‹ Histoire de Montesquieu d'après des documents nouveaux et inéditsChapitre 206 sur 263 · Voir, année 1714, une épttredc D^^sforges Vaillanl · texte numérisé non relu

Voir, année 1714, une épttredc D^^sforges Vaillanl

De jeunes publidstes lui écriyirenl pour lui proposer leurs doutes, mêlés d'éloges. Dreux du Radier, avocat distingué, lui envoya une dissertation où il combattait une de ses opinions ; Montesquieu , le 4 avril 17S1, l'en remercia avec sympathie. On connaît deux lettres fort intéressantes qu'il répondit à un curieux écrivain, nommé Grosley. Celle qui est inédite contient ces mots :

Je serais ravi que, dans la recherche de la vérité, nous nous confirmions et nons nous convainquions l'un l'autre. Quelques observations, que vous me fltes l'honneur de m'envoyer, lorsque mon livre parut, me firent juger que nous devions beaucoup espérer de vos connaissances et de vos lumières sur le droit français.

La correspondance ne suffit bientût plus à ses admirateurs. Partout il s'organisa des pèlerinages pour venir le voir à La Brède.

Nul homme à talent ou sans talent, dit un enthousiaste Avançais S ne fut jamais plus simple que Montesquieu dans son ton et dans ses manières : il l'était dans les salons de Paris autant que dans ses domaines de La Brède, où parmi les pelouses, les fontaines et les forêts dessinées à l'anglaise, il courait, du matin au soir, un bonnet de coton blanc sur la tète, un long échalas de vigne sur l'épaule, et où ceux qui venaient lui présenter les hommages de l'Europe, lui demandèrent plus d'une fois, en le tutoyant comme un vigneron, si c'était là le château de Montesquieu.

1. Garât, Mémoireê twr ie dix-kuitUmê tiiele, 3* 6dit. Paris, Belin, 1821, p. t03el 103.

PBLBRINAGB8 A LA BRADE. 2M

Un naturaliste genevois , TrembleyS qu'il avait connu en Angleterre, écrivait à leur ami conunun. Bonnet, après avoir passé quelques jours à La Brède, dans l'automne de 1782 :

Je ne puis vous exprimer les délices que j'ai goûtés pendant ce séjour. Que de belles, que d'agréables choses j'ai entendues I Que penserez -vous de conversations qui commençaient à une heure après-midi et qui ne finissaient qu'à onze heures du soir? Tantôt vous auriez entendu traiter les sujets les plus élevés, et tantôt vous auriez entendu rire de grand cœur à l'occasion de quelque conte exquis... J'ai beaucoup parlé agriculture avec M. de Montesquieu. Dans une conversation que nous avions eue sur ce suget, il s'écria :

fortanatoi nimium sua si bona norint Agrieolail

n ajouta ensuite : « J'ai souvent pensé à mettre ces pa- • rôles au firontispice de ma maison. »

Deux inconnus, dont un^ fUtur membre de la chambre des Lords, vinrent exprès d'Angleterre pour le voir et lui écrivirent pour avoir une audience de lui :

Sa réponse, nous dit l'un d'eux, ne se fit pas longtemps attendre. Elle était charmante et favorable. Le premier rendez-vous d'une maîtresse ne nous aurait pas tenus plus éveillés toute la nuit que ne le fit cette flatteuse invitation ; et, le lendemain matin, nous nous mtmes en route de si bonne heure, que nous arrivâmes à sa campagne avant qu'il

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