La Défenâe de CKiprii 4$$ UU
TiO CHAPITRE XXH.
de riitiaf To-!!alt faire emnlner son livre, elle alteodraîl au noioâ, pour porter on joeemeot, qa'eLe eût tu les réponses de raotenr et la nooTelie édition^ et qu'elle daiznerait faire attention qu'il ne s'aeit point d'un ouTra^ de d*xtrine et de théolo^e, maïs d*on traité de politiqae dont la matière est absolument élrangèreaoz matières de doctrine et de dogme.
L'auteur, di?ne de considération par sa naissance et par la charge de président à mortier dont il est décoré, a mérité en Italie et à Rome, lorsqu'il j est Tenu, Tes lime et l'amitié de tous ceux qui l'ont connu. 11 semble digne, par là, qu'on ait quelques égards pour lui et qu'on soit moins prompt à flétrir son lirre et à condamner les sentiments qui ont toujours été et seront toujours ceux de la plus saine et de la plus pure doctrine, et exempts de tout soupçon à cet égard.
Au reste, comme on Ta déjà dit, la réponse qu'il y a faite dissipera toutes les objections qui se sont élevées contre le livre ; et l'édition à laquelle il trayaille prériendra toutei celles qu'on pourrait faire à l'aTenir.
Les postes allaient alors lentement. Les réponses de Montesquieu, envoyées de Paris le 2 juin 1750, n'étaient pas encore arrivées à Rome le 28 août
Ce jotir-là, le secrétaire de V Index vint prévenir qu'il ne pouvait plus différer de mettre Y Esprit des Lois à Tordre du jour de la première séance.
Le cardinal Passionei écrivit à Bottari immédiatement:
J'ose espérer que vous aurez demain ces papiers, qui tous sont indispensables, puisque vous devez faire, lundi prochain, votre rapport à la Congrégation. En effet, vous au* rez besoin de les étudier, pour pouvoir lui exposer ce qu'ils contiennent et pour vous rendre compte si elle se contentera des explications du président.
Vous savez , du reste, qu*il se déclare prêt à changer et à
RAPPORT SUR L'BfiPRIT DBS LOIS. 291
corriger, dans son litre, tout ce qu'elle ne saurait approuver. A mon avis, c'est un acte de justice d'entendre un auteur, avant de le juger sur quelques idées particulières...^
La séance venue, dans les premiers jours de septembre, le prélat Bottari, au lieu de déposer son rapport, obtint à la majorité des voix de Fajoumer, sans doute sur la promesse donnée par Fauteur de faire une nouvelle édition. Hais le père Concina, dominicain, théologien ordinaire du pape, c lut un passage d'un de ses livres, qui contenait une sortie véhémente contre V Esprit des Lois et notamment contre le chapitre où l'auteur dit que l'Inquisition n'est qu'une affaire de police, dans quelques pays ; qui diffère selon les pays ; qui peut avoir de la modération dans les uns et dans les autres de l'excès*.»
Montesquieu, informé, pensa de suite à répondre au P. Concina, mais des conseils l'en détournèrent.
Il écrivit, le 8 octobre 1750, au duc de Nivernais :
Sur la nouveUe qui me vint que quelques gens avaient dénoncé men livre à la Congrégation de Vlndea^ Je pensai que, quand cette Congrégation connaîtrait le sens dans lequel J'ai dit les choses qu'on me reproche... on me laisserait en repos à Home; et que moi, de mon côté, dans les choses que Je ferais, Je changerais les expressions qui ont pu faire quelque peine aux gens simples, ce qui est une chose à laquelle Je suis naturellement porté... Votre Excellence remarquera que si mes premières éditions contenaient quelques hérésies,