‹ Histoire de MontaubanChapitre 5 sur 60 · INTRODUCTION. V · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. V

deux races, les Celtes et les Ibères (*}. Aux lieux où il y eut contact, ces races mélèrent leur sang et leur nom ; et comme elles étaient liées par une étroite communauté d'intérêts et de croyances , elles se fondirent sans peine dans la même nationalité, laquelle paraît cependant fractionnée à vue historique en deux grands corps. L'un, purement celtique, habitait le haut pays méridional ; l'autre, ibère ou celtibère , ou celto-cynésien , occupait les basses-terres , depuis la Loire et la Garonne jusqu'aux Alpes et aux Pyrénées. Sans examiner si la tribu qui se fixa la première sur le sol montalbanais , participait du caractère des deux races ou se rapprochait davantage du type ibérien , voyons-la immédiatement dans sa vie sociale.

La montagne sur laquelle est assis Montauban et tous les dehors de la ville, étaient alors hérissés de bois qui donnèrent leur nom au ruisseau qu'on ren— contre au nord-est. Selon la coutume de tous les peuples primitifs, les Celtes le désignèrent par les objets qui en étaient les plus voisins, et l’appelèrent le ruisseau des Chênes, des Garrics (f). Consacrant en même temps dans leur langue pittoresque la formation du fleuve, noble et riche enfant des Cévennes, ils l'appelèrent Tarn (#5, le torrent des montagnes.

Le mot aquitania n'en fut que la traduction. Indè aquitania armorica dicta. { PLINE).

(”) Hérodote, Denys Périégète, et récemment Amédée Thierry , Humboldt., etc., etc.

(””) Suétone, Pline, et dans le dernier siècle, Astruc.

("”) Encore dans le pays de Galles Tarn équivaut à l'expression de Gave.

Me INFRODUCTION,

Vers le triangle que dessine, en baïgnant ses pieds dans le Tarn et le Task ou Tesk, au nom inconnu, le dernier plateau du Moustier , se cachait sans nul doute, dans les chênes et les bouleaux, le burg de la tribu. Nous ne l’affirmerons pas d’une manière absolue : mais tout porte à croire que cette tribu était celle des Tascoduni, célèbre dans les vieux historiens par son antiquité, et qui s'efface soudain sans qu'on ait pu suivre ses traces. Aucun lieu ne convenait mieux par sa double situation à ce peuple chasseur et pêcheur. Non loin de leurs cabanes en terre, couvertes de roseaux, il y avait, sous les arbres les plus séculaires , l’obélisque ou le dolmen, et la hutte mystérieuse des Druides. C’est le soleil qu’on adorait, comme dans toute l'Armorike. Bel était le dieu par excellence. Son culte s’étendait dans tous les environs (.

Puis , en suivant le Torrent des Montagnes , à deux mille pas de la hutte des Druides, on descendait au séjour d’un de ces colléges de femmes si puissans

(*) Montbel, lamontagne de Bel, Bel-PechlePuy de Bel, Bel Castel, etc. , et aux portes de Montauban un village où l'interprétation accolée au mot générique s’est transmise à travers Les temps jusqu’à nous : Bel Soulel. Bel, le soleil. Le Christianisme naissant nous a du reste laissé, au sujet de ce dieu, un curieux témoignage : aller au diable se traduit journellement dans Le Midi par aller à Belein : on sait que les Romains l’appelaient PBelenus.

Tu Bajocassis stirpe Druidarum satus (Si fama non fallit fidem) Beleni sacratum ducis à templo genus (AUSOXE }).

Son culte avait survécu au 4me siècle. Voir pour de plus amples détaits

notre Histoire du Midi de la France (t. 1, 1re partie).

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