux d'un extérieur agréable et d'un esprit vif et hardi; maisl c'était bien l'homme le plus immoral et le plus impie de son temps , du commerce le plus tnaassade et le moins sûr^ et dont la vanité, la plus complète que j'aie vue 9 ne respectait aucune convenance. La cour n'eut point d'adversaire plus violent jusqu'à ce qu'elle l'eût ramené à force de faveurs; jamais orateur n'eut plus d'influence que lui ; il connaissait si bien la chambre et chacun de ses membres que d'un coup d'œi) il jugeait quel serait le 2. 24
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résultat d'une discussion. Si l'on faisait une pro* position et qu'il vît que le parti de la cour ne fût pas de force y il gagnait du temps^ soit en posant mal la question 5 soit en feignant de ne la pas comprendre; par là il donnait aux recruteurs de Yoîx le temps de rassembler des renforts^ et dès qu'il jiigeait la majorité assurée , il retrouvait toute son intelligence.
Lorsqu'on s'était aperçu que le Roi était sous rinfluence de la France et des papistes , le parti de la cour avait commencé à se désunir. Beaucoup de membres évitèrent de siéger dans les occasions délicates ^ plusieurs même votèrent avec l'opposition. De ce .nombre était Harvey 9 trésorier de la Reine ^ que l'amitié particulière que le Roi avait pour lui n'empêcha pas de donner un jour sa voix contre lui: le Roi lui en fit le soir de trèsvifs reproches. Le lendemain^ dans une question aussi impor1;ante; que l'autre ^ Harvey vota pour la cour ; le soir le Roi lui dit : « £h bien^ aujourd'hui, vous n'avez pas été contre moi? — Non, sire, répondit Harvey , mais j'ai été contre ma. cons- .ciepce; >) et; cela fut dit d'un, ton si sérieux que le Roi n'en parut pas offensé. On en parla beaucoup. Fendant qu'on se disputait ainsi la majorité de la chambre b^ssç , une question excitait à la chamiire des pi^irs Jes plus violens et les plus longs débats qui l^'ai^t agitée de moà tenips; les séances se prolongèrent souvent jusqu'à miniût.
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ïl s'agissait de ce nouveau test de la façon de Danby ; ce ministre , lord Finch et quelques évêques en étaient les principaux tenans. Us disaient, qu'il était nécessaire comme le seul moyen de distinguer les sujets dévoués de ceux qui ne l'étaient pas ; que nos longues guerres civiles avaient eu pour principe celle hostilité de quelques individus dans leurs rapports avec le gouvernement; qu'il fallait prendre des mesures qui empêchassent de telles causes de se reproduire; qu'à la vérité le Roi , en remontant sur le trône , avait garanti une amnistie générale et qu'il l'avait jusqu'ici religieusement respectée; niais que ce n'était pas une raison^ puisqu'un levain si dangereux fermentait encore, pour laisser l'État exposé, aux risques que lui faisaient courir des hommes que rien ne pouvait corriger; qu'un parlement perpétuel était une mauvaise chose , iQ'aistcependant préférableà des élections presque inévitablement mauvaises , dans un temps ou l'on était parvenu à inspirer à la nation dé si injustes défiances ; mais que 5 puisqu'on s'abstenait de ce moyen 7 la prudence voulait qu'on n'en négligeât aucu;â pour: défendre une aussi bonne constitution;; qu'au reste personne ne serait contraint de se saumetlre au test proposé ; que ceux qui s'y refuseraient n'étaient en droit d'exiger du gouvernement que tolérance et protection ; et que ce ne aérait que dans le cas où leur conduite inspirerait
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de justes alarmes qu'on en viendrait contre eux à des mesures plus efficaces. La proposition et les raisonsdont on l'appuyait furent violemmentcombattues. Le duc ne^rapprouyaitpas; mais voyant son frère la soutenir de son assentiment , il n'osait se prononcer contre. Les papistes la rejetaient, prévoyant bien que, ces tests devenus à la mode, un jour il en paraîtrait un qui les mettrait euxmêmes hors de la chambre. Les lords Shaftesbury, Buckingham^Hotlis, Hallifax, et toute l'opposition ne la repoussaient pa& avec moins de chaleur. Ils soutenaient que ce test était inutile; que le serment exigé des électeurs suffisait; que le privilège le plus précieux aux Anglais était de n'être soumis à aucun impôt qui n'eût été voté parleurs représentans; que c'était de ce privilège acquis par la naissance qu'on allait dépouiller un grand nombre d'entre eux , en les obligeant de renoncer à leur droit d'élection , et que rien n'était si contraire à toute liberté publique que ces sermens de ne rien innover; car si le parlement trouvait qu'une loi eût des inconvéniens pour le bien de la nation , il devait pouvoir la réformer; et son droit législatif rien ne devait ni le lai ôter, ni le limiter. On dit beaucoup de choses pour prouver que le repos de l'État était bien mieux assuré par de bonnes lois et un gouvernement sage que partons les sermens et tous les tests du monde: les consciences très- scrupuleuses pouvaient bien
se trotiver engagées par là; mais combien de gens feraient sans hésiter tous les sermens qu'on voudrait^ et sans hésiter y manqueraient^ infidélité dont les derniers temps n'ayaient fourni que trop d'exemples; d'ailleurs la rédaction de ce test était vicieuse, puisqu'il posait en principe que la royauté et le Roi étaient inséparables, et évidemment ce principe n'était pas d'une vé^ rite absolue: la minorité, la démence, la captivité du prince étaient des exceptions incontestables , et de la dernière , le règne de Henri VI en avait donné un exemple bien remarquable, puisque les partisans de ce prince avaient combattu pour son autorité et contre sa personnel il fallait donc admettre des exceptions, et la formule qui déclarerait traître quiconque séparerait la personne du pouvoir serait une absurdité ; enfin il n'était pas plus raisonnable d'interdire aux membres du parlement la faculté de proposer un changement dans la législation; chaque loi votée en était un ; il était impossible de fixer des limites à ce droit d'innovation , et ce qu'il y avait de mieux était de laisser les choses comme elles étaient,
Lord Shafkesbury montra dans cette discussion plus de talent que dans aucune autre ; il parla plus d'une heure sur la déraison qu'il y avait à condamner toute espèce de résistance , et dans quelque circonstance que ce fût. Il démontra
qu'on pouvait sans inconvénient exiger de tels engagemens delà milice et des corporations, puisqu'il existait un parlement qui pourrait toujours les modifier; mais que la raison ne permettait pas d'y soumettre le parlement lui-même, puisqu'il pouvait se présenter telle circonstance , que rien, il est vrai, ne faisait prévoir, mais possible enfin, où, certes, personne ne contesterait à la nation le droit de résistance. « Qu'un Roi, par exemple , veuille faire de l'Angleterre une province de France, la rendre tributaire d'une puissance étrangère ; qu'il s'avise d'appeler une armée française à son aide pour la soumettre à l'autorité du pape, serions-nous donc obligés de le laisser faire?» Il continua sur ce ton à dire beaucoup de choses qui devaient vivement piquer, mais sans donner aucune prise à la cour qui n'aurait pas manqué le plus léger prétexte pour l'envoyer à la Tour. Quelque vigoureuse que fit l'opposition et malgré la protestation de plusieurs membres , la cour eut la majorité sur tous les articles que l'on mit aux voix. Enfin le bill était en bon chemin et eût probablement passé à la chambre basse , quand une circonstance inattendue vint forcer tout - à - coup de proroger la session.
