‹ Histoire de mon temps. Mémoires du chancelier Pasquier (volume 5)Chapitre 89 sur 239 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Le ministère Polignac et l'opinion publique; sentiments de la presse. — Les projets du cabinet; ses irrésolutions. — M. de Rigny refuse d'entrer dans la combinaison ministérielle. — M. Courvoisicr accepte, en stipulante respect pour la Charte. — Caractères et dispositions des membres du cabinet. — Démission de M. de Belleyme, préfet de police. — Attitude de son successeur M. Mangin. — Autres démissions au Conseil d'État. — Procès de presse; condamnation du Figaro. — Voyage triomphal de M. de La Fayette dans le Midi. — Les associations pour le refus de l'impôt; condamnation du Commerce et du Courrier. — Mouvement dans le personnel administratif. — La guerre russo-turque; mission du général Muffling à Constantinople ; signature de la paix. — Mission de M. de La Bretonnière à Alger; insulte au pavillon parlementaire; l'expédition est décidée. — Désaccord de M. de Polignac et de M. de La Bourdonnaye; ce dernier quitte le ministère, où il est remplacé par M. de Guernon-Ranville. — Condamnation de Y Apostolique. — Arrangement définitif des affaires de Grèce. — Méhémet-Ali propose au gouvernement français de châtier le dey d'Alger. — Préparatifs de l'expédition. — Mécontentement de l'Angleterre; négociations avec le Foreign-Ofïice. — Sentiments hostiles de la Grande- Bretagne à notre égard.

Le Moniteur qui publiait la nouvelle liste ministérielle causa en France une émotion impossible à décrire. Dans Paris surtout, ce fut une explosion de surprise indignée. Il est sans exemple que ni en France, ni en aucun autre pays, un changement de cabinet ait excité tant de passions et causé tant d'alarmes. La presse se fit l'interprète des sentiments publics; un des journaux les plus répandus, celui qui dans ses jours d'opposition les plus ardents avait toujours conservé une couleur fort royaliste, le Journal des Débats, s'écriait : « Le voilà donc encore une fois brisé, ce « lien d'amour et de confiance qui unissait le peuple au

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