CHAPITRE XXII
La levée de 181 et l'organisation nouvelle de la garde nationale. — Les griefs de Napoléon contre la Russie. — Les traités d' entre la France, la Prusse et l'Autriche. — Situation politique de la Suède sous la pression de Napoléon. — Négociations et entente finale de Bernadotte avec la Russie et l'Angleterre. — L'Empereur se prépare à la lutte. — Fêtes et bals magnifiques dans l'hiver de 1841 à 1812. — Asso ions secrètes des étudiants de l'Allemagne du Nord. — Complot en vue d'assassiner Napoléon. — Arrivée à Paris, dans ce but, d'un étudiant de Leipzig : son arrestation et son internement. — Trahison d'un employé du ministère de la guerre soudoyé par la Russie. — Découverte par l'agent Vidoeq d'un contrefacteur. — Fabrication en grand, protégée par la police de l'Empereur, de faux billets de la banque russe et de la banque de Vienne. — Conversation de M. Pasquier avec Napoléon, la veille du dépurt de celui-ci pour la campagne de Russie.
Au commencement de l’année 1812, l'Empereur ordonna la levée de deux cent mille conserits. Cette levée fut si un peu plus tard d’une organisation de la garde nationale en trois bans, dans lesquels se trouvaient compris les hommes valides, depuis vingt ans jusqu'à soixante. Le premier ban se composait des jeunes gens de vingt jus qu'à vingt-six ans. Il était divisé en cohortes de mille hommes chacune. Celle organisation n'était qu'un nouveau moyen imaginé pour lever cent mille hommes de plus, eu reprenant tous ceux que la conscription avait épargnés depuis six années. Les cohortes du premier ban furent aussitôl mises à la disposition du ministre de là gucrre. A la vérité, elles ne durent être employées qu'à k
défense des frontières, au maintien du bon ordre dans
l'intéri
ur et à la garde des places fortes et des arsenaux. Mais les frontières s’étendaient jusqu'aux bords de la mer
Fimpératrice l'y avait rejoint presque aussitôt. Le récit de la campagne qui a suivi son départ de Dresde, et qui s’est terminée par les désastres d’une retraite au milieu de laquelle est venue s’'anéantir la plus belle, la plus valeureuse des armées, a été tracé par les hommes les plus capables de en rendre compte et de la bien juger, par des témoins qui en avaient partagé la gloire et les souffrances. Je n’essayerai donc pas de dire ce qu’ils ont raconté cent fois mieux que je ne pourrais le faire. J’essayerai seulement de rendre les impressions qui se sont produites autour de moi, que j'ai ressenties moi-même avec tant de