FAUSSE SITUATION DE M. DE TALLEYRAND
seul homme. M. de Talleyrand pouvait seul savoir ce qu'on avait à craindre ou à espérer de ce côté; il était seul dans le secret des particularités de sa propre situation, il pouvait seul se douter qu'au lieu d'être utile au Roi et à la France, il serait pour eux un obstacle. Les illusions qu'il a pu se faire à cet égard ont-elles été de longue durée? J'ai de la peine à le croire, mais il n'a rien négligé pour épaissir le voile sur les yeux de ses collègues qui, pour la plupart, se sont avancés jusqu'au terme de leur existence ministérielle, sans se douter d'où venaient les difficultés qu'ils rencontraient sous leurs pas. Nous allions donc marcher, ayant à la fois à lutter contre l'irritation que causa bientôt à l'intérieur la présence de M. Fouché dans le conseil et Téloignement invincible que le souverain le plus influent dans la coahtion ne pouvait s'empêcher de ressentir pour M. de Talleyrand; et c'était le président du conseil, celui qui devait ouvrir et diriger les négociations. On verra se développer à chaque pas les difficultés d'une position aussi fausse.