De tout temps on avait appelé des jugemens des cours de justice à la chambré des pairs. Depuis la fin du règne du roi Jacques, l'usage
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s'était établi de lui soumettre aussi les arrêts de la chancellerie. Ces sortes d'affaires étaient de- Tenues si nombreuses et si contentieuses qu'il n'eût pas été sage de les laisser à la décision du chancelier , et cette révision était le plus important travail de la chambre haute. Un appel de ce* genre fut interjeté contre un membre de la chambre des communes. Les lords lui firent signifier un ordre de comparaître ; le membre des communes porta cet ordre à sa chambre qui déclara que les lords attentaient à ses privilèges en s'arrogeant un droit de juridiction sur un de ses membres. Les lords répondirent que leur devoir était de rendre la justice^ et qu'aucun privilège n'y pouvait soustraire qui que ce fût ; que les deux chambres étant toujours assemblées à la même époque 9 la justice perdrait ses droits sur un membre de la chambre basse ^ si ce titre seul suffisait pour le mettre à l'abri des poursuites^ et que ce privilège n'ayant jamais été invoqué dans les appels aux tribunaux^ oïl ne voyait pas pourquoi il le serait dans un appel à la cham* bre haute. Les pairs ordonnèrent donc de poursuivre la procédure. La chambre basse défendit aux avocats de plaider dan^ cette cause. La chambre haute leur signifia l'ordre contraire, ils obéirent. Ceux d'entre eux qui se présentèrent à la barre furent envoyés à la Toursiir un ordre de la chambre des communes , et sur l'ordre de 1k
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chambre deh lords^ ils fureot élargis^ Enfin ce conflit de juridiction pouvait avoir les suites les plus fâcheuses : Iç parlement fui prorogé.
La cour ne vit pas sans peine cette querelle qui indiquait un nouveau moyen d'arrêter les travaux du parlement, et de déjouer par là toutes ses mesures. Je ne saurais même dire si cette fbis cet accident fut le fait du hasard , ou sHl fut con- . certé : je sais seulement que lord Shaftesbury le disait de sa façon ; m^is d'autres m'ont assuré qu'il se vantait. Quîelle qu'en fût la cause, il est certain que rien ne pouvait plus contrarier les projets du ministère , qui n'espérait pas trouver dans la session prochaine à remettre son test sur le tapis. Ce qu'il y avait dé plus fâcheux y c'est qu'uae prorogation ne faisant que suspendre les procédures , on devait s'attendre à voir renouveler l'appel 9 et avec lui les querelles des deux chambres. Il faudrait alors dissoudre les conimunes , et il. ne pouvait y avoir d'extrémité plus cruelle pour la cour, après tant de soin et d'argent donné pour gagûer un grand nombre dé membres, et lorsqu'on les connaissait tous si bien.
Dans une des séances de cette session , sir Harbottle Grimstone signala comme un des inconvéniens de ces longs parleinens, ce privilège de leurs membres qui les mettait, comme l'avaient dit les lords, à l'abri des poursuites de la justice et de leurscréancierssansqu'onst^t si jamaison pourrait
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lés attaquer. La motion ne fut pas prise en considération y mais ne fût point oubliée. On vit bien qu'elle reparaîtrait un jour. UéXé se passa sans qu'aucun eyënement important troublât Tintérieur du royaume.
. A Tentrée de l'hiver, le parlement fut convoque, et le Roi l'ouvrit en exposant aux communes l'embarras où le' mettait l'anticipa tiôn obligée de ses revenus, et Ton croyait si bien à celte gêne que l'opinion générale était que , si les subsides étaient refusés , la cour et les ministres seraient bien obligés de changer de conduite. La question fut aghéé dans le comité de la chambre basse avec une extrême chaleur. D'un côté, on soutenait que le Roi n'avait point assez pour fournir aux dépenses publiques et à la dignité du trône. Cependant la neutralité, en augmentant notre commerce, rendait chaque jour la perception des droits plus considérable ; d'un autre côté on disait que si les anticipations étaient, pour demander des subsides , une raison suffisante , elle ne manquerait jamais à la cour; mais qu'encore fallait-il examiner dans quel but et par qui s'étaient faits ces emprunts. Après de longs débats, on fit lé rapport à la chambre, et le scrutin allait commencer, lorsque l'opposition demanda que la chambre fût consultée sur la question de savoir si Ton devait sitôt fermer la discussion. Les voix se partagèrent; mais sir Charles Harbord , qui oc-
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cupait le fauteuil^ décida pour la clôture de la discussion. La question incidente avait donné à quel-* ques membres de l'opposition le temps d'arriver , et la demande du subside fut rejetée à une majorité de deux ou trois voix : être si prêt de gagner la partie et la perdre ne pouvait qu^a jouter aux regrets de la cour. Harbord répondit aux reproches très-vi& que lui firent ses amis qu'il croyait du devoir d'un président de hâter la marche des affaires ; que dans ce principe il avait voté pour la mise aux voix , et que 9 si elles se 1 fussent partagées , il aurait donné la sienne pour le ministère. Cet homme^riche^ avare^ et connaissant très-bien l'Angleterre^ avait conservé ^ à plus de quatre-vingts ans > toute la vivacité de son esprit. Il dit dans ce débat que le vrai moyen de gagner le Roi était d'en agir généreusement avec lui y et de mettre la main à la bourse : « C'est aussi mon avis^ reprit spirituellement son fils; mettons la main à la bourse , mais^ à la façon de monsieur Torateur, pour en bien serrer les cordons et être bien sûr qu'il n'en sorte pas un sou. >) Le comte de Danby fut fort désappointé ; cependant il espéra, que 9 puisque cette fois il avait été si près de la victoire » une autre fois il la remporterait.
L'affaire de l'appel, interrompue à la dernière sessioa 9 fut reprise à la chambre des lords. La cour fit tout pour retarder, la procédure^ espé-
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rant encore tirer quelque argent de la chambre des communes ; mais l'argent ne venant pas ^ les lords appelant le député à la barre ^ les corn-* munes s'opposant à ce quHl comparût y il fallut encore proroger le parleùient.
