‹ Histoire de Montesquieu d'après des documents nouveaux et inéditsChapitre 58 sur 263 · Pen$ée», S. Georgl · texte numérisé non relu

Pen$ée», S. Georgl

nous que le pouvoir et le sacerdoce oDt des exigences auxquelles nul n'est capable de se dérober. Je m'imagine que Dubois, nommé cardinal le 16 juillet 1721 et surtout premier ministre le 21 aoùl 1722, dut à sa double dignité d'interdire ' im ouvrage qui, en somme, insultait la monarchie el la religion; et ses succeseurs ne révoquèrent pas son ordre. En outre, on a trouvé dans ies Pensées de Montesquieu ce souvenir : t Ixirs-

■ que par le succès des Lettres persanes j'eus peut- * être prouvé que j'avais de l'esprit, et que j'eus ob- « tenu quelque estime de la part du public, celle des

■ gens en place se refroidit; j'essuyai mille dé-

■ goûts.

il vint, pour se consoler, passer quelque temps k Paris, rue de la Verrerie, au Marais, le quartier alors à la mode.

I . Lunaienon de Hilwherbci, Mémoini lur la liitrii de la prrur, in-g. Pari*. 1833, notu apprend qu'allei foreot diraoduM an affat.

Montesqmea à VhfOel de Soubise : Lo P. Toarnamine; aq olnb de TEiitre-8ol: Le Diatou^têdê Syllatt Eucratê; chez madenioîsollc dcClcnnont: Iff TfmpU de QmidêM — Il «fi nommé et non reçu à l'A c adémie

Le premier soin de Montesquieu fut de rechercher les sociétés savantes, afin de se lier avec des hommes instruits parlant de sujets élevés. Il avait plusieurs titres pour être admis parmi eux : il était membre de Tacadémie de Bordeaux et il venait de publier les Lettres persanes.

L'abbé Oliva^ bibliothécaire du cardinal de Roban, réunissait, une fois par semaine, à Thôtel de Soubise, des gens de lettres. Montesquieu fréquenta d'abord cette société, mais trouvant que le père Toumemine y voulait dominer, il s'abstint d'y revenir et n'en cacha pas la raison. Dès lors le directeur du Journal de Trévoux commença à lui faire des tracasseries, peut-être à mal parler des Lettres persanes. Aussi Montesquieu dit-il à tout le monde : c N'écoutez ni le père Tourne c mine ni moi parlant l'un de l'autre, nous avons

1. GiMfeo, Noie sur une lettre de MonlesquicUf du & décembre 1 750.

c cossé d'être amis*. » Cette rupture devait avoir des conséquences.

A défaut de ce cercle, on l'introduisit dans un autre, qui paraissait lui convenir mieux.

La pensée de fonder une académie des sciences morales et politiques n'a pas été trouvée par la Convention^. Car il y a toujours eu des tentatives avant le succès. L'abbé Alary, membre de l'Académie française et précepteur des enfants de France, rassemblait une vingtaine de diplomates, de magistrats et de lettrés, chaque samedi (c'est-à-dire le jour actuel des séances de l'académie des sciences morales et politiques), place Vendôme, dans l'hôtel du président Hénault, à l'entre-sol. On trouvait dans ce salon, en hiver, de bons sièges, im feu doux et du thé ; en été, des fenêtres ouvertes sur un joli jardin et des liqueurs rafraîchissantes ; en tout temps les gazettes de France, de Hollande et d'Angleterre. Les séances duraient trois heures : dans la première on recueillait les nouvelles politiques du moment, dans la seconde on raisonnait sur les événements, et dans la dernière on lisait des mémoires sur le droit public, l'histoire ou l'économie sociale.

Cette société, qui ressemblait autant à un café qu'à une réunion publique, s'appelait, à cause de Tétage

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