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i24 CHAPITRE X.
les philosophes ouvraient des carrières inconnaes à la métaphysique et aux connaissances gouvernementales : Londres était alors comme Athènes au temps de Cicéron, une libre école de philosophie.
Montesquieu, selon son habitude, s'appliqua à fréquenter les personnages de marque, qui sont comme les résumés des autres. Son hôte, qu'on nommait le bel esprit des lords ou le lord des beaux esprits, voyait une société fort variée. Le plus singulier était un gendre' du fameux Marlborough. A première vue, le duc de Montaigu invita le baron de La^rède à visiter son château, et là, sous prétexte de le recevoir comme un ambassadeur, il le plongea jusque par-dessus la tète dans un baquet d'eau froide. Trente ans plus tard, Montesquieu ajoutait, en racontant l'aventure :
« Sans doute elle est étrange, mais les voyageurs « doivent prendre le monde comme il va ; d'ailleurs
1. Fr. Hardy, Memoin of Charlemom, 2 toI. in-8, 1812. H trrifa eneore une autre hUtoire à Montesquieu dans ce même château :
n était à la campagne avec des dames, parmi lesquelles il y avait une anglaise à qui il adressa quelques mots dans sa langue, mais si déâgurés par une prononciation vicieuse, qu'elle ne put s'empêcher de rire. Sur quoi, le président lui dit : J'ai bien eu une autre mortification dans ma vie. J'allais voir à Blenheim le fameui Maiborough. Avant que de lui rendre ma visite, je m'étais rappelé toutes les phrases obligeantes que je pouvais savoir en anglais, et à mesure que nous parcourions les appartements de son château, je les lui disais. II y avait bientôt une heure que je lui parlais anglais, lorsqu'il me dit: t Monsieur, je vous prie de me parler en anglais, car je n'entends pas le français. » — Diderot, Œuvres complètes, Paris, Garnier, 1876, édit. Tourneux, t. XIX, p. 134. (Marrlborough Aiant mort en 172 !• 11 s'agit ici sans doute de son pendre.)