Les pairs y considérant de quelle importance était cette affaire , parlèrent d'une adresse au Roi pour la dissolution du parlement. On disait^ poui: appuyer la proposition /que Tintelligénce entre les deux chambres ne pouvait se rétablir qu'en terminant la discussion qui les divisait y ce qui ne pouvait se faire que par de nouvelles élections; que d'ailleurs la trop longue durée d'un même parlement changeait entièrement la constitution de l'État; qu'on ne pouvait plus dire que le Roi prit l'avis de son peuple ^ mais bien celui de quel* ques individus qui s'en séparaient ; que la nation^ ainsi privée de son droit d'élection , n'était plus représentée ; qu'enfin un si long parlement pouvait ou vendre les libertés de la nation au Roi y ou soulever la nation pour arracher au Roi tous ses droits , et que dans ces deux cas il était également dangereux pour la constitution. Ces considérations firent voter l'adresse à un grand nombre de pairs laïques qu'appuya le duc d'York, au grand étonnement de tout le monde. Les évêques la rejetèrent, et ce parti l'emporta. Cependant tout ceci fit effet , et l'on s'en servit habilement pour faire . entendre aux membres de la
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chambre des commuDes que, s'ils ne voulaient pas être plus traitables et tirer le Roi de s» gêne , il faudrait de toute nécessité convoquer un nouveau parlement , qui certainement lui donnerait de l'argent et le mettrait à son aise^ quand ce ne serait que pour les avoir dissous. Ces raisons étaient d^autant plus convainquantes pour un grand nombre y qu'ayant été nommés dans toute la ferveur de la restauration et de cette ardeur de royaliâme qi;i s'était emparée de la nation , ils «^espéraient pas être réélus. Plusieurs n'avaient aucune fortune , et ne vivaient que de pensions ou à l'abri de leurs privilèges. On s'étonnera peut-être qu'en de semblables mains PÉtat ne se iBàt point perdu ; c'est qu'ils avaient pour principe qu'il ne fSoillait pas trop donner à la fois au Roi pour qu'il eût toujours besoin d'eux, et cependant lui accorder assez pour qu'il eût de quoi les payer. On leur doit cependant cette justice qu'ils étaient ennemis de la France et du papisme; et pour retrouver le crédit que leur faisait souvent perdre leur trop grande facilité à accorder des subsides, lorsqu'ils retournaient dans leurs provinces ils disaient à leurs commettans qu'il fallait bien attacher le Roi à l'indépendance de l'Angleterre et à la religion anglicane ; à force de le dire ^ ils avaient fini par prendre ces deux points tellement à cœur que, dans toutes les questions qui y avaient rapport, la cour ne pouvait rien sur eux.
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Quelques uns défendaient les prërogatWes de la couronne, d'autres l'Eglise , et tous trèsrsoîgueux de leurs intérêts , vendaient leurs voix le mieux possible. Mais contre de tels ministériels se forma une opposition j appui bien plus sûr et bien plus fort du protestantisme et des intérêts du pays. Leduc deBuckingham et lord Shaftesbury avaient ouvert les yeux de la plupart des membres smr les projets funestes de Ja cour , qui bientôt les cacha si peu que tout le monde put les voir, et que les plus incrédules durent être convaincus.
Dans cette chambre ainsi cpmposéei^ personne n'avait plus d'influence que sir William Coventry ; n'ayant jamais eu de rapport avec les mi^ nistres , et ayant une grande intelligence des affaires , il parlait avec d'autant plus d'autorité des fautes du gouvernement qu'il n'y mettait jamais ni aigreur ni ressentiment personnel. Son frère 9 qui ordinairement lui répendait , n'avait ni Ja même force > ni la même dignité.
Le colonel Birch était un homme d'un caractère tout*à*fait à part. Autrefois charretier , il conservait, et mêmeayec une sorte d'affectation, toute la. rudesse de son éducation ; parvenu pen^^ dant la guerre civile au grade de calQnel>.il eut plus tard une place dans; l'excise* La' restau* ratioû le trouva dans cet emploi, où il s'était rendu si utile qu'il y fut conservé. Personqç dans la chaiûbre de. disait plus franchement >çl
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plus hardiment sa pensée ; son ton et ses exprès* sioDfS se ressentaient de son ancien métier; mais il y avait dans tous ses discours un genre de beautés et d'éloquence qui le faisait écouter avec plaisir. J'ai entendu dire à Coventry que personne ne lui paraissait plus fait pour haranguer une assemblée populaire; cependant il faut avouer que s'il avait de la voix et de la chaleur ^ il ne brillait pas autant par la raison.
Waller charmait la chambre par son éloquence^ et "à quatre-vinjgts ans il en était encore l'orateur le plus fleuri. Frivole autant que spirituel ^ et uniquement occupé de mériter les applaudissethens^ il s'inquiétait peu du fond des questions. Pendant .plus âe soixante ans au raûg de nos meilleure écrivains," il est un de ceux qui ont le plus épuré la langue et la poésie anglaise.
Les deux hommes d'une haute naissance que lair mérite plaça au premier rang dans la chambre étaient lord Russel et lord Gavendish. lie premier, le plus eonscîewiieux de tous les liortimies, ^yant la confiance et l'estime généifale; obligeant, généreux > avait donne cle -telles preuves de fermeté et de* doùragé que je n'ai connu 'personne qui eût ^autant dé cirèdlfe daiis la nation:. Serti de bonne 'hfeùré* des désoiwli^es bfi l'exemple- de la Cour avait entt^îué sa jetineis»se ,'sa' viie fût depuis ïi^fl^prôcfhabte. Il devait à ùn^ precbière éducation le penchant qu'il eut toujours à favoriser les
dissidens; il eût désiré que les lois fussent pltis indulgentes pour eux, ou qu'ils eussent été plus soumis aux lois. Son esprit froid et ^ent l'empér chaît de prendre souvent la parole. Son jugement était sûr pourvu qu'il eût le temps de réfléchir; il était cependant loin de manquer de sagacité , et les qualités de son âme eussent plus que com-^ pensé en. lui celles de l'esprit s'il en eût manqué* Lord Cavendish, d'abord comte et ensuite duc deDevonshire, était trop relâché dans ses mœurs et dans $es principes : des espérances déçues l'avaient séparé de la cour. Joignant à beaucoup d'ambition un cqurage héroïque., à un esprit su* périeur des connaissances très-étendues, personne n'avait plus decharme.que lui dans les manières. Littleton let Poiwle. étaient de tous les membres de 1^. çb^mbre ceiux qui savaient le mieux con;duire une iQ.1;rigUe^ Powle copnaissant bien, l'hisi toire 4UiparUn^ent, et ayant étiidié ses archives, avait; un gi^and avants^ dansia discussion. Lorsqu'il avait le temps de se préparer il parlait avec force; et clarté ; mais le logicien le pliis'habile était isans contredit Littleton : setaisafat orr dinairemcint jusqu'à la fin d'un .débat, Itfrsquc tout le monde avait parlé il traitait la question avec un tel ton de conviction et d'autorité. qu'il était difficile de ne se pas rendre à: .son opinion. J'ai ha^bité plusjyQurs années une maison. voisine de la sienne > et nous passions ensemble une.par-
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tîe de la joarnëe ; il me contait tout ce cjui se faisait JÉ la chambre ^ et ordinairement lorsqu'il se préparait à parler sur une question il voulait Tenyisager avec moi sous tous les points de Tue^ et que je lui fisse toutes les objections qui se présentaient à mon esprit. Comme il vivait toujours à Londres y toutes les affaires passaient par ses mains pendant L'intervalle des sessions , et c'est par là que je fus si bien au fait de toutes les intrigues. A. ses talens'parlenienlairesLittletdn joignait des vertus et un mérite personnel ; il savait à merveille l'histoire moderne , et connaissait bien la situation politique de l'Europe et les intérêts des puissances.
