XXX AVERTISSEMENT
1° LE LIVRE DES SERMENS, ainsi nommé parce qu'il servait à enregistrer les prestations de sermens des évêéques, consuls et lieutenans des sénéchaux ; el, peut-être aussi, parce qu’on y trouve des copies de certains passages de l'Évangile sur lesquels ceux qui prêtaient serment étendaient la main. Il se compose de 175 feuilles de vélin, contenant 103 actes de diverse nature. Ce livre renfermait autrefois une pièce de la plus haute importance, que le recueil de Doat n’a point conservée. C'était le bail, en langue vulgaire, fait par Alphonse, comte de Toulouse , et son fils Raymond de Saint-Gilles, du lieu où fut bâti Montauban. La table dressée en 1660 , par M. Guillaume de Benoît (de Benedictis) , porte que la précieuse Charte « est au fond du présent livre en un cahier à part. » Ce cahier a disparu. On en retrouve un double au verso de la page 55, mais il est en latin. Nous devons d'autant plus regretter la perte de ce document, qu'il nous aurait donné un
échantillon vivant de la langue parlée à l’époque de la fondation de notre ville.
2° Le vivre Rouce. Ce nom lui vient probablement de l’ancienne couleur de sa tranche. Le répertoire, placé en tête, dressé en 1710, par M€ Brandehn de Satur , écuyer, conseiller, secrétaire du roi, et M. Danel Montanier, indique 141 titres, de 119% à 1316.
Ce registre renferme un règlement curieux sur les habits
AVERTISSEMENT. XXXI des femmes, « la ordonnansa dels vestirs de las donas de Montalba, » et les statuts de la communauté , en huit articles. On y trouve aussi, aux feuillets 110, 111 et 112, quelques passages de l'Évangile, en belle écriture, avec des médaillons rehaussés d’or et d’azur, représentant les figures symboliques placées ordinairement à côté des Évangélistes, l'Aigle, l’Ange, le Lion et le Bœuf aîlés. A la fin de la page 112, en regard de la transcription des 18 derniers versets du chapitre ni de l'Évangile selon saint Lue, on lit ces mots : 4isso membransa del solhel cant sescurzic. — ÆEdizia hora, Anno Domini 1238, Mense Junii. —Ces pages furentelles écrites et enluminées pour conserver le souvenir de l’éclipse ?
3° LE LIVRE ARMAT ou DE LA CHaAÎne. Ce livre tire son nom de sa couverture autrefois garnie de fer, et à laquelle, dit-on, était fixée une chaîne pour le suspendre aux murs de la maison-commune. Les Consuls l’achetèrent en 1410, « per mettré los priviletgés ; hber— talz et costumas de la ciotat de Montalba ».— Il contient 233 feuillets et 173 actes, parmi lesquels, des ordonnances des Consuls touchant la police de la ville, des règlemens sur la levée, l'armement et l'habillement des franes-archers, les privilèges accordés à Montau-
ban, en 1370, pour avoir secoué le joug des Anglais, etc.
%° Le civre BaizuoxAT (bâillonné, ou à fermoir).