Kêprii des LoU, 1. XXIV, eh. m
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Après que les lectures préalables , faites chez Helyétius, chez le président Hénault et ailleurs, eurent excité la curiosité la plus vive, Montesquieu donna, en septembre 1748, une édition refondue de la Grandeur des Romains f dont parlèrent toutes les feuilles périodiques S et s'en alla à La Brède.
En même temps, les deux volumes in-4* de Y Esprit des Lois sortirent de la presse suisse ; et on demanda au comte d'Argenson, directeur de la librairie française, la permission tacite de les introduire en France.
La censure était une institution dont les ministres se servaient quelquefois pour se défendre eux-mêmes, mais qui avait pour but utile et élevé de protéger contre la liberté de la presse les principes sociaux. Il y en avait de deux sortes : Tune s'exerçait sur les
1 . CoTTttptmdtmee de GHmm^ et«« fidit. Touraeia, Pftrit, Garnier, 1877, tome 1, p. 181.
su CHAPITRE ZZ.
livres imprimés en France ; l'autre sur les livres qui, imprimés hors de France, voulaient y circuler.
Le grand moyen des censeurs était d'obliger les auteurs k mettre des cartons k leurs ouvrages.
Les cartons sont des feuillets substitués k d'autres, qui contenaient des phrases, contraires au gouvernement.à la morale, à quelque chose ou à quelqu'un qui veut être respecté. L'esprit des écrivains s'est souvent afBoé dans ces exigences de l'autorité, loin de s'a* moindrir; néanmoins les textes primitirs sont curieux à connaître, et on comprend la valeur vénale et littéraire qui s'attachent aux volumes qui les contiennent. Les plus intéressants, jusqu'ici, ont été ceux qui ont précédé les cartons mis au Don Juan de Molière.
Je viens d'en trouver de plus piquants. Us coqcernent Montesquieu. Ce grand écrivain soumit tous ses ouvrages à la Censure et toutes ses éditions originales en portent la marque.
Les quatorze cartons de l'Esprit des Lots sont si curieux que d'Àrgcnson ne voulait pas que le public les connut'. Voici les principaux.
Le texte qui les a précédés a été relevé sur deux exemplaires. L'un, après avoir appartenu au Directeur de la librairie en 1748, enrichît la bibliothèque de l'Arsenal; l'autre, qui est entre mes mains, a peut-être été la propriété du censeur chargé, avant de le laisser
I. Voir dam les Œatrtt de Moniaquii», (idlt. Pareils, S vol. 1S14), une latin écrll« à M. d'ArgensoQ pir an da taê tganu M ■Itrlbnte k nom Mtaur, Miitre touu «nuambliOM.