‹ Histoire de Montesquieu d'après des documents nouveaux et inéditsChapitre 103 sur 263 · Petuées divenei · texte numérisé non relu

Petuées divenei

LE MARQUISAT DE MONIESQOIKn. 137

c blesse prouvée, cependant j'y suis attaché et je c serais homme à faire des substitutions. »

Ensuite sa résolution fut d'augmenter ses titres nobiliaires. Une lettre à son adresse, gardée aux archives départementales de la Gironde, prouve qu'il avait fait des démarches à ce sujet.

Du 15 décembre 1731.

... rai appris. Monsieur, avec bien du plaisir que vous faisiez ériger Montesquieu en marquisat. Je souhaite que ce soit bientôt et que yous puissiez Taire ce que vous souhaitez, et que je puisse vous rendre mon horomage en celte qualité...

Rbdor db Saint-Foht.

Mes recherches ne m'ont pas permis de savoir si son instance fût couronnée de succès ; toutefois dans un inventaire de .production, le syndic de Bordeaux, l'appelle, à la date du 9 juin (733 : c Messire Charles^ c Louis de Secondât, chevalier, seigneur, marquis de c Montesq[uieu. »

Le grand soin des familles nobles doit être surtout de faire des alliances aussi pures qu'elles et aussi longuement formées à la vertu, afin que les enfants qui en naîtront, puisant à cette double source des principes élevés, se portent d'abord vers le beau et pratiquent le bien. Le seigneur dé La Brède maria donc son fils atné c à dame Harie-Catherine-Thérèse de la Tour de Mons, baronne de Soussans ; » Marie, sa première fille, épousa c messire Joseph-Vincent de Guichanère d'Armajan, conseiller du roi, chevalier d'honneur à la

cour des aydes de Guyenne, i Enfin ce fut à messire Godefiroy de Secondât qu'il donna sa seconde fille, Denise, avec les baronnies de Montesquieu et de Montagnac. Cette dernière union parait avoir fort excité sa sollicitude, si on en juge par plusieurs lettres inédites, où il dit entre autres choses : c II y a furieusec ment de la baronnie dans notre famille ^ »

Pour faire voir jusqu'où allaient ses idées nobiliaires, il faut lire les lignes suivantes ^.

Je soussigné, étant en mon bon sens, j'ai fait mon testament tout écrit de ma main, ainsi que suit...

Je déclare avoir été marié avec dame Jeanne de Lartigue, et que de notre mariage il est provenu trois enfants qui sont actuellement vivants, savoir : Jean-Baptiste de Secondât, Marie de Secondât, ma fille aînée, et Denise de Secondât, ma fille cadette ;

Que j'ai marié mon fils avec..., ma fille afnée avec..., et ma fille cadette avec..., et que dans ces mariages, outre mon devoir, j'ai eu principalement en vue d'avoir des héritiers de mon nom. C'est dansée même objet que j'ai fait mon testament.

Je déclare que, dans le contrat de mariage de mon fils, je lui ai constitué la somme de 210,000 livres.

J'institue mon dit fils mon héritier général et universel. Je substitue ma terre de La Brède à son fils, mon petit-fils, et à ses autres enfants mâles, s'il venait à en avoir, suivant Tordre de primogéniture. Et, en cas que mon fils mourût sans enfants mâles, je substitue ladite terre aux enfants mâles de ma fille puînée, Denise de Secondât, suivant l'ordre de primogéniture, ma quelle fille putnée est mariée avec

1. Libat, Rteueil de F Académie d*Agen^ 1834. ?. Archives dépariementalêi de la Gironde ^ série B. RegUtre oontenant Tinvinuation dei tulMlitutions apposées dans les testameets.

TBSTAHBNT DE MONTESQUIEU. 139

M. de Secondât, mon cousin. Et je veux que cette substitution soit graduelle de mâle en mâle. Et comme il y a, dans ma dite terre de La Brède une maison appelée de Lartigue qui doit revenir à mes enfants comme appartenant à M. de Montesquieu, et n'est ni ne peut être comprise dans ladite substitution , je ne veux pas que mon héritier puisse la Tendre noble ni Tanoblir au préjudice de la substitution, mais la vendre comme roturière et relevante de ladite terre.

Je veux que le contrat de mariage de ma fllle afnée, mariée avec M. Darmigan, soit exéculé suivant sa forme et teneur. Je lui donne en outre vingt mille livres, et en cas que les dix mille livres que je lui ai données par son contrat de mariage, les vingt que je lui donne présentement et qu'elle pourrait prendre peut-être en vertu du testament de M. et madame de Lartigue n'allassent pas jusqu'au total de la légitime paternelle, je lui donne encore le surplus, en sorte qu'outre la légitime maternelle, elle ait encore autant que se pourrait monter la légitime paternelle, comme aussi si lesdites sommes excéderaient le montant de la légitime paternelle, je veux qu'il en soit autant retranché sur la somme de vingt mille livres que je lui donne aujourd'hui et en laquellejeTinstitue mon héritière particulière, larappelant pour l'effet susdit seulement, voulant qu'au surplus son coor trat de mariage sorte son plein et entier effet. Je donne et lègue à ma fille putnée de Secondât, sa légitime telle que de droit et de coutume, et en ce je l'institue mon héritière parti- , culière, dans laquelle elle imputera ce que je lui ai constitua de mon chef par son contrat de mariage.

C'est la disposition de ma dernière volonté, que j'ai toute écrite de ma main dans une feuille de papier que j'ai signée au bas de chaque page et à la fin d'icelle, après l'avoir lue et relue, voulant que la présente disposition vaille comme testament, codicille, donation à cause de mort, et en la meilleure forme qu'elle pourra valoir.

Fait à Paris, le M novembre 1750.

Signé : Sbconoât, baron de Montesquieu et de La Brèdê.

140 CHAPITRE Xr.

- <?est alors, je le soopçonne, qae fut composé im morceau inédit sur les successions^ où il propose d'établir l'égalité des partages, de consenrer dans la classe noble seulement les droits d'atnesse et de transmettre dans cette classe tout l'héritage à l'atné des mâles, à l'exclusion des autres enfants.

Ces détails de généalogie et de noblesse paraissaient déplacés à d'AIembert', enfant naturel non reconnu de sespère et mère, mais fils adoptif de M. Josse, l'orfèvre de Molière ! D'ailleurs, puisque les ouvrages et la conduite de Montesquieu ont montré qu'il tenait aux privilèges de la naissance, j'ai traité sa mémoire, comme il voulait qu'on fit sa personne '.

Cependant je dois me joindre aux observations que M. de Raynal, procureur-général de la Cour de cassation, a faites* sur V Esprit des Lois : c Montesquieu, ditil, passe sous silence les institutions municipales. Il semble ignorer la place qu'elles tenaient dans le monde romain et celle qu'elles ont eue dans notre histoire. Il ne parle qu'en passant des affranchissements des communes, pour indiquer que les chartes qui les consacraient formèrent une partie de nos coutumes. Le caractère et la portée de la grande révolution communale des douzième et treizième siècles lui

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