Sir Thomas Lee mettait toutes ses prétentions à la ruse et au mensonge : il est juste de dire qu'il y excellait; il ne perdait pas contenant^ lors même qu'on le prenait sur le fait.
Vaughan^ fils du grand juge ^ joignait à beaucoup d'intégrité beaucoup d'orgueil ; mais il rendit de grands services.
Tels furent les hommes qui contribuèrent le plus à sauver la nation des dangers que lui faisaient courir une cour perfide et une chambre vénale. Par leur habileté et leur constance une minorité peu nombreuse devint la majorité.
J'ai rassemblé ici tous ces détails pour remplir une lacune qui eiisterait nécessairement dans mes Mémoires; car la plus importante affaire de
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notre gouTernement à cette époque était de pré-parer un parlement et de s'y ménager des forces ; et cela pendant le long intervalle d'une année qui s'écoula entre la prorogation^ en hiver 1675, et la convocation^ au printemps 1677, ^^^1^^^ ^^s intrigues de la France ^ qui craignant de voir le parlement engager le ,Roi à se réunir contre elle aux alliés^ acheta probablement bien cher cette longue prorogation.
Vers ce temps mourut Lockhart^ ambassadeur en France; depuis qu'il avait deviné les projets de la cour son poste lui était devenu désagréable^ quoiqu'il agit toujours avec beaucoup de fierté et de franchise dans toutes ses relations avec sou maître et le roi de France. J'en veux citer deu^; exemples que tout ambassadeur pourra prendre^ pour modèle de conduite.
Fendant la neutralité de l'Angleterre des armateurs français s'emparèrent de plusieurs da nos vaisseaux marchands ^ prétendant que c'é« talent des hollandais sous pavillon anglais. Les négocians propriétaires d'un de ces batim^ns fournirent au conseil les preuves qu'il était bien anglais^ et Lockhart reçut l'ordre de le réclamer. Il suivit l'affaire avec tant de zèle que l'ordre de rendre le vaisseau partit bientôt de Versailles. Mais il parait que la priseavait été faite par un cor« saire équipé par Pepys^ secrétaire de l'amiraut^^ fort bien avec le duc d'York, et chargé, disait-on.
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d'armes et de munitions tirées des magasins de la couronne; aussi ^ a^ant que l'ordre de restitua tioii fût exécute^ le Roi , conseillé par Pepys , dit k l'ambassadeur de France qu^l s'inquiétait peu de ce que deviendrait cette a0*aire, que les marchands étaient tous des fripons, et qu^au besoin les preuves et les témoins ne leur manquaient jamais. Avis fut bientôt donné à Versailles de cette indifférence , et un second ordre qui révoquait le premier arriva à Dunkerque oh était le bâtiment avant qu'il eût été relâcha* Lockhart en étant informé vint à la cour, et s^ plaignit hautement : on lui dit la manière dont son maître avait parlé de cette réclamation : h Mon maître, dit-il, ne parle ici que par ma bouche. » Et il écrivit aussitôt. pour demander son rappel, ne pouvant servir avec honneur après avoir été ainsi désavoué. Le Rai lui répondit de sa propre main en tâchant de se justifier de son mieux , et de nouveaux ordres expédiés sur-le-champ, le vais* seau fut rendu.
Le bigotisme du roi de France donna à l^autre fait que je veux conter bien plus d'importance. Lockhart avait dans sa maison un domestique français et catholique qui , se sentant près de mourir, envoya chercher le viatique. Le prêtre vint l'iapporter en procession ; l'ambassadeur , ep étaot instruit, fit fermer ses portes, et, sur les menaces que firent quelques individus de ks forcer^
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il i^rdonim à tous ses gens de preodre les armes et de faire feu sur le premier qui tenterait de £giire vialence« Il y eut beaucoup de bruit et ce fut tout* Résolu de sie plaindre le premier^ Lœ^ khart partit aussitôt pour Versailles, oh il exposa les faits : « Mon kotel , dit^il , est le palais de mou maître; eu insultant iua religion et moi 00 insulte le roi d'Angleterre et sa religion* Si un prêtre eùl apporté lès sacremens sans pompe je ne m'j serais point opposé ; mats je deo^ade répa-* ration d'une insulte aussi publique* n Louis XIV parut fort irrité > et depuis quitt était roi > son Dieu n'aTait, à ee qu'il dit, JAmais reçxi une tdle injura. Leckhart, sans rien répendre, se retira. Pomponne envoyé par son maître le suivit > et lui dit que le Roi serait fwteé de défendre qu'aueuin Français entrât à son service, Loekhart assura qu'il Iç préviendrait > donna ordre à son cocher de le mener le plus vite possible à Paria, tt, auih sUdi ches lui , fit payer et renvoyer sur-le-champ tons sea domestiques français» La cour d'Angle^ terre fiit obligée d'approuiier la. conduite de son ambassadeur; elle lui écrivit une lettre oâcidUe de remercîmens, et celle de Versailles fat con«^ trainte de ae ta ire. M ab depuis ee jour Louis XIV ne cacha pas son aversion pour Loekhart, qui b^ietriot tomba en langueiuret mourut» Je l'ai touîenrs: regarde comme l'homme le plus reroer-i*
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quable; après sir Robert Murfay, que de nos
jours aif produit rEcosse.
Le comte de Danby comtuença alors à parler ouTerteuient contre Talliance française. Rouyigny ne résida que deux ans en Angleterre, quoiqu'il y rendît de grands services à son maître. Les papistes ne pouvaient supporter qu'il n'y eût point de chapelle dans l'hôtel de l'ambassadeur de France, et il fut rappelé. Mais avant de partir il s'expliqua franchement avec Danby. Il lui dit qu'en embrassant le parti populaire, il trahissait l'honneur du roi d'Angleterre qui , après avoir engagé le roi de France dans une guerre dont il avait été forcé de lui laisser tout le poids , devait au moins ne se point réunir à ses ennemis, surtout après avoir été choisi pour médiateur et arbitre de la paix. Il vint ensuite à lui rappeler le sort du fameux duc de Buckingham qui , pour acquérir de la popularité, avait rompu l'alliance avec l'Espagne et s'était perdu. «Le roi de France^ ajouta-t-il, est le meilleur ami et le plus fidèle allié du roi d'Angleterre; si vous persuadez à votre maître de se séparer du mien pour se réunir à un parlement déjà si ombrageux, croyez-moi, vous vous en repentirez tous les deux, mais trop tard, n Je tiens cette conversation de Rouvigny, à qui Danby répondit qu'il parlait comme ^
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serviteur fidèle de son Roi^ et que lui aussi serait toujours le serviteur fidèle du sien. J'ai eatendu Courtin soutenir la même opinion en présence du prince de Condé ^ lorsque j'eus l'honneur de lui être présenté. Il remarqua aussi que tout ét^it bien changé depuis qu'il avait quitté l'Angleterre; que Danby^ à présent détesté comme ami de la France, était alors son ennemi; et que lord Montagne 9 autrefois attaché au parti français ^ devait sa popularité au soin qu'il avait mis d'en traverser tous les projets.
