‹ Histoire de MontaubanChapitre 23 sur 60 · XXXIV AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

XXXIV AVERTISSEMENT

cousus les uns aux autres sans choix, sans lien logique; à côté d’une Charte de confirmation des privilèges de la Commune, vous trouvez l'acte de vente d’un pan de mur, d'un jardin, d’un ayral. Par une fatalité bizarre et déplorable, ces actes d'achat et de vente, dont l’architecte et le commis-voyer peuvent seuls tirer quelque profit, ont survécu en grand nombre, tandis que les documens d'intérêt général, les pièces vraiment historiques ‘ont péri en nombre plus grand encore. Nous avons cité la disparition de la Charte de fondation, que le canif de quelque savant voleur a retranchée du Livre des Sermens. Ne dirait-on pas que la Commune ne s’est mise en souci que de sa terre, et a jugé sa gloire assez peu de chose pour l’abandonner aux vers et aux robeurs de parchemin? — Tout le monde sait qu'à partir dû xve siècle, l'écriture officielle subit une révolution de formes, qui rend le savoir d’un élève de l’École des Chartes indispensable pour lire les actes de cette époque. Ce qui fait que les registres, contenant les pièces relatives aux évènemens dont notre ville fut le théâtre pendant les xv* et xvi° siècles, — quoique bien conservés, — demanderaient une longue et sérieuse étude. — Voilà done tous les matériaux que la localité pouvait mettre à notre disposition. Nous ne plaçons pas en ligne de compte quelques manuscrits postérieurs à l'ouvrage de Le Pret, et une ou deux chroniques imprimées , mais extrêmement rares, qui existent dans certaines

AVERTISSEMENT. XXXY bibliothèques particulières : nous avons vainement demandé à les voir... — Quelque nombreux que soient encore ces matériaux , ils sont évidemment trop incomplets pour fournir les élémens d’un travail, qui en exige d'autant plus qu'il ne peut puiser qu'aux sources locales. Dans cette position, il y aurait eu folle témérité de notre part à nous charger de la rédaction d’une nouvelle histoire de Montauban.

Nous avons dit qu'il serait facile de réparer les pertes que nos archives ont éprouvées ; effectivement, ce qu’elles ont perdu existe ailleurs. Plus heureuse que beaucoup d’autres villes de France, et grâce à une magnifique pensée de Louis XIV, la ville de Montauban pourrait, sans difficulté, rentrer en possession de ses vieux titres. Le grand roi chargea le président Poat de faire copier les documens historiques de toute espèce, qui se trouyeraient dans tous les hôtels-de-ville , églises et communautés religieuses du royaume. Cet immense recueil, qui ne put être achevé, est aujourd'hui une des plus belles collections manuscrites de la bibliothèque royale. Avec quel bonheur, quel attendrissement patriotique , nous avons retrouvé là, magnifiquement transcrites, toutes ces vénérables pièces, dont nous avions pleuré l'absence ou la détérioration dans nos archives mutilées ! Or, nous pensons qu'il suffirait

d’une demande du conseil municipal aux ministres de

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