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combat. Dans le cas où la mission pacifiqueéchouerait, ils étaient prêts à faire retentir le cri de guerre. De même qu’on voyait, long-temps avant la mêlée, ambassadeurs courir entre les Carthaginois et les enfans de Romulus, de même, quand on eut assez volé d’un côté à l’autre, on se disposa à une lutte acharnée. De toutes parts les escadrons d'oiseaux volent au combat; les aîles touchent les aîles , les cohortes pressent les cohortes. Il y a mille degrés de force dans cette milice , mais une seule volonté. Le vœu du fort est celui du faible, le souhait des chefs, celui des soldats. Les combattans ne se servent ni de chars ni de chevaux ; ils ignorent l'usage du fer, et l’on ne voit point voler de flèches. Pour casque ils ont leurs aigrettes, pour glaives leurs ongles et leur bec, pour clairons leurs chants divers qui sonnent diversement la charge. Une aîle légère est leur bouclier, une plume leur poignard , une plume plus fine encore leur cuirasse. Six Jours s’élaient déjà écoulés, depuis leur rassem-— blement, lorsqu'ils se précipitérent les uns sur les autres. Ceux-ci combattent en mordant, ceux-là en frappant, l’ardeur de la guerre les enflamme tous. La, vous eussiez vu s’élancer les Rutules, ici, les Troyens, et l'impitoyable Mars semer le carnage dans tous les rangs. Comme les feuilles du chêne, vertes encore au soleil d'automne, tombent jaunissantes et mortes au souffle de l’hiver, ainsi les victimes de cette armée tombent, jonchant au loin la terre. Ils étaient accumulés dans la plaine, aussi nombreux que les
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» grains sur l'aire. Enfin, Borée remporta dans le Nord » une faible partie de ceux qui venaient du Nord; ceux » du Midi restèrent tous sur le champ de bataille. Cet » évènement se répand , le peuple accourt, on s'étonne, » on considère avec surprise le nombre et la variété » d’espèces de ces oiseaux sans vie. L'évêque lui-même » s’y rendit de Toulouse, et la foule lui demandait si » l'on pouvait manger ces oiseaux. Prenez-les sans » crainte, dit-il. Chacun alors en remplit son chariot « et revint chez soi. » (*)
Quelque temps après cette Pharsale aviculaire, à travers laquelle perce l’allusion au grand duel entre. le Midi et le Nord, décidé momentanément en faveur de ce dernier par les Karlomans, un fait d'un autre genre mit en émoi les habitans du Mons Aureolus. Accablé d'années et sentant la vie se dérober sous lui, l’archevêque de Narbonne, Théodardus, soit pour retremper sa vieillesse aux douces brises du Tarn, soit pour finir ses jours sur la terre natale, vint se retirer au Moütier de Saint-Martin. La mort l'y ayant surpris presque aussitôt, sa démarche, son renom de sainteté et sa dépouille funèbre qu'il lui légua, jetèrent le plus grand éclat sur l'Abbaye. Les religieux se crurent même obligés d'oublier le nom de leur patron, afin de se placer sous la protection plus honorifique de l'archevêque de Narbonne. A partir de ce moment, le monastère et la bourgade prirent le nom de Saint-Théodard. Celui de fines, déchu avec les Ro-
..() Théodulphe ;.évêque d'Orléans. ( Élégies)}.
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mains, s'était effacé sous les pas de ces populations Vandales, Gothiques, Frankes, Arabes, qui, pendant quatre siècles, avaient foulé en tous sens la terre nationale.
Cependant le pouvoir s'était reconstitué dans de nouvelles conditions avec la société nouvelle. Les Comtes de Toulouse , héritiers de tous les gouvernemens précédens, élevaient peu à peu celte maison princière, si large de base qu’elle devait couvrir le Languedoc, la Provence, le Quercy et la Guienne; si haute de faîte qu'elle devait s’égaler au Louvre et au Vatican. En 940 ou 50, le Quercy leur échut par le droit du plus fort. Aussitôt se développa dans les Raimon cette prédilection particulière pour notre pays qui allait fonder ses véritables destinées. Maîtres de l'ancien emplacement du camp Romain et de ses dépendances qu’ils possédaient comme partie du domaine impérial , à titre de successeurs des Goths, premiers légataires de l'empire, ils s'empressèrent de fixer leurs droits de propriété sur le Mons Albanus. Des ruines de la vieille Mutatio, le Tarn vit surgir les tourelles d’un château comtal aux flancs épais, aux meurtrières menaçantes. Dès ce moment, voilà les deux féodalités en présence. Il faut que l’une absorbe l’autre, que le château renverse l’abbaye ou croule devant elle. La lutte ne pouvait tarder, car la maison de Toulouse et l'Église étaient de fières rivales, qui, partout où elles se touchaient, se heurtaient. Cette fois pourtant l'Église fut vaincue. Or, avant qu'elle n'eût pris sa terrible revanche, une jeune cité municipale, grandissant rapidement en avenir, en liberté et en ar-