Je ne sauraisdiresi toutes ces intrigues coûtèrent beaucoup d'argent à la France. Quelques personnes , pour s'en éclaircir , étudièrent avec grand soin le cours du change qui indique^ aux gens habiles en ces matières ^ les mouvemens de papier et de numéraire qui se font d'un pays dans un autre ; mais ils ne purent rien découvrir qui fixât leurs idées. Lord Montagne me dit qu'il avait essayé plusieurs fois, mais toujours inutilement, de pénétrer ce secret; que souvent il s'était proposé au Roi comme plus capable qu'un autre de lui faire faire de bons marchés; mais que le Roi n'avait jamais rien répondu à. cette offre de service ; que, quant à Lui, il croyait que l'argent venu de France était allé tout droit dans la bourse de la duchesse de Portsmouth et dans celle.du Roi ; que l'ambassadeur de France était jseul dans ce secret d'une telle importance et d'un
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tel danger que le Roi n^avatt osé le confier à aucun de ses sujets. Danby , qui u^avait pas cru au conseil de Rourigny , déclamait partout Contre la France et le papisme. L'ëvêché de Londres ëtant Tacant par la mort de Henchman , il y élcTa Compton,évêque d'Oxford, depuis que Crevr avait ëté appelé au siège de Durham. Excepté Tàvantage d'être né d'une famille noble quoique puritaine , Crew n'avait aucune qualité qui le rendît digne d'un poste siéminent; mais une soumission aveugle compensait seule toute cette mé** diocrité. Il n'avait ni bon sens ni instruction , ni rien de ce qui fait un prédicateur , et c'est à ses basses flatteries , à sa lâche complaisance pour la cour qu'il doit de jouir depuis près dé trente ans du plus riche bénéfice tie FAnglelerre. Compton, frère du comte de Northampton, au service dans sa jeunesse y avait plus de trente ans quand il prit les ordres : d'une humeur fort douce, trèssimple dans ses manières, il remplissait mieux ses fonctions que la plupart desévêques; visitant sonvent son diocèse, il prêchait et administrait la con* firmation dans plusieurs paroisses ; mais n'ayant feit que des études très-incomplètes , il n'y avait dans ses sermons ni chaleur ni talent. Protecteur de tous ceux qui abjuraient le papisme, et des protestansqui venaient chez nous se mettre à Tabrides persécutions du roi de France, il s'acquit par là Tafiection du peuple : souvent il se plai-
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^Bït au Roi et au conseil de l'idsoleuée àe^ papistes > et il reTÎnt ëi sDUteut int celle de Cole^ mao ^ ^uele due d'YoA reçut de $ôn frère Tordre de uè le point garder à son sertiee. Coleman fut congédié, maib cbn^erva toujours la ^oufiance de sonmaitre^ Malgré toutes; ces bonnes qualités uu entêtement invincible et un esprit étroit faisaient de Compton Tfaoïtome de ^rtt le plus aveuglei il était tout déToùé au comté de Danby y qui faisait de lui tout ce qu'il vOulaît. Le due d'York ne pouvait le souffrir; inaîs lé mînistiie , ^ son patron ^ ayait su persuader à ce prince et au Roi cfde> trop lUédiobre pour ^u'on dût le craindre y M faveur servirait à calmer les inquiétudes dé i'Égiise anglicane. Un an après ^ la mort de Shel^ doh ayant laissé vacant rarchetêché de Cantorbéry ^ Compton crut que Danby ferait tout pour Ty élever* Le fait est qu'on li'y pensa jajtiàis , et que paruii tous les évéques il ne s'en trouva pas iin à qui la cour voulût confier ce siégCi Ce fut Sanei^oft , doyen de Saint-Paul , qui fût nommé. Son air était toujours grave et im-^ posant, son regard sombre; il menait une tie retirée , proibssait une rigidité mdiiacale , une persévérance obstinée dans le célibat, un attachement exagéré pour la royauté , un respect stipérstitiéttz pour les petites choses , et la Cdui* éfi^ conclut que c'était là l'homme qui serait toujours prêt à servir ses projets ^ ou qui du tmitis n'ojv
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poserait que point ou peu de rëàistance^ lorsque le moment serait Tenu de frapper les grauds coups. Quoi qu'il en fût de ces calculs ^ la pro* motion de cet homme ^ dur^ froid ^ réservé^ irritable^ que personne n'aimait et que bien peu estimaient^ ne déplut pas aux anglicans zëlés. - Tandis que Danby appelait ses créatures aux dignités de l'Église^ et excluait des emplois tmtt ce qui ne lui était pas dévoué , il augpientait smi crédit auprès du Roi en lui promettant , s^îl Toulait se fier à lui , de lui regtrgner tous les ca- Taliers. Rien au fait n'était si facile : ces hommes , tous pauvres et depuis long-temps habitués à se laisser corrompre /s'ils n'eussent été effrayés de l'influence trop évidente de la France et du papisme^ eussent très --certainement fait tout ce qu'on aurait voulu pour accroître la puk^ sance royale, écrasé les dissidens, et ramené l'Angleterre à l'état oti elle était sous Charles I*', au commeiicement de la guerre civile.
