INTRODUCTION. IX
légende de Montesquieu s'est formée d'une façon qui a besoin d'être expliquée.
Il était d'usage, sous l'ancien régime, dans les grandes familles de robe, que le fils atné composât la vie de son père. C'était une espèce de discours qui servait moins à faire connaître un personnage qu'à présenter à ses enfants et à ses collègues un modèle des vertus domestiques et parlementaires.
Le hasard protège toujours les chercheurs ; M. Lefèvre, marchand d'autographes, qui le tenait sans doute de Yillenave, rédacteur des Annales politiques^ m'a vendu un manuscrit ' de vingt pages in-S"* intitulé : Mémoire pour servir à Féloge historique de M. de Montesquieu par M. de Secondât son fits^ et daté du 4 avril 1755. Ce document réunit les conditions du programme ; Sem et Japhet n'en ont pas usé autrement vis-à-vis de leur père ; chacun doit en faire cas. Ma seule peine est qu'il ait servi de base à tout ce qui a été écrit sur Montesquieu.
Je n'ose pas dire que M. de Secondât, homme soigneux de la gloire de sa maison, ait envoyé des copies de sa notice à tous les auteurs qui lui en demandèrent Pourtant Dreux du Radier s'en prévaut dans la table du Journal de Verdun; d'autres le firent croire
1. Voir, sur ce manuierU, TiiMtfe Uttiraif^ 1776, t. VI, el la Notice qui pféeMo les OBuvreê dt Montuquim éditées par Belin, 2 vul. Pahn, 1817. — II e8t im.'ihmC' infra poar la première Toit.