XXXVI AVERTISSEMENT
l'intérieur et de l'instruction publique, pour obtenir la transcription et l'envoi des cinq ou six volumes in-f.°, qui portent sur leur dos, en caractères d’or, le nom de Montauban. Cette idée nous a été suggérée par M. Champolhion-F'igeac , qui l'appuierait, nous osons l'espérer , de toute la recommandation de son zèle pour la science, comme aussi A7. Léon. Lacabane , conservateur particulier des manuscrits français, à la bibliothèque royale, qui nous en a fait les honneurs avec une courtoisie si empressée. Nous faisons des vœux pour que l'autorité municipale se donne quelques soins à cet égard. C'est la plus belle preuve d'intérêt, le don le plus précieux que nous puissions recevoir d'elle. — Quoi qu'il en soit, nous n'hésitons pas à dire que la possession de ces manuscrits est une condition préalable et de rigueur pour travailler une histoire de Mon tauban. Et c'est ce qui explique encore pourquoi nous avons décliné la tâche de l’entreprendre : insuffisance des matériaux placés sous notre main, impossibilité de profiter des autres, c'était plus qu'il n’en fallait pour amortir notre courage. Nous vimes au premier coup d'œil qu'une année de séjour et de travail constant, à Paris, suffirait à peine à l'exploitation de la mine qui recèle les trésors de nos annales ; et, malheureusement, nous n élions pas en position de pousser jusque là le désir, d’ailleurs bien prononcé en nous, de témoigner
de notre dévouement à la chose publique. Il y aurait
AVERTISSEMENT . XXXVH eu, peut-être, un moyen de concilier notre position avec les exigences du travail à faire; c’eüt été d'obtenir du ministre de l'instruction publique, par l'entremise de la préfecture ou de la mairie, la transcription des pièces les plus importantes, les plus indispensables ; et puis , de travailler sur ce fond , au risque d’être un peu moins complets dans les détails. Nous crûmes, un moment, que nous arriverions ainsi à la solution de toutes les difficultés; mais nous dûmes changer d'avis, après avoir seulement additionné les titres de ces pièces. La liste, que nous avons dressée sur les lieux, les porte, en effet, au nombre effrayant de 119, dont la copie n'aurait pu être faite avant un an, à supposer même que les élèves de l’École des Chartes, chargés de ce travail, auraient pris à cœur de le pousser activement. — Encore un an d'attente ; puis, deux années au moins, — car il les faudrait pour mener l’entreprise à fin, — demandez à notre libraire-éditeur s'il était homme à consentir à ce délai, lui qui ne peut pas concevoir qu'on mette six mois à faire unlivre, en province, parce qu'il recoit de Paris , tous les quinze jours, d'énormes ballots de productions nouvelles , — par le titre du moins. — Ainsi, toutes ces considérations , tirées du besoin et de l'absence des matériaux, concouraient à donner gain de cause au livre de Le Bret. Ajoutons que, voués par devoir et par état à des travaux d'un autre genre , nous
n’aurions pu consacrer que de rares loisirs à la compo-
XXXVIH AVERTISSEMENT « sition de notre histoire. Le public nous aurait attendus patiemment, nous n’en doutons pas; mais l'envie au rait bien pu le prendre de juger notre œuvre en raison du temps que nous y aurions consacré ; et, en vérité, nous n'avions pas assez d’abnégation pour affronter un jugement qui n'aurait pas manqué de nous être défa-
vorable.
Enfin, ne devions-nous pas craindre que ceux qui avaient souscrit à l’histoire de Montauban, par Le Pret, refusassent de se tenir pour engagés à l'égard d'une publication, que nous aurions signée en toutes lettres? c'est une question qu’on nous a faite, et à la-
quelle nous n'avions pas songé.
I nous reste, maintenant, à désirer que toutes ces considérations, péremptoires à nos yeux, le soient également aux yeux des autres, et nous justifient d'avoir remis en scène un ouvrage que nous savions être sans aucun titre aux faveurs de l’opinion publique. Peutêtre nous pardonnera-t-on de croire que, désireux comme nous l’étions de raviver le souvenir des gloires Montalbanaises, et voués, depuis dix ans, à de graves études, nous aurions pu substituer à l’œuvre de Le Bret une œuvre un peu moins défectueuse. IL est toujours vrai que les circonstances, qui nous ont em-—
pêchés de tenter l’entreprise, nous laissent au fond du