‹ Histoire de mon temps. Mémoires du chancelier Pasquier (volume 4)Chapitre 213 sur 241 · T. TI · texte numérisé non relu

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clôture des débats. A- l'audience publique, on procéda à l'appel nominal, et sur les cent soixante-deux pairs qui, la veille, avaient répondu, il n'en manqua qu'un seul qui s'était trouvé mal deux fois dans la précédente séance et n'avait été emporté qu'à son corps défendant. Parmi ces cent soixante-deux présents, on comptait huit octogénaires, et beaucoup avaient passé soixante-dix et soixante-quinze ans; le nombre des infirmes était aussi fort considérable. Tous cependant résistaient depuis sept jours à la fatigue d'une tension d'esprit continuelle, que l'air étouffé pendant ces séances de sept heures rendait plus pénible encore. M. Madier de Montjau prit la parole au nom des commissaires de la Chambre des députés. Il parla avec énergie et convenance; malgré la sévérité de ses déductions, il ne craignit pas de terminer son discours par des paroles qu'inspirait un grand sentiment d'humanité : « Notre der- « nière révolution, dit-il, surprenante et admirable en « tout, a-t-elle apporté au monde une politique et une jus- « tice nouvelles dont la supériorité soit déjà tellement « sentie que vous deviez, messieurs, réaliser dés à présent « le vœu que l'un des grands pouvoirs a exprimé pour « l'avenir? C'est à votre arrêt qu'il appartient de le déci- « der... Quel qu'il soit, il subjuguera notre conviction. « Nous nous plaisons à vous offrir l'hommage solennel de « cette respectueuse confiance qui est le plus beau de vos « droits et que nous avons regardé comme le premier de a nos devoirs. » Pendant ce discours dont la lecture dura un peu plus d'une heure, j'avais reçu de M. de Sémonville un avis fort inquiétant. Ne voyant pas paraître le général Fabvier et n'entendant parler d'aucunes dispositions pour le transfèrement, il avait pris le parti d'aller trouver M. de La Fayette; il avait su alors que, nul avertissement n'ayant été envoyé dans la nuit au général Fabvier, il n'était plus chez lui et avait déjà commencé ses tournées dans la ville, lorsqu'on lui avait porté, vers huit heures, l'ordre de se

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