‹ Histoire de Montesquieu d'après des documents nouveaux et inéditsChapitre 176 sur 263 · CONCLUSION DB L'ESPRIT UZS LOIS · texte numérisé non relu

CONCLUSION DB L'ESPRIT UZS LOIS

c l'avoir méconnue, et qu'il a bâti Chalcédoine, ayant c le rivage de Byzance devant les yeux, i

Les deux derniers livres de YEsprit des lois ont pour objet les lois féodales chez les Francs. C'est l'étude des révolutions que les fiefs ont essuyées jusqu'au moment où les coutumes leur ont donné une forme régulière. Montesquieu a déployé dans cet épisode, mal rattaché à son livre, une érudition battue en brèche aujourd'hui ; mais ce qu'on n'a pas égalé ce sont ses portraits d'Alexandre et de Charlemagne, et sa perspicacité historique '.

Tel est dans son ensemble et dans ses détails, cet ouvrage qui, le premier, classa les gouvernements en trois espèces, idéalisa le régime parlementaire, demanda des réformes dans les pénalités et formula le principe de la séparation des pouvoirs. D'ailleurs, il est composé avec toute la prudence d'un publiciste et tout l'art d'un écrivain, conçu par un puissant historien et un moraliste sagace, enfin écrit avec une modération de langage, une élévation de pensée et

1. Pareiomple, Monlesquieu, «i miliea da dlx-huitirme siècle, a préTU la grandeur future de rAmérique du Nord, et il en a donné la raison ; mais, pour reconnaître la prophétie, il faut y regarder de près; car voici comment elle est exprimée (^«/^nf des Lois^ Ht. XIX, eli. xxvii) :

« Si eette nation (Montesquieu n*a donné nulle part le nom de oette u nation) habitait une tie;... si elle envoyait au loin des colonies, elle <c le ferait plua pour étendre son commerce que sa domination.

« Comme on aime à établir ailleurs ce qu'on trouve établi ehes soi, « elle donnerait aux peuples de ses colonies la forme de son gouver- « nement propre; et ce gouvernement portant avee lui la prospérité, u on verrait se former de grands peuples dans les forêts mêmes qu'elle « enverrait habiter. » (Laboulaye, Revue de drûit internationat, 1169.)

une probité, qui commandent la soumission aux lois, l'amour de la patrie et Tadmiration pour le chris^ tianisme. On sent que c'est un des chefs-d'œuvre de l'esprit humain', car il élève et éclaire notre intelligence, en nous entretenant de ce que l'auteur appelle « les grandes choses : la vie, la liberté, les biens et c toujours la religion ^. »

D'ailleurs les vicissitudes de la publication de cet ouvrage sont curieuses à connaître.

!• p. LaoordAire, Discourt de réception à V Académie Jrançai$e^ 34 JaoTier 1868; — Hignet, Sxtraiu et Soiiceê. Paris, Didier; — Bonald, Théorie du pouvoir,

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