Les papistes espéraient beaucoup de cette nou-* velle marche du ministère; ils firent tout ce qu'ils purent pour déterminer le Roi à dissoudre le parlement : déjà sûrs de leur fait , Col^man avait rédigé le manifeste qui devait justifier cette mesure. Leur but était de brouiller à jamais le Roi avec son peuple. Quoiqu'il n^eùt pas toujours été bien avec ce parlement > il était évident qu'un bill contre les catholiques ;^ ou quelque démar-
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che contre la France les raccommoderaient ^ et que l'amour du Roi pour le repos et son besoin d'argent rendaient imminent le danger de cette paix si funeste pour eux. Les catholiques étaient donc toujours dans les transes qu'un jour ou l'autre le Roi ne frappât quelque grand coup contre le papisme ou la France : aussi n'oubliaientils rien pour le mettre plus que jamais sous^ la dépendance de la cour de Versailles ^ et rompre tous les liens qui l'unissaient encore à son peuple; dans toutes les cours où ils étaient écoutés^ ils travaillaient à la paix générale ; mais partout ils rencontraient le prince d'Orange: aussi rien n'égalait leur fureur contre lui* ' Le duc d'York ayant voté pour la dissolution du parlement ^ lord Shaftesbury crut que c'était une occasion favorable de le brouiller avecDanby. U fit donc dire à ce prince par lord Stafford que ce vote avait ramené à lui beaucoup de gens; qu'on espérait qu'il voudrait bien appuyer la mesure de tout son crédit auprès du Roi^ et qu'il pouvait être assuré de la tolérance d'un nouveau parlement pour les papistes. Mais l'union du duc et du lord était trop bien établie pour qu'il fût aisé de la rompre ^ et Danby persuada facilement que^ dans tout ce qu'il avait fait^ ilji^avait eu d'autre but que le service de Son Altesse. Cependant Coleman écrivait partout^ et surtout en France^ que les afiaires.du duc d'York étaient
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clans le meilleur traiti ^ et que tous lé$ jours ce prince devenait t)Ii!ls ibflûeht. Qu'il ée trompât ou quMl Youlût thompêi*^ dans ie^ deut cas il se faisait illusion. Il disait avec confiance : 0» Si la pdix se conclut 5 et que le roi de France veuille nous aider de ses troupes et de son argent ^ jamais on n'aura eu plus de raison d'e^pët^ét- l'eitirpation tant dësirée de cette funeâte hérésie qui pèse depuis si Iong>-temps sur ces royaumes du nord, n
Coleman était lié avec un sir William Throg-? înorton dont il espérait tirer parti. Ce gentilhomme et sa femme avaient , par ses soins ^ fait les premiers pas vers le papisme i il les envoya en France 5 en les recommandant au père Ferrier comme des personnes qui pourraient leur être très-utiles , s'il parvenait à les mettre des leurs. Sur cette recommandation, Ferrier ^ regardant le catéchumène comme un homme important , mit tous ses soins à une conversion qui ne fut pas difficile ; pour qu'elle lui flt plus d'honneur , il parla du converti à Louis XIV de telle façon qu'on lui fit h la cour toutes sortes d'ayances j et que quand âa femme fit son abjuration publique > ce fut le duc d'Orléans qui la conduisit à Faatel. Le mari, dont la fête en tourna, prit lin grand train, et eut bientôt mangé tout son bien^ attendant sa fortune des deux cours dont il était le correspondant ; mais la mort du père Ferrier , et l'indifTérence de son successeur le forcèrent de
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renoncer bientôt* à ses grands airs^ de mettre sa femme au couvent, et de prendre lin très-ftio-^ deste appartement. Cependant il continua d^étr^ Tagent de Cotem^n.
Throgmorton voyait trèS' assidûment une damé anglaise papiste, nommée lady Brown* Un jour qu'il e'tait chez elle, il reçut dans la cuisse un Coup dé canif qui lui perça la grosse ârtèrei Soit que la dame eut été réduite à ce moyeri dé défense contre un adorateur entreprenant, où que ce fût une iSgure de rhétorique pour exprimer une passion violente , le fait est qu'il ne fut pa^ possible d'arrêter le sang , et que la dame voulut qu'on emportât de chez elle le blessé , qui mourut dans la maison d'un certain Hollman, homme influent dans le parti papiste , et alor^ à Paris. On enveloppa cette aventure d'un tel secret que Lockhart , alors ambassadeur, ne put en savoir autre chose que ce que j'ai <;onté , et que sa femme m'a dit depuis sa mort. Je n'aime p6int à tirer des conséquences des faits extraordinaires > mài^ la moit de cet homme , celle de Cblemaii et celle de sa femme , qui , après avoir pris beaucoup dé part aux intriguer, se coupa la gorge , ne sont cek*-*^ tainement pas dans l'ordre habituel dés choses^
Coleman fut bient6t dédommagé de la perte dé son correspondant , en en trouvant un autre qui pouvait lui être bien plus utile : c'était un jésuite nommé Saint-Germain ^ entré en Angleterre à la
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suite de la duchesse d'York ^ comme son confes* seur 5 quoiqu'il ne le fàt pas ^ à ce quc^ j'ai su depuis. M'ëtant quelquefois trouvé avec lui ^ je puis assurer qu'ji l'esprit de son ordre il joignait une liardiesse capable de tout entreprendre. Il se fit une aflfaire dans une conversion ; voyant que la persuasion n'était pas suffisante ^ il employa la menace; le prosélyte effrayé le dénonça^ et l'évêque de I^ondres porta plainte contre Saint*Grermain ^ qui crut prudent de partir pour la France, où il alla remplir l'humble fonaion de principal correspondant de Coleman.
A cette époque^ Steward obtint le chapeau par l'entremise du cardinal Altieri j et les remercîmens que le Roi et le duc en firent faire au Pape furent uneouverture à des négociations avec la cour de Rome^ qui se continuèrent par l'internonce^ résidant à Bruxelles. On offrit au Roi une somme d argent en échange d'une protection ouverte accordée aux papistes. Le duc chargea Coleman d'aller traiter cette affaire. Lord Arundei devait être seul dans le secret ; mais l'envoyé comprit que le Roi en était instruit. Lorsqu'on vint à s'expliquer sur les propositions y on trouva les sommes si modiques et les prétentions si élevées qu'il n'y avait rien à faire. Si dans ce voyage Coleman perdit son temps pour les intérêts du parti ^ il ne le perdit pas pour les siens. Ses lettres ne cessaient de demander de l'argent^ sans lequel , di-f
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sait-il^ rien n'était possible; et il fit accroire à l'ambassadeur de France que> s'il voulait lui donner de quoi mener les choses à fin, il pouvait rendre un grand service à son maître. On lui donna une fois deux mille cinq cents guinées qui devaient acheter des amis à Louis XIV, et qui fournirent aux dépenses de Coleman , qui se mit en tête de passer pour chef du parti. Pour preuve de cette prétention ^ je ne citerai qu'un fait où je fus moi-même intéressé.
Sir Philippe Terwhit , papiste , voulait épouser une dame protestante zélée; quelque soin qu'il eût mis à cacher sa religion, elle eut dès doutes, et le pressa de dire la vérité; mais tant qu^il fut amant il la trompa , et alla même jusqu'à communier avec elle à sa paroisse. Convaincue, elle consentit au mariage; mais le mari ne prit plus, comme l'amant, le soin de la tromper, et le résultat fut un mauvais ménage. Cependant les convertisseurs s'étaient emparés de la dame , et des doutes s'élevèrent dans son esprit; elle voulut me les soumettre, et je les levai d'une manière qui la satisfit complètement. Quelque temps après elle me demanda de venir chez son mari conférer avec des personnes qui devaient s'y trouver : je lui répondis que j'irais puisqu'elle le désirait, quoiqueje n'eusse jamais vu ces conférences pro-: dttire rien de bon. La même proposition fut faite à Stillingfleet^ qui fit la même réponse; et nous
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son gouvernement d'Irlande. L'amitië dont il m'a depuis, honoré me fait un devoir d'arrêter un moment mon récit pour parler de lui. Il était fils delordCapell; son éducation^ faite au milieu des guerres civiles y fut négligée j et ce fut fort tard qu'il apprit le latin ; il fit des progrès rapides dans les mathématiques et d'autres sciences. Il connaissait bien nos lois et notre constitution. La nature de son esprit était simple et réfléchie. Il prit de bonne heure parti contre la cour. Le Roi ^ convaincu que desmécontentemens l'avaient déterminé y voulut le ramener y et lui donna l'ambassade de Danemarck , où il se fit beaucoup d'honneur , et à peu de frais , à ce qu'il disait.
