‹ Histoire de Montesquieu d'après des documents nouveaux et inéditsChapitre 125 sur 263 · CibiiMt du baron Feillct de Conches · texte numérisé non relu

CibiiMt du baron Feillct de Conches

MANIB DES MATHEMATIQUES. 17o

moins fin, plus long qu'à la vue ordinaire. S'il parait une autre l'ois plus long, je dis : 2 X 2 font 4, 2 X 4 fontS ; je dis donc : ce microscope grossit huil fois. Je vois ensuite faiguille à la seconde lentille, qui allonge trois fois plus que la première. Je dis : 3 fois 8 font 24 ; 3 X 24 font 72 : et je dis que celte seconde grossit soixante-douze fois plus que la vue simple ; ainsi de suite. Tout cela n'est que par estime. Y at-il une manière exacte de donner combien chaque microscope agrandit les objets, soit par le diamètre de la convexe ou la distance du foyer; et cette manière peut-elle être aisément pratiquée par autres que les ouvriers, et dans les observations que Ton fait avec le microscope, la première manière, qui n'est fondée que sur une supposition qui ne peut jamais être exactement juste, suffit-elle ?

Je vous prie, Monsieur, de vouloir bien me donner quelque éclaircissement là-dessus. Comme je mets en état les petits ouvrages que j'ai autrefois donnés à l'Académie de Bordeaux, et que j'ai un mémoire de quelques observations faites avec mes microscopes, je voudrais mettre au fait le lecteur, loi^squeje dis que j'ai vu à la première, à la deuxième, à la huitième lentille. Mille pardons, Monsieur, de ce que je vous détourne de vos grandes et belles occupations. M. Senet me dit les bontés que vous aviez eues pour lui et pour mon don *...

Heureusement cette idée de Montesquieu n'eut pas de suite. Mais pourquoi les hommes tiennent-ils toujours à réussir contre leurs aptitudes : Frédéric II à jouer de la flûte et Voltaire à composer des comédies? Voudrions-nous exceller en tout ?

On se rappeUe qu'au moment du séjour de Montesquieu en Angleterre, en 4730, la Société royale

t. Voirch. IV. Il 8*agiMail d'inilniinenU de physique qu*il «vall hài venir d'Angleterre pour les offrir à rAeedëmie de Btordeeui.

de Londres l'avait reçu au nombre de ses membres. Il écrivit au président, sir Martin Folkes, plusieurs lettres inédites, qui me sont communiquées par le petitfils de ce savant anglais, et dont voici quelques extraits :

J'espèrede venirvous rendre visitelannéeprochai ne, 4739... Quand on parle à son ami, on parle à soi-même... A Tégard des observations de Naples, je vous avoue que je n*aî pas eu, depuis le retour de mes voyages, le temps de jeter les yeux sur ce que j'ai fait... 1^. Gerati a quitté la théologie pour la philosophie naturelle. Un homme que la première science n'a point gâté, est parla nature de son esprit très-propre à l'autre... L'esprit de philosophie a gagné Tesprit, mais il a laissé le caractère et les mœurs... Vous ferez un grand plaisir à Maupertuîs et à moi, si vous voulez envoyer à Maupertuis et à moi une douzaine de vos verres...

Montesquieu, pour remercier Stanislas de l'avoir nommé membre de l'Académie de Nancy, lui envoya la sublime histoire de Lysimaque,

Selon M. Franck, Tauteur a voulu nous donner une idée de l'antipathie qui existait alors entre les mœurs asiatiques adoptées par Alexandre et le libre esprit de la Grèce, demeuré vivant même dans son armée et à sa cour.

Il semble plutôt qu'il ait représenté l'élévation morale d'un prince éprouvé par le malheur et formé par le stoïcisme. Sans doute cette philosophie n'était pas encore formulée, mais elle existait depuis Diogène, et c'est elle que, sous les traits de Callisthène, Montesquieu a

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