‹ Histoire de mon temps. Mémoires du chancelier Pasquier (volume 2)Chapitre 13 sur 30 · LE CONSEILLER À SAINT-LAZARE · texte numérisé non relu

LE CONSEILLER À SAINT-LAZARE

il vivait depuis longtemps avec la citoyenne Saulnier (première danseuse de l'Opéra). Ah çà. lui avons-nous dit, iL est temps que ce mauvais train finisse; à bas les « préjugés! I faut que le ci-devant marquis épouse la « danseuse. II l'a épousée et a bien fait, autrement il « aurait peut-être déjà sauté le pas, ou serait au moi

à re les murailles du Luxembourg. » Fort heureusement, nos deux conducteurs joignaient aux beaux sentiments, dont je viens de donner l'aperçu, un goût passionné pour l'argent, et ce fut ce goût qui nous sauva. Afin d’avoir le temps de me dépouiller du peu d'assignals que je possédais encore, ils nous placèrent, en arrivant, dans une petite maison siluée près de leur comité, et dans laquelle ils nous gardèrent sept à huit jours, sous la condition d'une énorme dépense pour chaque journé Ainsi fut différée mon entrée à Saint-Lazare, où je ne fus conduit que le 8 thermidor au so j'y étais arrivé deux sans doute trouvé place sur les charretles qui enlevèrent dans ces deux jours plus de quatrevingls personnes, et les conduisirent à l'échafaud. Tout ce qui avait appartenu au parlement de Paris, un de mes beaux-frères, plusieurs de mes amis, fut sacrifié ce jour- Si j'eusse été au m partager leur sort.

Je fus cependant encore reçu dans la

« l'ombre de

ieu d'eux, je ne pouvais manquer de

ison par deux beaux-frères et par un frère à peine sorti de l'enfance, mais qui n'en était pas moins détenu depuis huit mois. Quel aspect que celui de cette pr fus déposé ! Ce n'é jours où mon père n'avait pas le dans celle de la Bourbe : la mort avait fauché tant de victimes que nul ne pouvait se faire illusion sur le sort qui l'attendait.

Pour aller plus vite, on avait, dans les dernières semaines, inventé le système des conspirations qui se tra-

son, au moment où j'y

plus comme au

éloigné de voir un

maient, disait-on, dans les prisons, pour le renversement

La vie était done assez douce au milieu de lelles gens, surtout après les rude:

avions pour voisine Mme de Beauharnais dont nous étions loin de pré 1 use fortune, Sa maison était contiguë venait plus que rarement, une la nombreuse malin, nous voyions river des paniers de provisions, puis des gendarmes à cheval commençaient à cireuler sur la route de Nanterre ne directeur arrivait le plus souvent à

épreuves dont nous sortions. Nous

fois par semaine, pour oir Barras, ave

société qu'il traînait à sa suite, Dès Le

à Croissy, car le je cheval.

La maison de Mme de Beauharnais avail, comme c’est assez la coutume chezles créoles, un certain luxe d'apparat; à côté du superflu, Les choses les plus nécessaires faisaient défaut. Volailles, gibier, fruits rares encombraient la nous étions alors à l'époque de la plus grande * lemps, on manquait de casseroles, de sielles qu'on venait emprunter à notre chétif

ménage.

Ces nage que se bornèrent nos relations, quoique Mme Pasquier eût été, avant la Révolui de Beauhurnais : nous voyions surtout sa belle-sœur, la femme de l'ainé des Beauharn mève de Mme de La Valette, dont le dévou

x le bon vo

Là res procéd

en rapport avee Mine

ment si touchant ait une prit comme par le carac- Sa avait toujours ét irréprochable et, lorsqu'elle fut conduite en prison, elle fut du nombre des femmes dont l'attitude noble et coura-

sauva la vie de son mari sous la Restauration, C° personne fort di

tinguée par L' sous tous Les rapports supérieure à su belle-scr

té de son ni

conduite, malgré la légè

geuse fut Je plus remarquée.

a traité Les deux belles-sœurs d'une manière toutes les faveurs, à l'autre toutes

à l'un

Au sortir de la prison, Mme de Beauharnais,

recouvrer une partie de ses biens (son mari

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