Le gouverneur de Gronenbourg avait ordre de faire baisser pavillon à tous les bâtimens qui passaient devant ce fort. Il envoya donc prévenir le comte d'Essex qu'il devait se conformer à Tusage , ou passer de nuit^ ou gagner le large; qu'autrement il serait forcé de tirer sur lui d'abord à poudre^ ensuite à boulet. Lord Essex lui fit répondre c<que les vaisseaux anglais exigeaient un tel honneur de tout le monde y et ne le rendaient à personne; qu'il ne voulait ni attendre la nuit y ni prendre le large ; et que si l'on tirait sur lui y il saurait bien se défendre. Le gouveivr neur fit tirer , mais les coups furent dirigés pardessus le bâtiment. On regarda ceci comme une preuve d'un grand courage de la part du comte ^
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mais lui-même disait qu'il était impossible que le gouverneur voulût couler bas tfn ambassadeur. . Pendant sa résidence à Copenhague , ]a mort du rpi de Danemarck changea tout h la cour. Le feu Roi avait crée i*égent un homme de sa maison ^ fort obscur^ sans mérite^ et qu'avait éievë la laveur de la Reine : idée d'autant plus singulière que le Roi ne sortait jamais de ses États^ La première affaire que l'ambassadeur eut à traiter avec h miiifistre danois fut de justifier son refais d'obéir à l'injonction du gouverneur de Cronenboiiiç. Heureusement à son départ d'Angleterre^ sir John Cotton l'avait engagé à prendre dari* sabibliothèque quelques livres relatifs aux affâfires deïXanemarck^ et il les avait emportés sanscroh^e qu'ils, lui fassent jamais utiles; mais cette cirdoDstance les lui ayant fait consulter , il y trouva àe& traités oit il était stipulé que les vaisseaux anglais ne baisseraient pas pavillon dans les mers de Danemarck. Cette affaire lui fit tant d'honneurr à là cour qu^on lui écrivit pour lui dire qu'à son retour aucune des feveurs auxquelles il potrvait prétendre ne lui serait refusée. La révolution dont il fut téhioin en Danemarck^ et qui ^umit si prompte'ment au joug le plus tyraniiique }a nation là pl^s libre de l'Eui*ope, fil une profonde impression sur son esprit , surtout quand il vit les regrets de l'ancienne noblesse^ et que le chancelier^ ëlevépar la faveur seule et du plus 2. 26
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bas étage j ne ponrait se défendre de déplorer la
perte des libertés de son pays.
An retour de cette ambassade^ le comte d'Esscix fîit nonmé lord lieutenant d'Irlande ^ sans qu^it pût doTÎner ce qui ayait pu &ire penser à lui pour un poste aussi important qu'il n'ayait point demandé , et lorsqu'on le savait ennemi des papistes; non pas^ il est yrai, par principe de religion 9 pour laquelle il avait trop d'indifférence ^ mais parce qu'il regardait le pape comme le plus grand oppresseur de l'espèce humaine. Quels que fussent les motifs qui le firent élever à cette vice^ royauté^ il effaça tous ses prédécesseurs , et ses successeurs trouveront toujours en lui un modèle. Il étudia avec soin la constitution du pays et les intérêts de la nation. Des extraits très-étendu& de tous les. registres du conseil d'jËtat lui servirent de guide dans l'administration ^ et lui firent juger des projets dont il fallait suivre Feiécutiôn. Il fit dresser des tableaux indicatifs de& personnes, et des propriétés y tant dans les villes que dans les campagnes , et se procura des renseignemens. exacts sur tous ceux que leur mérite pouvait rendre utiles au pays; le mérite seul déterminait son choix sans qu'aucune sollicitation fût nécessaire; enfin sa surveillance sévère sur tous ceux qui l'entouraient empêchait la corruption de se glisser autour de lui.
yadministration des finances d'Irlande était
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tBDtre les maios du comte de Ranelagh , Tun des hommes les plus habiles que cette ile ait produits. Son goût effrënë poui* les plaisirs ne lui otait rien de sa capacité pour toute espèce d'affaires ; quels qu'eussent été le caractère et les Tues des hommes au pouvoir^ il avait toujours eu l'art de leur plaire et de conserver ses places et ses faveurs pendant plus de trente ans. Il s'était chargé de fournir^ sur les revenus d'Irlande^ tout l'argent que le Roi dépensait à la construction du château de Windsor; on croyait même qu'il payait une pension considérable à la duchesse dePortsmouth. Ces abus empêchaient les dépenses d'être régulièrement acquittées. Le comte d'Essex s'en plaignit ; le Roi ne voulut pas justifier le cotnte de Ranelagh par un aveu , mais pressa le lord lieutenant d'approuver les comptes. Le comte d'Essex s'y refusa , disant qu'il ne pouvait approuver des comptes irréguliers ; que si Sa Majesté octroyait un pardon au comte de Ranelagh^ il lui donnerait une quittance de décharge^ mais non un certificat de vérification ^ et le Roi fut fort mécontent de cette exactitude et de cette rigidité qui semblaient un reproche indirect à Fadmînistration des finances d'Angleterre. Il rendit donc à lord d'Ormond le gouvernement d'Irlande. Un jour que le comte d'Essex me contait cette affaire ^ il me dit que le Roi détournait souvent l'argent de l'échiquier pour le faire entrer dans son trésor par-^
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ticulier qui lui seoibLait être plus à :1hî> Û .me dit aiissi qme^ dans une affaire relative ^u& colonies , que ropi discutait au conseil , le Roi se mit à soutenir le parti le moisis judte. Covenitryi, qui a conté le fait, fut si étonné qu'il s^apprQcb* de lui pour lui représenter combien la cause <étai^ mauvaise : « Qu'est-ce quecdame fait? uépondit le Roi; pour plaider celle-là j'ai reçu de bel ef, bon argent. »
On proposa d'affermer les revenus d'Irlaode^ Lord Danby, qui avait d'abord favorisé une d4^ compagnies qui se présentèi^iit, an prit tottt-àr coup une autre sous sa protection , et l'on dAîP^rtvrit que les avantages que son intérêt personnel trouvait dans les offres de celle-ci étaieirï le secret de ce chaDgement« L'affaire fut portée aA conseil ^ et quelqi^es personnes furent înferrogé^^ sous la foi du seraient. Lord Widdrington aYQùa qu'il avait fait offrir une somm^ considérable à lordPanby, mais ajouta qu^elle avait /été refusée» Lord Haliifa?^, encore membre du conseil à cette époque , observa que la douceur que le lord/tre-r sorier avait mise dans son refns n'était pas faite pour dégoûter de nouvellibs tentations : <c.Ne (rQu*^ verait-on pas très-étrange, dit-il , qu'un bomme à qui l'on oserait demander de cédier sa^ droits sur sa femme , ne rejetât cette pnopo&iliàn .^u'a-r vec toutes les formas de la politesse? >» Lwc^m* .paraison piqua au vif Danby, qui sollicita et
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obtint qu'Hallifax fàt eKlu du ^conseil* Son ran^ vai .fit graijid ^lÂistr au di&e dTork 5 qui dans sts ayer&ions lui doonatt la préférence , même suv lord Shaftesbury . Hallifax s -était attiré cette haine en attâqmaht dé toutes ses forces Tédh de tolérance dans la chambre des pairs ^ et surtout en disant : a Si nous pouvions espérer que ce vœu des Orien-» taux : O Roi^ vis éternellement ! fdt exaucé pour nous^ je n'hésiterais pas à confier à notre soave^ rain un pouvoir absolu; mais ce vœu n'étant qu'une vaine formule d'adulation^ il faut bieit mettre quelques bornes à notre confiance, n
Tel était l'état des affaires pendant le cours de l'année 1676, on au commencement de 1677^ lors de l'ouverture de la seksiôn. Les événement ont si peu d'intérêt qu'il m'a £sillu entrer dans des détails peut*être sans importance ^i eux-^ mêmes y mais qui servent à faire bien connailre la scène , le rôle et le caractère des acteurs.
