‹ Histoire de Montesquieu d'après des documents nouveaux et inéditsChapitre 51 sur 263 · Virgile, Géorg., 1. IV, v. 1S · texte numérisé non relu

Virgile, Géorg., 1. IV, v. 1S

4724. — Utlfêi pinanei, — PoUioatico. — Sooofet. — Interdiction.

Montesquieu avait trente ans lorsqu'il acheva les Lettres persanes. Quelques-uns prétendent que» par respect pour le château de la Brède, il les écrivit dans son domaine de Ramon, commune de Ramonet, près Bordeaux. Un autre ^ assure qu'elles coulèrent de sa plume comme un délassement de ses cours de droit. Des Italiens ' affirment qu'elles ont été faites en collaboration.

Voici la vraisemblance, sinon la vérité.

La plus ancienne Lettre persane est datée du 21 de la lune de Haharran, ou 21 janvier 171 1 , et la plus r6» cente du l*' de la lune de Zeled, ou l^novembre 1720. Aussi j'estime que Montesquieu a congu l'idée de son livre au sortir du collège, quelques mois avant la mort de son père, et qu'il l'a composé peu à peu, dans les neuf années suivantes, pendant les loisirs que lui laissèrent ses devoirs d'étudiant, de magistrat , de mé-

1. GoaMo, Notainr It lettre de Monteeqnien du 4 oetobra 17&S* 3. Denina, Fnu$e Huéraire. Berlin, 1790, 1. 1, p. 37".

tayer, de mari» de père et d'académicien, i Bordeaux, où tant de motifs le retenaient.

Cette supposition expliquerait bien le long temps qu'il a consacré à cet ouvrage, c J'ai * vu le premier c jet de la composition qui avait été complètement c changé. Montesquieu corrigeait beaucoup , refaisait c souvent. Il y a des passages raturés jusqu'à quatre c ou cinq fois. » Preuves d'un travaU très-difficile ou d'un très-grand souci de la perfection.

Des étrangers peu perspicaces ont pu seuls avoir l'idée de prêter des collaborateurs à Montesquieu : c'est en vain qu'il a voulu faire parler un langage différent à ses personnages : on n'entend jamais que sa voix.

On a prétendu aussi que Montesquieu avait emprunté ridée des Lettres persanes aux Amusements se" rieux et comiques y à V Espion turc^ au Spectateur^ ou même au Décaméron '. Je ne sais s'il a pris quelque part le cadre de son tableau, mais la peinture lui appartient en propre. Les petits détails que Dufreny recueille, les longues anecdotes que Morana rassemble, les contrastes que découvrit Addison et l'intrigue du conte de Boccace, Montesquieu a pu les imiter, et prendre même quelque chose à Taboureau, à Noël du Fdl ou à Érasme ; mais il l'a fait en maître, comme

1. Labat, Le Château de la Bride, Reeodl de rA«adimle d'Agen,

2. MaTer, Etndet de eHtitpte. Paris, Didot, ln«8, p. 178. 8. Ed. Géraud, Ajina/e« dtf la Uuérature, t. VUI, 1828.

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