L'ANGLETERRE ET L'EXPÉDITION D'ALGER
« Afrique, et à les évacuer aussitôt que toutes les mesures « nécessaires pour que la piraterie ne pût jamais s'y réta- « blir seraient prises ». Sur le refus de M. de Laval de rien promettre, le duc de Wellington lui dit : « On regarde le « prince de Polignac comme un homme borné, mais loyal; « moi, je le considère comme un des hommes les plus habiles « et les plus faux qui existent. » — « Jamais, ajoutalord Aber- « deen, jamais la France, sous la République, sous l'Em- « pire, n'a donné à l'Angleterre des sujets de plainte aussi « graves que ceux que nous avons reçus d'elle depuis un « an. » Puis, au moment des derniers adieux, lord Aberdeen, prenant la main du duc de Laval, lui dit avec un ton d'affection mêlé de tristesse : « Je me sépare de vous, mon « cher duc, avec plus de peine que de coutume, car peut- « être ne sommes-nous plus destinés à nous revoir. » L'ambassadeur, ^saisissant sa pensée, lui dit : « Milord, je 0 ne saurais ni dire ni prévoir ce que vous pouvez espérer « de la générosité de la France; mais ce que je sais, c'est « que vous n'en obtiendrez jamais rien par les menaces. » Ce récit est littéralement tiré de la correspondance du duc de Laval.