DamoDt, Voir, infra, la liste des livres sur Montesquieu
4. Le 28 Juillet 1828. Voir Ribadieu, Ckâieaux de la Giromâe^ ln-8. Bordeaux, I8S5,
&. C'est dans celte période triompliante, le 19 juillet 1824, que, après avoir offert à Louis XVUI les manuscrits de son aYeul eo échange de la pairie qui lui fut refusée, le petit-flls de Montesquieu meurt, sans postérité en Angleterre, où il s'était marié à une Anglaise. Chose remarquable 1 Montesquieu, enfant d'une mérc anglaise d'origine, né dans un pays qui avait été anglais, s'élcigiiit chez les Anglais, et ses idées sont appelées anglaises. Cependant un hii^lorien a pu dire : « Après avoir lu Montesquieu, on su sent toujours pluslicureux d'être « Français, a (Michaud, 0/oi/ri/;)/i/> uni venelle, v'^ Montesquieu. — Église de Bridge, (!anturluirj, Aiij;l*Uerrc.)
LA RÉPUBLIQUE DE FÉVRIER. 34t)
dustrielles, économiques et sociales» Montesquieu n'eût pas moins d'influence que sous la Restauration. Le nombre de ses éditions, de ses statues et des articles ou brochures sur lui, diminua pourtant un peu, soit parce qu'on voulut réagir, selon l'usage, contre le régime précédent, soit plutôt parce que le goût des études sérieuses s'amoindrit. Si le succès de Montesquieu est en rapport avec la liberté politique, il indique encore mieux le niveau de l'esprit public.
La République de 1 848 donna à la France le sof- Trage universel, malgré V Esprit des Lois qui disait : c II y a toujours dans un État des gens distingués < par la naissance, la richesse ou les honneurs. Mais c s'ils étaient confondus parmi le peuple, et s'ils n'a- « vaient qu'une voix comme les autres, la liberté c commune serait leur esclavage, et ils n'auraient c aucun intérêt à la défendre, parce que la plupart c des résolutions seraient contre eux ' . »
Cependant, à dessein ou par mégarde, la seule mention qui fut faite de Montesquieu sous ce régime est dans un journal, qui le revendique conmie socialiste.
L'empire de 1852, qui n'aimait pas le gouvernement parlementaire, procura peu de vogue en politique à notre publiciste, mais il se fit son disciple en histoire. Pendant ces dix-huit ans de règne, on trouve peu de
t. Kiprii âtê Loiê, l. XI, eh. vi. Il avait déjà dit dans la 86«£<lfr» permmt : Dans ee tribunal, on prend les Toix à la majeure ; mais on dit qu*on a reconnu par expérience, qa*il vaudrait mieux les reeueUlif à la mineure, et cela est asses naturel ; car il y a très-peu d*espfit« justes, et tout le monde eontlant qa*il j eo a uim inflBité dt Ahuu
3oO CHAPITRE XXVI.
brochures sur Montesquieu , moins d'éditions de ses œuvres et point de ses idées appliquées. Le critique officiel ' du temps dit même : c V Esprit des Lois a fut un livre qui n'a plus guère d'autre usage que le a noble usage perpétuel de porter l'esprit dans la c haute sphère historique et de faire naître une foule « de belles discussions. >
Au contraire, depuis 1870, sans compter des LeZ/res persanes et des Grandeur des Romains^ les œuvres complètes de Montesquieu ont déjà été tirées à trois éditions, dont une, préparée pendant deux ans de cours public*, est annotée par un professeur de législation comparée au Collège de France, membre de Tlnstitut et sénateur, M. Ed. Laboulaye : commentateur digne de l'auteur.
L'avenir lui réserve sans doute quelque influence encore sur la civilisation. D'ailleurs il a flétri le Con^ grès^, combattu le célibat*, le duel* l'agiotage* et les persécutions religieuses^ et glorifié philosophiquement le christianisme ^ comme institution sociale ; il a demandé l'abolition de l'esclavage^ et de la traite