‹ Histoire de mon temps. Mémoires du chancelier PasquierChapitre 127 sur 275 · PÉTITIONS EN FAVEUR DE RIEGO · texte numérisé non relu

PÉTITIONS EN FAVEUR DE RIEGO

motivé sa condamnation, soit qu'il n'eût contre lui aucune preuve, soit qu'il craignît de mettre au jour celles qu'il avait recueillies. Riego ne manqua pas d'adresser au roi des pétitions dans lesquelles il demandait des juges. Il avait reçu des réponses évasives, ses amis, ses compagnons d'armes adressèrent à leur tour de très vives réclamations. Bientôt des fonctionnaires civils, des députations provinciales, des municipalités, des régiments suivirent cet exemple et adressèrent des pétitions en faveur du général exilé. A ces supplications restées sans réponse succédèrent des adresses menaçantes, parties de tous les points du royaume, réclamant le renvoi d'un ministère servile, persécuteur des plus zélés défenseurs de la liberté. On vit alors un étrange spectacle; non seulement les corps élus, mais les fonctionnaires, généraux, officiers, intendants nommés par le roi pour gouverner les provinces, se mettre en opposition ouverte avec le pouvoir. Cela dura pendant les derniers mois de l'année. Au commencement de l'année suivante, les principales villes du royaume, notamment Cadix et Séville, étaient en révolte et refusaient de recevoir les commissaires envoyés par le roi.

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