Je reviens pour un moment aux affaires d'£^ cosse. Le triom.phe du duc de Lauderdale sur l'opposition avait été si complet que chacun se taisait; mais ce silence n'était pas du ca)me« Les conventicnks qui se tenaieait.dans les campagnes devena:ient tous leis jours plus nombreux y et l'ony venalten armes : le nombre des proscriptions s'àc^^ croissait aussi tous les jours^ etuacrdrelégal^ maiè depuis long-temps oublié ;« reparut sous lé nos» à^intercommoning fprit y nom qu'il portait parce
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qu'il soumettait au même châtiment le coupable et celui qui ne le dénonçait pas à la justice.* ou qui pouvait rarrêter et ne l'ameniiit pas devant les magistrats. Une si menaçante persécution effraya beaucoup de gens qui abandonnèrent leurs demeures , et coururent les campagnes comme des vagabonds, dont ils contractèrent bientôt les habitudes sauvages et féroces. Le conseil lea cou* sidéra comme des ennemis qu'il fallait détruire, et rappela un ancien statut qui donnait au Roi le droit de s'emparer de tous les châteaux qu'une situation avantageuse rendait propre à loger des troupes. On désigna donc douze habitations y deux appartenant à des pairs, et dix à des gentilshommes qui s'étaient déclarés contre le duc de Lauderdale ^ et il était évident que c'était là la seule raison qui eût déterminé ce choix; car ces châteaux n^étaient ni forts ^ ni bien situés pour réprimer les conventicules : cependant on y mit garnison^ et les environs furent contraints de fournir à leur approvisionnement^ au mépris d'un article spécial de la loi votée dépuis peu sur la milice. On voulut résister > mais les troupes n'en restèrent pas moins une année entière vivant à discrétion. Les soldats pillaient et ravageaient : bien sûrs que plus ils feraient de mal, et plus on les approuverait. Enfin on les retira, mais ce fut quand il ne restait plus rien à prendre ou i détruire.
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DE UON TEMPS. 4o7
Va autre incident assez indifSSérent en luimême mérite^ par ses suites importantes ^ d'être rapporté. Un certain Carstairs^ déshonoré et ruiné par le yiceet la débauche , s'offrit à Sharp pour aller dans les conTenticules ^ déguisé et accompagné de ' quelques hommes de sa troupe , qui , en cas dé besoin , serviraient de témoins^ ne toulantpas lui-même paraître dans les procès. Pour prix de cette infâme conduite^ il demanda une part des amendes^ et une certaine somme pour chaque prédicateur qu'il ferait arrêter. Le marché conclu y il courut les conventicules , jouant partout un nouyeau personnage. Un jour qu'il était à Edimboux^, il rencontre dans la rue Kirkton^ prédicateur célèbre parmi les presbyr tériens^ l'aborde , et lui dit que^ dans une maison voisine^ une personne malade le priait de la Tenir Tdir« Kirktony aussi prudent que les autres l'étaient peu f et qui avait toujours évité les assembléeis suspectes et dangereuses, cette fois ne se doute de rien y et suit Càrstairs , qui le mène chez lui 5 et lui déclare que, porteur d'un ordre de l'arrêter, il va l'exéci^ter, s'il ne se décide à lui donner de l'argent. Kirkton répond que n'étant nullement coupable , il lui est assez indifférent d'aller en prison , sûr de prouver bientôt son innocence. Càrstairs, voyant son. escroquerie près d'échouer, car le fait est qu'il n'avait pas l'ordre , sort pour se le procurer, et laisse enfermé dans
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la ehsimbre Kirkton qui appeUeilea Toiâins^ lèar conte le mensonge dont il vient d'être dupe 9 et prie quelqu'un d'aller avertir son heéu-frère le bailli de Jerviswood , gentilhomme encore plus distipgué par ses vertus que par son e^rît, à la vérité fort imbu des opinions du purrlanisme^ mais d« reste un homme fort remarquable. Pendant ce temps-là €arstairs cherchait à obtenir Icâ signatuivs des neuf membres du conseil j dont un warrant devait être revêtu pour être légal \ mais 5 ne pouvant les trouver, il revient cepcn-* dant chez lui , prétend qu'il a Tordre , et veut emmener Kirkton qui , «i l'on ne le lui montre > refuse d'obéir. Carstairs essaie de la violence^ pousse et jette par terre le pauvre ministre qui criait au meurtre, lorsque le bailli arrive^ écoute, demandje qu'on lui ouvre la porte. On n'en fait rien, il l'enfonce, et trouvant CarstairS tenant son beau<»frère à la gorge, U tire soi^épéeet le force à lâcher prise ; il veut ensuite voir l'ordreet promet, si l'oci peutle lui présenter , d'être le pre^ mier à prêter main '-forte. Cc^rslairs soutenant tou^ jours qu'il en est porteur, mais- ne le montrant toujours pas, lebaillifaitsortirsonbeau^-frèreetle suit sans faire aiicmiie violence, ce que beaucoup de. gens accourus au bruit pouvaient témoigner, et, disant seulement qu'il est résolu à poumuivrc Carstairsen justice. Avant le jour oii s'assemblait le conseil, Carstairs se procura le$ neuf sicpajtUTei
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pour un ordre d'arrestation contre Kirklon et six ou sept autres prédicateurs , et le fît antidater^ à ce que m'a avoue depuis lord Âthol^ un des signataires. Le bailli est cité devant le conseil , et Carstairs produit Tordre en disant qu'il n'a pas voulu le montrer pour ne pas faire connaître les noms de ceux contre lesquels il avait encore à agir. Les témoins que produisit le bailli ne furent pas seulement écoutés^ et l'on décida que, puisque Carstairs s'était dit porteur d'un.warrant, Kirkton devait le suivre jusqu'à la prison, bien sûr que le geôlier ne Fouvinrait que sur sa présentation. Le duc de Hamilton et lord Kincardin, encore membres du conseil à cette époque , se prononcèrent hautement contre cette manière de procéder à une arrestation qui convenait plus ^u tribunal de l'inquisition qu'à un gouvernement légal. Mais tout ce qu'ils purent dire n'édita pas au bailli un an de prison et une amende de 5oo liv. sterl. , et ils furent expulsés du conseil comme ennemis de l'Église et protecteurs des tîonventicules.