Sainla-Beuve, Chdteta^rimid et «m groupe, Parii, M. Lévj
22t CHAPITRE XVII.
très-versé dans l'histoire administrative de la Guyenne, m'assure que Montesquieu y a puisé vingt faits qu'il a généralisé dans V Esprit des Lois. Ainsi, quand il se plaint * de la mauvaise rédaction des Coutumes, il a certainement en vue celles de Bordeaux ; il a emprunté un ancien usage du Médoc, quand U propose de donner des prix aux agriculteurs ^.
Ses plus ordinaires instruments de travail étaient les livres et les extraits ', faits par ses ordres, dans un grand nombre de volumes. U lisait toujours la plume à la main, mettant volontiers sur les marges et sur les gardes^ des imitations^ ou des notes dans un style digne de Marot et de Rabelais. Son mot le plus fréc quent était : c Le malheur de certaines lectures, « c'est qu'en lisant, il faut se tuer à réduire ce que c l'auteur a pris tant de peine à amplifier ^ > ,; Il existe six volumes in-quarto d'extraits et de réflexions, écrits par lui. Walckenaér* a été étonné, en les parcourant, que les pensées les plus remarquables et les plus profondes lui avaient souvent été suggérées par des ouvrages frivoles.
1. Eiprii des LoU, !!▼. XXVIll, eh. xlt; — Lamothe, ComitOé.^s dm reuort du Parlement de Bordeaux^ 3. Etprit de$Loh^ 11?. XIV, eh. ix.
3. Montesqaieu avait écrit ou Tait copier trente ToIaniM in-folio sur les lois, pour composer son suhlime ouvrage, dit le Marquis de Portia, Autographet de $avantêf réunis par Grille. Paris, 2 vol. in-12, 1853, l«»?ol., p. 61.
4. Et. Charavay, Amateur d!*autographeê, n« de féTriar 1874; — Tallemant des Beaux, édit. Montmerqué et Paris, t. II, p. SOS.