‹ Histoire de MontaubanChapitre 29 sur 60 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

> été souvent 4e — Ceux qui on

4° | ÆX dent qu'il a été autrefois du Languedoc

disent, pour je prouver, que la Comié de Tou-

louse s’étendait inclusivement jusqu'à la place où est Montauban, au lieu duquel il y avait un chàteau que le comte de Toulouse inféoda, en 1144, aux habitans de Montauriol, et que cette inféodation comprenait, avec ce château, la portion de ia seigneurie de Montauban, qui est entre la rivière du Tarn et celle de l'Aveyron ; de sorte qu'ils concluent de là que tout ce qu'inféoda ce comte étant de la Comté, qui est en Languedoc, Montauban, qui était de cette même Comté, était par conséquent du Languedoc. Ceux qui ne sont pas de ce sentiment, disent que le comte de Toulouse pouvait posséder en Quercy le lieu où est Montauban comme un fief particulier, d'autant plus quil en avait plusieurs autres hors du Languedoc, comme la comté de Rodez et même celle de Cahors, qui étaient et sont encore de Guyenne ; qu'au fond, Montauban n'est point dans les anciens cadastres du Languedoc ; qu'au contraire cette ville et toute l'étendue de sa seigneurie jouissent, comme tout le reste de la Guyenne, de l’exemption de la gabelle, qui, étant établie en Languedoc, le serait également dans Montauban , si les fermiers, qui sont de si exacts scrutateurs de choses semblables, avaient, je ne dis pas trouvé, mais seulement douté qu'il ne füt pas du Querey.

Le sentiment de ceux-ci semble le plus plausi-

ble, mais néanmoins ne décide rien; car pour développer toute cette difficulté, 11 faut distinguer la ville d'avec la seigneurie, et les considérer, quoiqu'elles dépendent des mêmes seigneurs, le roi et l’évèque, et qu’elles ne soient qu'une même chose, comme un tout composé de trois parties, cantons ou districts séparés par la rivière du Tarn et le ruisseau du Tescou.

Le premier de ces districts, au Nord-Est, entre le Tarn et l'Aveyron, s'étend jusqu’à S.-Nauphary, Bellegarde, Léojac, le Bias, l'Aveyron, et les seigneuries de Piquecos et Villemade. Le second , au Sud-Ouest, s'étend sur la rive gauche du Tarn, depuis Villebourbon jusques à Lagarde, la Paillole, Montheton, Verlhaguet et Bressols. Et le troisième, au Sud-Est, entre le Tarn et le Tescou, va jusques au Fau inclusivement et Corbarieu exclusivement, Le premier a toujours été de la sénéchaussée du Quercy, et c’est dans celui-là que se trouve Montauban (1). Le second et le troisième étaient de la juridiction de Villelongue, dans la sénéchaussée de Toulouse, et par conséquent du. Languedoc; mais ils en furent démembrés, savoir : le troisième par des patentes de Philippe-le-Bel, de l'an 1503 ; lesecond par de

(1) Les notes indiquées par un chiffre, se trouvent à la fin du volume.

j HISTOIRE

semblables patentes, de lan 1328, et l'un et l'autre incorporés et réduits sous la sénéchaussée du Querey. Ces patentes sont dans un des registres de l’hôtel-de-ville, appelé livre Armat.

Mais cette incorporation ne se fit pas sans exciter de grandes oppositions, et donner lieu à beaucoup de procès ; elle fut néanmoins confirmée par divers arrêts, et entr'autres par un du 1.® novembre 1551, rendu au profit des consuls et habitans de Montauban contre les consuls de Bressols; plus récemment encore, la compagnie d'ordonnance du roi de Navarre fut logée dans le faubourg Toulousain, aujourd'hui Villebourbon, par le syndic de la partie du diocèse que l'on nomme le Bas-Montauban, ce syndic s'étant imaginé que ce faubourg, parce qu'il est au-delà du Tarn, était dans le Languedoc; mais les consuls de Montauban s'en étant plaints au roi, et ayant justifié qu'il était de Guyenne, ainsi que tout le reste de la juridiction et seigneurie de Montauban, le commissaire qui y fut envoyé, et par-devant qui l'on produisit tous les arrêts et les patentes dont je viens de parler, jugea la question en faveur des Montalbanais, et condamna le

syndic à les indemniser de ce logement. Cette procédure est de lan 1525.

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