‹ Histoire de MontaubanChapitre 39 sur 60 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

LPHONSE , comte de Toulouse, duc de 0/5 Narbonne et marquis de Provence, 4% SS et Raymond, son fils, comte de St.-

A Gilles, fondèrent Montauban en 1144,

et ils inféodèrent les terres (6) qui environnaient leur château (7) situé sur l’emplacement qu’occupe aujourd’hui cette ville, à tous ceux qui y voudraient venir habiter, sous de grandes libertés et priviléges, et sous fort peu de redevance. Ïls donnèrent à ce lieu le nom de Montauban, à

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56 HISTOIRE cause de la quantité de saules qu'il y avait, et qu'Alba, en langage du pays, signifie saule.

Cette inféodation porta un grand préjudice au monastère de Montauriol, parce qu'outre les terres que le Comte usurpa sur l'abbé, il lui enleva tous les sujets, donats et vassaux qui quittèrent aussitôt le bourg de Montauriol pour se transporter à Montauban, qui ne voulurent plus payer ni rendre à l'abbé les devoirs auxquels ils étaient obligés , et qui enfin s’emparèrent de l'Abbaye, d'où ils chassèrent les moines, après leur avoir fait cent outrages (8). Le Pape Eugène IE, instruit de ces faits, commit l'archevêque de Narbonne et l’évêque de Toulouse pour faire une enquête, et, s'il y avait lieu, interdire la ville et le diocèse de Toulouse, sans qu'il y fût administré, pendant l'interdit, d’autres sacremens que le baptème et la pénitence, en cas de nécessité urgente (”). Mais Alphonse étant mort sur ces en-

(*) Albert, premier du nom, abbé de Montauriol , se rendit auprès du pape, réclamant justice de l'usurpation du comte de Toulouse: Eugène HI, qui résidait alors à Viterbe pour se soustraire aux poursuites des Arnaldistes , ayant écouté les plaintes de l'abbé et pris connaissance des choses , adressa la lettre suivante à Arnaud, archevêque de Narbonne , et à Raymond, évêque de Toulouse : |

« Eugenius , episcopus, servus servorum Dei, venerabilibus fratribus Arnaldo, archiepiscopo Narbonensi , et Raymundo., Tolosano episcopo , salutem et apostolicam benedictionem.

Veniens ad præsentiam nostram filius noster Albertus, Sancti-Theo-

trefaites , et son fils, Raymond V, appréhendant l'interdit et craignant que la nouvelle de ces désordres n’allàt jusqu'au roi, s’accommoda avec l'abbé et les moines. Ceux-ci consentirent à ce que les habitans de Montauriol, qui s'étaient retirés à Montauban, y demeurassent ; le Comte, de son côté, consentit à ce que l'abbé et les moines eussent à l'avenir, quant au spirituel, les mêmes droits sur Montauban que sur Montauriol, et,

dardi abbas, cum quorumdam fratrum nostrorum litterarum attestatione, gravem in præsentià nostrà quærelam deposuit , qudd Idelphonsus, Totosanus comes , abbatiam Sancti-Theodardi violenter destruit, villæ habitatores in abbatem et monachos consurgere, aîque cum rebus et domibus suis ad alium locum transmigrare fecit, abbatem ipsum et monachos fugere et velut exules ire compellit ; duo castra in alodio ipsius monasterii , et tertium in terrû quam ipsemet MM. CC. solidorum eidem abbati vendiderat, ausu sacrilego construit ; nec his contentus, ad cumulum suæ nequiliæ , graviora eis , videlicel pœnam et mortem minatur. Quia igitur res ecclesiasticas täm prœæsumptuosè pervadere quantum sacrilequm sit quantäque animadversione puniendum , fraternitati vestræ non credimus esse incognilum, per apostolica scripta vobis mandamus, quatentüs, dilatione remotà, in unum convenientes , prœfatum comitem ex nostrà parte districtè commoneatis , ut prœfatum abbatem et monachos suos in loco suo in pace manere permittat, castra œdificata diruat, et de damnis et injuriis illatis abbati et fratribus contiquè satisfaciat , pravasque consuetudines , quas in eâdem abbatiä et pertinentiis suis imposuisse dignoscitur, omnind aboleat. Quod si, infrà quadraginta dies post nostram commonitionem , adimplere contempserit, in totà ips4 civitate Tolosanä et in episcopatu qui sub ipsius potestate viget, volumus omnia ecclesiastico supponi interdicto, ità quod nullum 1bi officium divinum celebretur, et nullum etiam administretur sacramentum, nisi baptisma puerorum et pœnitentias morientium.— Vos autem ipsum interdictum , donec supradicto modo satisfaciat, observari firmiter faciatis, et, si prœsumpserit dissimulare, non poterimus quin beati Petri manus ac nostras in personam ipsius extendamus. Datum Viterbi, nono calendas julii, MCXLV.»

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