Troplongr, De la Propriété dTaprU te code civil, in
BIONTESQUIEO ÉCONOMISTK. 317
droit civil, telles que les dots des femmes, la constitu-» tion de la famille et le mariage sont très-vraies et très-justes. Les jurisconsultes regrettent qu'il ne leur ait pas accordé plus de place.
Les économistes' aussi lui ont rendu justice, comme à Tun des fondateurs de leur science. Selon eux, il a bien saisi Finfluence de la propriété, de Tagriculture et de l'industrie, quoiqu'il ait été opposé à l'emploi des machines ; Vacte de navigation lui plaît, autant que laliberté du commerce ; ce qu'il dit de l'impôt, sauf des impôts indirects, est exact ; les chapitres sur la population ne manquent pas de valeur, et ses idées sur la monnaie sont excellentes.
Outre ces deux preuves, tirées de la manière dont il s'est occupé de jurisprudence et d'économie politique, son goût pour les faits fut si déterminé qu'il lui a valu des blâmes dans tous les temps. Ainsi les philosophes se sont plaints qu'il ait négligé la métaphysique pour l'observation de la nature et qu'il ne fût pas assez théoricien; d'ailleurs les moralistes^ trouvent que Y Esprit des Lois n'instruit pas assez sur les bornes du juste et de l'injuste ; en effet l'auteur a suivi les principes d'une morale plus relative qu'absolue.
Son style subissait encore certaine autre influence. Une note ' manuscrite du temps dit de Montesquieu :