CHAPITRE X
Signature des ordonnances ; leur contenu ; impression de la population parisienne. — Organisation de la résistance; l'insurrection éclate; son caractère spontané. — Inaction et impéritie du ministère. — Déclaration de l'état de siège. — Lutte des troupes contre la population. — Le maréchal Marmont est contraint de se replier sur le Louvre. — Malgré la gravité des circonstances, le maréchal Marmont entretient le Roi dans l'illusion que le calme pourra être facilement rétabli. — La Cour à Saint-Cloud pendant la lutte. — Les visions de M. de Polignac. — Réunions tenues chez M. Pasquier; l'abbé de Montesquiou essaye en vain de parvenir jusqu'au Roi. — Arrivée du duc de Mortemart à Saint-Cloud. — Les ministres quittent Paris et rejoignent le Roi. — L'insurrection maîtresse du Louvre. — Les troupes royales se retirent au Trocadéro, puis à Saint-Cloud. — Calme relatif de la population parisienne soulevée. — M. de Mortemart arrive jusqu'au Roi et lui dépeint la situation dans toute sa vérité. — Convocation du conseil. — Le Roi donne le ministère à M. de Mortemart et envoie MM. de Sémonville, de Vitrolles et d'Argout & Paris. — Leurs négociations avec la commission municipale. — M. de Mortemart n'arrive pas.
Les ordonnances ont été signées le dimanche, dans le conseil qui, suivant l'usage, se tint à l'issue de la messe. Il y avait, ce jour-là, peu do monde à Saint-Cloud. M. de Sémonville s'y trouvait avec le duc de Castries; tous deux remarquèrent sur la physionomie du Roi et sur celle des ministres une expression triste et préoccupée. Il était évident que des affaires graves allaient se décider. En sortant de cette audience, M. de Sémonville rencontra M. de Vitrolles sur l'escalier et ne put s'empêcher de lui faire part de ses inquiétudes. « Vous avez raison, répon- « dit M. de Vitrolles. J'espère encore cependant que le « malheur peut être conjuré ; si un seul a le courage de « refuser sa signature, il n'y aura rien de fait, et demain