‹ Histoire de Montesquieu d'après des documents nouveaux et inéditsChapitre 19 sur 263 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

merce et Tindustrie. Des privilèges municipaux, conservés à travers les siècles, ajoutaient à ces avantages. Les habitants , faciles sur les principes, se proposant pour but la fortune et ne comptant que sur le travail, n'étaient soucieux que de la liberté individuelle. Le despotisme qui menace les intérêts, et la démocratie qui subordonne les affaires h la politique, leur étaient également odieux ; leur idéal était ce gouvernement qui protège chacun et ne gène personne , enfin c qui c va à son but à moins de frais, celui qui conduit les € hommes de la façon qui convient le mieux à leur c penchant et à leur inclination'. » D'ailleurs les gens aisés ont des goûts modérés : ils ne sont ni dévots, ni athées, ni rêveurs, ni passionnés ; ils aiment Tordre, Téconomie, le bon sens, l'esprit et même les arts^. Tels étaient les Bordelais.

Ces paysans et ces citadins avaient, comme on le voit, un caractère très-particulier : pour comble, ce qui en devait être ou un des effets, ou une des causes, il existait un patois gascon. Sans doute le français était leur idiome, mais, dans la campagne, ils y substituaient un dialecte de la langue d'oc que Montaigne' trouvait « singulièrement beau, sec, bref, signifiant.

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