MONTESQUIEU EN HOLLANDE
c êtes bien étonné de voir l'empereur si mal logé. » « — Monsieur, répondit-il, je ne suis pas fâché de voir <K un pays où les sujets sont mieux logés que le « maître. »
Dans le Hanovre, le ministre Michel et M. d'Ayrolles accueillirent Montesquieu avec distinction.
11 arriva en Hollande, cette admirable conquête du travail sur les éléments, où le commerce a donné au peuple la liberté, mais « la liberté de la canaille : » c'est son expression ^ Ghesterfield y était alors ambassadeur d'Angleterre.
Us partirent ensemble de la Haye, le 3i octobre 1729» sur le yacht du noble lord qui le logea chez lui, à Londres, tout le temps de son séjour en Angleterre, « le pays le plus utile à visiter i^ selon Montesquieu.
La réforme de Henri YIII et la révolution de 1688 y avaient déchaîné les passions, les intérêts et les appétits, ébranlé les âmes faibles, encouragé les esprits faux et donné le pouvoir à la force. Ces crises avaient laissé derrière elles le rationalisme religieux et le scepticisme politique, ou plutdt un doute universel, comme la cendre du double incendie qui avait embrasé la nation. C'était un spectacle curieux et nouveau. Le peuple^ ne croyait plus qu'au gin^ qu'on venait de découvrir, et les grands étaient traîtres ou concussionnaires. Les savants renouvelaient les sciences,