‹ Histoire de Montesquieu d'après des documents nouveaux et inéditsChapitre 153 sur 263 · LapUee, ibid · texte numérisé non relu

LapUee, ibid

tl6 CHAPITKS Xril.

Ud homme, qui avtût plus de zèle que de jugement, ayant faîl tomber la conversation sur la religion, lui disait un jour avec vivacité : • On ne voit plus

■ aujourd'hui que des esprits forts. — Eh ! Monsieur,

■ interrompit Montesquieu d'un ton encore plus vif, t il y a pour le moins autant d'esprits faibles'. »

Une chose aurait pu lui causer un grand préjudice dans les salons : sa grande distraction. Ainsi * uu jour qu'il dînait chez lord Waldgrave, devenu ambassadeur d'Angleterre, dans la chaleur d'une discussion il rendit sept fois de suite son assiette au domestique comme s'il eût uni de manger. Une autrefois', il partit de Fontainebleau et fit aller son carrosse devant lui afin de le suivre à pied pendant une heure dans la vue de prendre de l'exercice. U alla ainsi à Villejuif près Paris, croyant n'èlre qu'à Chailly, près Corbeil. Un dernier exemple me vient encore du ducdeLuynes qui l'avait connu.

M. de HoDlesquieu , un jour qu'il devait dtner chez le présideot Hénault avec M. d'ArgensoD, y arriva i deux heures ; il dit '|u'il mourait de faim cl dcmaada pourquoi on ue servait pas. Ou lui dil qu'on attendait M. d'Argenson et qu'il allait arriver. U. de Hootesquieu sort daasiacour pour satisfaire un petit besoin. Il avait oublié de renvoyer son carrosse : ses gens, le voyant daus la cour, croient qu'il ue dluc pas daus cette maison ; !c carrosse avance; on ouvre la portière ; H. de Montesquieu monte et arrive chez lui ; il

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