‹ Histoire de Montesquieu d'après des documents nouveaux et inéditsChapitre 45 sur 263 · Ibid., lir. XI, eh. vi · texte numérisé non relu

Ibid., lir. XI, eh. vi

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la royauté et s'étaient montrés ennemis de la féodalité par amour de la liberté des peuples .et avaient protégé le clergé contre les entraînements d'une foi mal éclairée. Alors ils se prenaient pour la justice elle-même, contrariant les actes de l'autorité, voulant connaître des aiïaires ecclésiastiques et faisant les tribuns vis-à-vis des nobles. J'ose le dire, soit à dessein, soit par le fait, ils ont été plus contraires que favorables à l'établissement des Chambres législatives ^

Une anecdote certaine répondra mieux que tous les arguments. C'était en 1751, pendant la plus grande opposition du parlement à la bulle Unigenitus , une discussion s'éleva entre l'auteur de V Esprit des lois et le garde des sceaux, c Je me souviens, raconta Monc tesquieu, que, causant un jour sur le même sujet, € avec mylord Chesterfield, il me dit : t Vos parle- € ments pourront bien faire encore des barricades , c mais ils ne feront jamais de barrières ^. »

Toutes ces fonctions, ces devoirs de société et ces plaisirs occupaient Montesquieu sans l'absorber. Il lui restait encore du temps pour l'étude.

I. Académie des seienoes morales et politiques. Séanee da 21 avril :876.

3. Miebaud, Biographie univenetle, r* Cbesterfleld, par Suard«

lY

Montesquiea à l*Aotâém!e des soienoes» lettres et' arts cle Bordetox*.

Dans cette ville riche, tout entière au commerce et à l'industrie» mais illustrée par Ausone, saint Paulin, Venet, Montaigne et la Boêtie, quelques personnes de la magistrature et du barreau se réunissaient et et s'occupaient ensemble de musique, de littérature et de science. Le membre le plus actif de la société était un avocat, nonmié Melon', qui plus tard fut inspecteur des fermes, contrôleur des finances et secrétaire de Law. Ce fut le même qui, après Yauban et Boisguilbert, mais avant les physiocrates, résuma le premier les questions d'économie politique et fit apercevoir les ri^ports qu'elles ont entre elles, c'estnàdire montra la nécessité de soustraire à l'empirisme le gouvernement des intérêts matériels*. D'ailleurs il

1. Âetes de rAeadéinle de Bordeaux, |MiMiM, lorloat l'anoée 1828 ; — Archivée historiques da département de la Gironde, Bordeaux, LefebTre, in-é», 1868-1877.

2. Aeiee de rAcadémie de Bordetux, 1838 ; « Voltaire, Obarvth fient nar Lam, Melon et Dutot,

3. Eêiai politique iur le commerce, 1784, a Monteeqaiea faisait

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était, dans ses écrits, partisan en matière de commerce du système prolecteur. Je crois qu'on n'a pas encore assez remarqué l'influence de ce novateur du dix-huitième siècle sur Montesquieu, dontil était l'ami.

L'avantage de mettre en commun les faits ou les résultats acquis isolément, et l'utilité de répandre et d'encourager l'instruction et les arts frappa bientôt Melon. Ses relations lui firent obtenir l'autorisation de constituer à Bordeaux une société c pour polir et c perfectionner les talents admirables que la nature c donne si libéralement aux homipes nés sous ce clic mat. » Les lettres-patentes qui l'instituaient, datées de 1712, furent enregistrées en 1713. Montesquieu disait d'elle au président Barbeau, dans une lettre inédite du 3 septembre 1743 : c Je vous assure qu'avec c de la bonne volonté et de la bonne conduite, on c fera quelque chose de cette Académie, i C'est après celles de Caen et de Paris, la plus ancienne de France et l'une des plus savantes, quoi qu'en dise Voltaire '.

Le premier soin des membres de ce corps fut de prendre pour protecteur le plus fameux de leurs compatriotes, le duc de la Force, et pour secrétaire perpétuel son promoteur. Melon.

A peine constituée, elle s'occupa de donner des exemples et des récompenses. Grâce à elle, on sentit dans la province se développer la poésie, l'histoire,

beaaeoup de eas de eet ouTrage et de son antear. » Bernadau, mug, — Éloge de Monteiquieu, par Maupertuis.

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