III INTRODUCTION
qu'observés. L'autre ^ allègue que Montesquieu est un de ces hommes qu'on n'aborde qu'avec crainte, à cause de la considération qu'ils inspirent et de l'espèce de culte dont ils sont l'objet. Peu s'en faut qu'il ne soutienne que c'est une religion reconnue en France '.
Mauvaises raisons, indignes de notre temps ! Sous le prétexte donné par Saint-Simon que « il faut tout dire, parce que cela sert à l'histoire ', » de savants indiscrets ont publié les mémoires les plus intimes et les lettres les plus familières du dix-huitième siècle. Pourquoi ne pas y fouiller? Nous avons fait nos humanités dans les Causeries d'un vieil étudiant en médecine. Pourquoi ne pas chercher à regagner en précision ce que nous avons perdu en respect ?
A mon avis, formé par quinze ans d'études et de réflexions, ce qui paralyse les biographes de Montesquieu, c'est qu'ils ont devant eux une légende et des erreurs dont Gœthe ^ lui-même ne s'est pas douté.
Loin de moi de médire des traditions ; le meilleur de notre histoire en est composé, et elles sont presque toujours le récit fabuleux d'un fait réel; mais la