MM. DE LAPLACE ET CHAPTAL
de son esprit, le rendait complètement inhabile aux transaclions que nécessite l'administration. Le second n’entendait et ne connaissait que la partie des arts utiles, unie aux sciences naturelles, et surtout la chimie; il manquait, dans sa vie privée comme dans sa conduite d'homme public, du sentiment des convenances, si nécessaire dans les rapports qu’un ministre de l’intérieur doit entretenir avec toutes les classes de la société.
Je ne parle pas d'un premier essai qui avait été fait, pour le mème ministère, de M. Lucien Bonaparte. L'indépendance d'esprit et de caractère, dont il a par la suite donné tant de preuves, le rendit tout à fait impropre à recevoir et à exécuter les ordres d'un frère qu'il ne pouvait se résigner à voir dans une situation si supérieure à la sienne.
Les dissentiments de l'Empereur avec sa famille, les difficultés nées de ces dissentiments et les obstacles qu'elles ont apportés à l'établissement et au maintien de sa puissance, forment une portion très importante de son histoire.